TABLE DES MATIERES

LES « FOUANS CROUTADOS »
LA PETUGUE
LA FORGE (ou la Conque)
LA ROUVIERE

LA FONT DE FILLIOL
LA FONTAINE DE ST JEAN
LE LAVOIR DE TALLIAN
LE LAVOIR DU RAYOLET
LA FONTAINE DE ROUMAGNAN
LA SOURCE DU PINSOT
LES AUTRES SOURCES OU POINTS D’EAU

SOURCES DES BOIS
Les sources se trouvant à mi-pente ou au pied des falaises du massif, face à la mer.
Sources se trouvant à l’intérieur du massif.

HISTOIRES D’EAUX


A notre époque de réchauffement climatique, accentué par la sécheresse naturelle de notre région, je pense qu’il n’est pas inutile de parler des réserves en eaux de Six-Fours.

 On respecte ce que l’on connaît et mettre en valeur, rendre à son usage un puit, entretenir un ruisseau, respecter une source, deviendra bientôt une nécessité.
 

L’eau c’est la vie. A notre époque où elle coule à chaque robinet, on oublie que de l’eau dépendait toute implantation humaine. Les anciens savaient la trouver, la préserver et surtout l’économiser.
Pour l’ancienneté, je suis partie du cadastre napoléonien de 1829, où pour la première fois nous avons un plan précis des parcelles et, par les livres terriers (anciens cadastres), les délibérations municipales et diverses sources anciennes, je suis remontée à la fin du 15° siècle et parfois plus haut.
Les sources appartenaient et appartiennent toujours à la commune.

Les puits les plus anciens (ceux des quartiers) souvent situés sur d’anciens patecs, appartenaient et appartiennent toujours à l’ensemble des habitants du quartier, ce qui explique leur manque d’entretien actuel. Dans certains cas, si le chemin qui traverse le quartier est devenu communal, englobant les patecs, les puits appartiennent désormais à la commune. Certains de ces puits ont été bouchés car ils représentaient un danger ou une gêne pour la circulation (Talian).
Patec : pour simplifier, c’est un lieu à usage (et entretien) collectif, situé autour d’un puit collectif ou au centre d’un quartier.

LES « FOUANS CROUTADOS »

Ce nom désigne des fontaines couvertes (crotte = voûte). Fontaine dans le sens de source : la font. Ce sont les plus anciennement aménagées, se situant aux alentours du vieux village, la Font de Filliol étant la seule (et la plus importante) se situant dans la plaine.
Il en existait cinq, il en reste trois.
Toutes les autres sources, qui étaient connues et utilisées, n’étaient pas aménagées de cette manière, au moins jusqu’au 19° siècle.

LA PETUGUE


SITUATION :
C’est la plus proche du vieux village, au Nord-Est et en contre bas de la collégiale. On y accède par l’actuel sentier de St Pierre, autrefois la calade d’Ollioules en venant par le chemin de St Jean.
Cadastre napoléonien 1829 : Section B : N° 400
DESCRIPTION 
:
D’après Rémy Vidal (1876 environ) et M. Cruciani (1987).
« … sa voûte en plein cintre est faite de moellons de calcaire. Un simple chevron de bois en marque l’entrée. »
La citerne profonde de 5 mètres environ est bordée d’un cordon de pierre D’après Rémy Vidal, elle aurai été surmontée d’une niche contenant une statuette d’un saint, mais je crois que cette niche n’a jamais
existée.
Devant l’entrée, on pouvait voir une auge circulaire taillée dans un seul bloc de grés. Cette auge avait disparue en 1987. Derrière la fontaine, parmi quelques ruines, se trouvent deux puits relativement profonds (creusés


vraisemblablement pendant la construction du fort en 1875). Légèrement en contrebas, vers l’est existait un lavoir composé de plusieurs bacs (1987)
ORIGINE DU NOM
 :
La Pétugue est le nom provençal de la huppe.
Ce lieu-dit est cité dans le livre terrier du 15° siècle (CC1) des archives communales.
ACTUELLEMENT (2008)
Je crois plutôt que la voûte est faite de Grés et non de calcaire.
Le chevron de bois est toujours en place depuis 1876. Il est impossible de rien voir des puits et autres ruines vu l’état d’abandon et d’embroussaillement du lieu.
Après 5 années d’une sécheresse exceptionnelle où dans le sud de la commune la plupart des puits et sources se sont taries ou sont à un niveau préoccupant, la citerne  contient encore de l’eau, malgré un abandon presque total depuis des décennies.

LA FORGE (ou la Conque)

SITUATION :
La source de la Forge est située au-dessus du quartier Catalan et sous l’actuel sentier de la Garrigue. L’ancienne calade de la Forge rejoignait celle de Reynier, dans ce vallon du sud de la colline du vieux village. Cadastre napoléonien 1829 : Section A : N° 1 544
DESCRIPTION :
D’après Rémy Vidal (1876 environ) et Michel Cruciani (1967).
La fontaine est haute, présentant une ogive assez prononcée et son entrée est défendue par une lourde grille de fer. A l’intérieur, la citerne est délimitée par un cordon rectangulaire dont la garde en pierre à partiellement disparue (1967) remplacée par deux robustes chevrons de bois.
La citerne seule mesure 2,50 m de long sur 2,25 m de large pour environ 2,70 m de profondeur, pour une contenance de 15 000 litres environ. Alimentée, en 1967, que pendant la saison des pluies, son eau était limoneuse.
Devant l’entrée, on trouvait, comme à la Pétugue, une belle auge circulaire en grés, disparue elle aussi.


ORIGINE DU NOM :
Dans le cadastre de 1587, nous trouvons mentionnés : la font de Castel, le pas de Castel, les salles de Castel et la Ferrage. Des terres appartenant aux Denans Catalan (famille fondatrice du quartier Catalan) se situaient en ces lieux.
Plus clairement, il existait entre le château du vieux village et le quartier Catelan, un chemin (le pas), une source (la font) des ruines d’une ancienne implantation (les salles).
Dans ce lieu existait une ferrage, (terre humide et de bon rapport, où s’écoulaient les eaux d’un village). De plus, d’après la description de Denans (1708) la plus ancienne porte, menant directement au château, fut murée au moyen age, lors d’un premier agrandissement du village. Elle se situait dans le rempart sud.
Une source se situait prés de cette porte, la fontaine de Curet. Sur cette même veine se situe la ferrage et la source

de la Forge  Lors de l’arasement de la colline pour l’implantation du fort, il est possible qu’une partie de ses eaux se soit perdue, n’alimentant plus suffisamment la source en contre bas
Les quartiers se situant prés de la source de la Forge étaient sans doute les premières implantations hors des murs. De ces quartiers partait un chemin menant directement à la porte sud du château. Lorsque celle-ci fut murée, le chemin se détourna sur celui de Reynier, plus fréquenté.
Le surnom même de Catalan vient vraisemblablement du surnom de Castellan (au 12° siècle) qui désignait les gardiens du château.

 On ne peut exclure le fait que des maréchaux ferrant aient habité au quartier Grand Chrestian et qu’il est possible qu’une forge ai existé à proximité de la source. En 1639, sont toujours citée la font de Castel, la Ferrage et le lieu-dit «  la Forge » apparaît
Le nom de Conque est donné à tous creux remplit d’eau, mais le mot provençal étant caravaille, ce nom est relativement récent. A noter que concha désigne la coquille St Jacques (et par extension un creux où l’eau s’accumule). Il peut avoir exister une pierre où ce symbole (les armes de la communauté) était gravé.
ACTUELLEMENT (2007) :
Le bassin est totalement inaccessible

LA ROUVIERE

SITUATION :
Elle se situe entre Bernard haut et le vieux village dans un vallon situé au Nord-Ouest. Au-dessus passe l’ancien chemin de pèlerinage à Sainte Madeleine (camin Roumieu de Santa Magdalena). J’ai un petit doute sur l’appellation de ce chemin, car le premier à en parler est l’abbé Garrel, grand inventeur de sottises, qui ont persistées, hélas, jusqu’à nos jours. Cadastre napoléonien 1829 : section A : N° 1163
DESCRIPTION :
D’après Rémy Vidal (1876 environ) et Michel Cruciani (1967).
Elle présente une belle voûte en berceau, un bassin carré bordée d’un cordon intérieur et d’une garde de pierre. Les dimensions de ce bassin sont d’environ 1,80 m de coté pour une profondeur de 3 m et une contenance d’environ 8 000 l.

Elle est constituée de fortes pierres, taillées dans des blocs de calcaires et assemblées de manière assez grossière d’après Rémy Vidal.
En 1876, existait encore une auge de basalte tellement rongée par le temps, « qu’il ne restait plus rien de sa forme primitive ».
ORIGINE DU NOM :
Comme pour la Forge, il est assez récent. La rouvière est un peuplement de chênes blancs, pouvant atteindre un âge et une taille remarquable, et ne poussant qu’en des lieux assez humide.
En vérité, c’est la source de CABRIOL ou de Cabry, citée au 15° siècle.
Tout prés se situe le quartier Gabriel. En réalité, c’était le quartier des Cabriol, s’est à dire des gardiens de chèvres. Cette appellation est très ancienne, sans doute du 12° siècle, comme pour le quartier des Pourquiers (pour les porcs), de Collomb (pour les pigeons)…etc.
Ces implantations dépendaient directement du château, à cette époque toutes les terres appartenaient au seigneur du lieu (ici les abbés de St Victor et avant eux les vicomtes de Marseille).

LA FONT DE FILLIOL

Lors de la création en 1843 d’un lavoir communal, on hésita entre la source du Rayolet et celle de la Font de Filliol. Bizarrement, on choisi la première, pourtant distante de plusieurs kilomètres et difficile d’accès, plutôt que la Font de Filliol qui était proche de nombreux quartiers et du centre de la commune.
SITUATION :
Elle a donné son nom à un quartier.  Elle se situerai en face d’Intermaché, sur la droite de la traverse de la Font de Filliol si elle n’avait été détruite, sans doute pendant la 2° guerre mondiale, comme le moulin des Hoirs qu’elle alimentait. Il faut se rappeler que l’ancien chemin qui allait à Sanary passait par l’actuelle avenue de la Font de Filliol. L’avenue de la mer n’ayant été faite qu’au 19° siècle. C’était la plus importante source de la commune.
Cadastre napoléonien : Section A - N° 696
DESCRIPTION :
La seule que nous ayons est celle de Rémy Vidal au environ de 1876.
Son bassin, alimenté par une source d’eau très pure, jamais tarie, de 2,90 m de long, 2,60 m de large et de 2,50 m de profondeur, contient environ 12 000 l d’eau qui se renouvelle à chaque instant.
ORIGINE DU NOM :
C’est la plus anciennement citée de toute. Elle est nommée en 1038 dans une charte du cartulaire de St Victor.
En 1522 (manuscrit Denans ) il est question de la « vente d’une terre à la Font de Filhou, confrontant avec la maire du vallat de ladite font, avec le chemin et autres ».
Je crois personnellement que cette source faisait partie d’un système d’irrigation des plus anciens, Filhou désigne en occitan, les canaux partant d’un lieu aménagé ou naturel appelé « maire des eaux ».
NOTE : Certains se rappelleront que la zone occupée actuellement par l’Intermarché devenait un lac lors de fortes pluies.

LA FONTAINE DE ST JEAN

La chapelle St Jean de Crotte dite St Jean le vieux ainsi que la source du même nom ont été détruites peu de temps après la révolution.

SITUATION :
Le quartier St jean existe toujours. Il se situe au nord-est de la colline du vieux Six-Fours. François Jouglas situe la chapelle (1966) au croisement du chemin de St Jean et de celui partant au nord vers le quartier de la Millone.
M. Cruciani en 1987, situe la fontaine… « enfouie sous les ronces, non loin de l’oratoire de St Jean le vieux ».
Cadastre napoléonien : section B N° 267
DESCRIPTION :
Il n’existe pas de description de la fontaine St Jean, seulement quelques références.
La chapelle de St Jean de Crotte était une des plus anciennes de Six-Fours, elle est citée en 1113, dans une charte de l’abbaye de St Victor. En ce lieu existait un habitat gallo-romain (Entre le 1° et le 5° siècle après J.C.).
« Les voûtes de ce grossier édifice (étaient) basses et mal arrondies, les fenêtres de plein cintre, les murailles très lourdes et massives. Non loin existait une agglomération de maisons dont il reste quelques vestiges. On trouvait à cet endroit une belle fontaine. » Abbé Garrel 1866
« …quelques pans de murs de pierre, bâtis à chaux et à sable, pour soutenir les terres, ainsi que deux blocs de basalte équarris indiquent l’emplacement de la chapelle »  Rémi Vidal 1876
ORIGINE DU NOM.
La fontaine existait avant la chapelle et lui a donné son surnom de St Jean de Crotte.
Dans notre région on désigne par « fouan crotado » une source dont la citerne est voûtée.
Crotte provient d’une racine pré-latine « klotton » (creux), qui a donné, entre autre cros (ravin, petit vallon) et crotta
(grotte).

LE LAVOIR DE TALLIAN

La source de MAFFOUSSA

Le lieu-dit de Malfossé est parmi les plus anciennement cité. Sur un document de 1197, réglant les différents survenus entre le Prieur de l’Abbaye de Saint Victor (qui représente l’Abbé, seigneur de Six-Fours) et les habitants, ont peut noter que le lieu est déjà habité (un B. Gavot y a une maison), défriché et cultivé en de nombreux endroits, qu’un droit de pâture est accordé aux autres habitants de Six-Fours.

Ce lieu dit était plus étendu à cette époque, les premières implantations d’habitations semblaient déjà exister, mais n’étaient que l’amorce des futures « bastides » de Tallian et de Jaumard. Plus tard, comme encore aujourd’hui chez les vieux six-fournais, Mafoussa ne désignera plus que la source elle-même.
SITUATION :
Elle se situe à l’ouest et en contrebas du quartier Tallian, sur le ruisseau des Barrelles. Il faut suivre l’actuel chemin de Talian qui va à ce quartier et non le chemin de Malfossé. Le lavoir installé sur la source se signale par trois gros platanes, car le remblais constitué après la destruction d’une ancienne station de pompage, le cache à la vue lorsqu’on suit la route.

DESCRIPTION :
Ce lavoir a été fait par la municipalité au XIX° siècle. Le bassin est de forme rectangulaire, les margelles sont formées de blocs de pierre de taille. A l’origine il était séparé en deux parties : le premier et plus petit bassin contenait l’eau claire pour le rinçage, à sa suite le plus grand dans lequel on lavait. Sur le dessin de Mme Lecoq et sur la photo, on voit la forme particulière de la sortie d’eau (une surverse et une bonde). Lors d’un nettoyage intempestif au tractopelle du bassin, des pierres de taille ont été arrachées. Les ouvriers municipaux chargés des réparations ont bouché tous les trous même ceux qu’il ne fallait pas. Depuis, le bassin n’évacuant plus par la bonde et la surverse mais par débordement, s’ensable à chaque grosse pluie. Cette source était une source de surface, lors du creusement du puit servant à alimenter la station de pompage (années 60) la source devint souterraine. Lors de la destruction de la station devenue inutile, les remblais ont réduit le ruisseau, a demi enterré le bassin. Le puit, lui est toujours en eau. Les constructions privées ont aggravé le problème de l’écoulement des eaux en cas de fortes pluies.
ORIGINE DU NOM
 :
Malfossé (Maffoussa en provençal) désigne un mauvais fossé. Fossé signifiant dans ce cas : le lieu où la route croisait les ruisseaux (le gué) .

Lorsque les ruisseaux coulaient une grande partie de l’année, ce lieu devait être très difficile à traverser. Aujourd’hui des canalisations en ciment passent sous les routes, remplaçant les anciens gués. En ce lieu, trois ruisseaux qui drainent l’eau de tout le massif (côté Six-Fours) mêlent leurs eaux : Le ruisseau des Barrelles, le Rayolet et le Roumagnan.
Les inondations de ces ruisseaux aux alentours de Tallian sont spectaculaires. Au niveau du chemin de la forêt, le Roumagnan et le Rayolet, qui viennent de se rejoindre, forment littéralement un torrent de plus de 11 m de large. Plus bas à Malfossé, ils empêchent le ruisseau des Barrelles de s’écouler (la buse qui passe sous la route est submergée) et celui-ci déborde également. Habitant le quartier depuis mon enfance, j’ai connus plusieurs de ces inondations, aux plus hautes eaux, le quartier voit toutes ses routes d’accès coupées, l’eau passant largement au-dessus des routes.

LE LAVOIR DU RAYOLET

La source de Fontête


SITUATION :
En empruntant l’actuelle piste forestière de Francillon à partir du chemin des Conques, juste avant de rejoindre la route des Oratoires, on aperçoit sur la gauche une haie de cyprès retournés à la sauvagerie et de magnifiques platanes. C’est l’emplacement des anciens lavoirs communaux construits en 1834 et qui furent vraisemblablement détruits lors de la création de la piste à incendie (vers 1978). Celle-ci empruntant en partie l’ancien sentier.
DESCRIPTION 
: Ce lavoir communal fut créé en 1934, à 400 m environ de la source de Fontête (disparue). Trois puits l’alimentaient par des conduites en terre cuite enterrées à peu de profondeur. On en trouve encore des débris sur le sentier. Le puit le plus haut a été comblé, un bosquet de laurier sauce (baguier) en marque l’emplacement sur la gauche du sentier. Le second existe encore, de l’autre coté de la nouvelle piste, dans le ruisseau. Le troisième se trouve dans le vallon perpendiculaire au bassin. Ils sont encore en eau.
Un quatrième puit, situé derrière la haie de cyprès a été creusé en 1877 pour l’usage du garde qui habitait à proximité du lavoir. Les ruines de son cabanon sont encore visibles au nord. Ce puit, qui était en état il y a quelque années, a vu son couvercle de fer arraché, remplacé par une plaque de fer non fixée, très dangereuse, car par le passage sur le sentier qui le longe et des apport de terre dût au ravinement, il se trouve au ras de terre.

Rapport du 12 aout 1877 : Les puits (qui aliment le bassin) ont besoin d’être nettoyés et approfondis, les tranchées où passent les tuyaux doivent être rebouchées. Les tuyaux de poterie n’étant pas placés assez bas, sont en partie brisés.

Aujourd’hui il ne reste plus rien du lavoir. L’ayant vu en état et en eau au début des années 60, je vous en livre une description que le temps et mon jeune age à l’époque rend imprécise.
En amont, ce qui était le vieux bassin de 1834, de forme rectangulaire, mais beaucoup plus large que le lavoir de Tallian, d’une profondeur d’environ 80 cm à 1 m. On se tenait debout pour laver, le bassin étant hors de terre. De nos jours le sentier passe par le centre du bassin. Contre ce bassin principal, quatre bassins, au revêtement de carreaux vernissés rouge, sans doute plus récents. De chaque coté de ces bassins, des rigoles où coulait l’eau de la surverse. Des pierres de taille permettaient de passer sans problème (elles existent toujours mais ont été


déplacées). Après le bassin se situait le puit et le jardin du garde, tout le vallon étant à l’époque cultivé, on voit de nos jours au printemps, fleurir les rejetons sauvages des arbres fruitiers et d’ornement. (Toutes les lavandières n’utilisaient pas le lavoir, Elles étendaient un drap au fond du ruisseau, dans les conques, pour y faire leur lessive.)

Plus bas encore, à quelques mètres de la piste, il existe un « trou » (bombe ? creusement volontaire ?) où on entend la source couler avec force. Les ronciers, plus que les grillages d’origine, en défendent l’approche. Et la source de Fontête (dite du Rayolet) coule encore, inconnue et abandonnée.
ORIGINE DU NOM :
Fontête : La source de tête, c'est-à-dire la plus haute.

Rayolet : Le petit ruisseau
Caravailles : ce lieu-dit est cité dans le livre terrier (cadastre) de 1587. Il signifie conque (creux naturel rempli d’eau). Le chemin qui y mène s’appelle de nos jours le chemin des Conques.
AUJOURD’HUI 
:
Le lieu est dans un état d’abandon extrême, les interventions ponctuelles ont été au mieux inefficaces, au pire dommageables. Dernièrement, les « ribes » qui enserrent la piste ont été détruites au tractopelle, en plusieurs points, la terre rejetée sur la végétation, vers le ruisseau. Cela dans le but d’empêcher que la piste se dégrade lors des grosses pluies. Il y avait d’autres moyens que cette destruction.

LA FONTAINE DE ROUMAGNAN

La source de Larme

Ou comment une source coule au plus profond du bois, mystérieuse et oubliée (pas de tous, mais une source, ça ne se dit pas…) alors qu’une autre porte son nom, ou plutôt un autre nom que celui qu’elle portait à l’origine. Mais chut…

SITUATION :
La fontaine dite de Roumagnan (la « fausse ») se situe à droite de la route du Mai, le chemin qui y mène se trouve juste après une citerne à incendie. Avant le creusement de la route goudronnée qui monte au Mai (1955) et celui des pistes à incendie (1975), on accédait à la chapelle par des sentiers, un est le chemin de Roumagnan, l’autre celui de Larme. On peut encore les suivre à travers bois à partir de ces deux chemins.
La vraie source, elle, est…ailleurs.
DESCRIPTION :
La « fausse » a été crée sur la veine qui alimente la vraie. Un puit de faible profondeur, mais suffisant dans les années trente alimentait un bassin (aujourd’hui disparu).Les randonneurs toulonnais ont restauré, dans les années trente, ce lieu où existait un lavoir pour les lavandières du Brusc, jusqu’à la construction d’un lavoir sur le Quai du Brusc, dans les années vingt.

Dans les années cinquante, lors du creusement de la route, le remblai formant barrage, un étang s’était formé en contrebas, les grenouilles s’y reproduisaient, les fougères grand aigle et les joncs prospéraient, les animaux sauvages avaient de l’eau à boire. Hélas, comme l’eau débordait sur la route lors des fortes pluies, une canalisation de gros diamètre fut posée sous la route (années 80 ?). Adieu, grenouilles, têtards, point d’eau pour les animaux du massif, les voitures ne mouillerons plus leurs pneus.
La société de chasse de Six-Fours a aménagé un petit bassin alimenté par le puit, mais comme celui-ci n’est plus assez profond, l’eau ne coule plus depuis 2005 hors les périodes de grosses pluies (de plus en plus rares)
La vraie, elle, se situe dans un microscopique canyon où elle goutte du haut d’un bloc de schiste de plus de trois mètres de haut, dans une conque naturelle au milieu des ronces et des salsepareilles. La conque est comblée de graviers et de terre. Mais les « larmes » d’eau tombent toujours, malgré la sécheresse.
En 1877, M. Gras, propriétaire d’un terrain à proximité, demande à la mairie l’autorisation de nettoyer cette source, ce qui lui fut accordé avec chaleur.
ORIGINE DU NOM :
Lorsqu’on parle de la fontaine, du ruisseau ou du chemin de Roumagan, il faudrait dire : le chemin, le ruisseau ou la fontaine des Roumagnans.
Les roumagnans sont des pèlerins. Ici, ce sont les pèlerins qui montaient à Notre Dame du Mai à la suite du miracle de 1625. Ces chemins furent les premiers chemins de pèlerinage avant que les deux communes se séparent (1657) et créent de concert le chemin des Oratoires qui passant sur la « frontière » des deux communes rejoint la chapelle qui restait indivise.
Roumagnan n’est pas un lieu dit, ce n’est qu’à partir XIX° siècle qu’il empiétât sur les vrais lieux dits, beaucoup plus anciens.
Sur un cadastre de la fin du XV° siècle (incomplet) nous retrouvons le nom réel que portait (et porte toujours) ce lieu : le Val de Larme, où de la source de Larme, coule de ruisseau de Larme.
En occitan, un larmié est un sorcier, un solitaire qui connaît les plantes et les animaux et qui est capable de soigner grâce a ce savoir ancestral (à cette époque ce type de connaissance était démoniaque pour l’église.
Certains y voient une déformation du val de l’orme. Il existe effectivement des ormes (également appelés frênes), uniquement dans ce vallon. Mais je n’ai rencontré qu’une fois cette orthographe.
L’explication la plus fumeuse et aberrante est que les femmes des hommes morts lors de la « bataille » (douteuse) de la Malogineste y seraient venues y pleurer toutes les larmes de leurs corps. C’est évidemment de l’abbé Garrel, grand inventeur de sottises (qui, hélas, persistent encore aujourd’hui).
AUJOURD’HUI :
Bientôt l’eau deviendra aussi précieuse que l’or. Il serai possible à peu de frais de refaire couler la fontaine de Roumagnan (la fausse) et aussi de recréer l’étang. Les vacanciers, aiment, entre deux baignades, parcourir le massif. On ne bronze plus bêtement. Remettre en état les anciens lavoirs ou les anciennes sources apporterait beaucoup de plaisir aux six-fournais comme aux touristes.

LA SOURCE DU PINSOT


SITUATION :
Elle se situe sur le sentier à mi-pente, dit sentier des contrebandiers qui part du quartier de la Lèque, chemin des Cargadoux. Le lieux est magnifique, d’un coté la mer, de l’autre les falaise qui culmine à la chapelle de Notre Dame du Mai. A quelque pas du sentier, au milieu des cannes et des ajoncs, se situe le bassin. Comme les autres elle est actuellement tarie (2008)
ORIGINE DU NOM :
C’est la source du pinsot (pin d’Alep) et non du pinson. Quoique connue sans doute depuis toujours, elle n’est citée qu’au 19° siècle, dans le livres qui parle de Six-Fours.

LES AUTRES SOURCES OU POINTS D’EAU

Quoique je n’ai pas la prétention de les connaître toutes, voici quelques autres sources, certaines connues de tous, d’autres privées, certaines dont l’emplacement a disparu même des mémoires, d’autres à secs depuis très longtemps mais non oubliées. Certaines ont conservé un nom d’autres l’ont perdu, si jamais elles en ont porté un. D’autres encore en portent plusieurs. Certes, il y aura des oublis et des imprécisions car je ne les ai pas toutes vues de mes yeux. Mais c’est la première fois qu’elles sont répertoriées, à ma connaissance. Si cet automne 2008 tient ses promesses et permet au massif de se recharger en eau, je tacherai d’aller les photographier.

 Cette partie sera améliorée au fur et à mesure de mes « découvertes » et de mes visites.
Si vous avez des renseignements n’hésitez pas à me les communiquer.

SOURCES DES BOIS

De la Seyne et de Six-Fours

Les sources se trouvant à mi-pente ou au pied des falaises du massif, face à la mer.

Source de la Gardiole :
Je la note, bien qu’elle ait disparue depuis plusieurs décennies, elle coulait au niveau de la mer, dans les rochers, dans la crique de la Gariole

Sources du Quicon et de la Fosse :
La première se trouve au sud de la colline du Quicon, à mi pente. Sur la même veine, une résurgence coule sur le chemin qui descend à la fosse et une petite source se trouve sur la droite en descendant. Il existe un puit également à droite, mais sur une autre veine. Encore plus bas, perpendiculairement au sentier, arrive un ruisseau, formant une petite cascade et donnant naissance à une source occasionnelle.
Source du Pinsot : voir plus haut
Source de la Limace :
Elle se trouve à gauche du sentier remontant de la vieille batterie dite de Napoléon, au sommet de Notre Dame du Mai.
Source des Canonniers :
Elle était située sur le sentier qui partait du sémaphore et rejoignait la batterie de Napoléon. Elle a sans doute disparue avec le sentier, lors des travaux de construction de la station d’épuration « Amphitria ». Les dynamitages souterrains ayant ébranlés cette partie de la falaise. Il est interdit, ou plutôt fortement déconseillé de tenter de passer au dessus de la station, la falaise étant très instable.

La source de la Gineste :
Elle était située à droite du sentier qui va du sémaphore aux bâtiments en ruine du cap Sicié et en contrebas de celui qui va à la vieille batterie, à quelques centaines de mètres de la source des canonniers.
Je pense qu’elle a subi le même sort, car elle se trouvait pratiquement à l’aplomb d’ « Amphitria ».
La source du Pain de Sucre :
Située sur le cap Sicié lui-même, à droite (face à la mer) des bâtiments en ruine, en descendant dans la crique qui abrite l’écueil appelé le « Pain de Sucre »
Les sources du Trône et du Sourmier :
La première se trouve pratiquement au niveau de la mer, la seconde à mi pente d’un sentier qui part du sentier principal qui mène des Jonquets ou de la station d’épuration au cap Sicié. Il est fortement déconseillé de tenter la descente, le sentier principal s’étant déjà lui même dégradé, les « drailles » qui mènent à la mer sont extrêmement dangereuses. Cela est valable pour l’ensemble du massif.
La source du Jonquet :
Elle se trouve sur la seconde plage à droite des escaliers ; C’est une plage naturiste. C’est la seule source du massif à être entretenue et aménagée. Source du Bœuf ou du Bau Rouge :

Avant Fabrégas et à gauche des escaliers qui descendent aux Jonquets, se trouve la « plage » du Bœuf, du nom de l’écueil qui s’y trouve. La source se trouve à l’aplomb de la batterie du Bau Rouge.

 Sources se trouvant à l’intérieur du massif

Les sources du Roumagnan et du Rayolet :
Citées pour mémoire (voir plus haut)
Source des Fougères :
Elle se trouvait sur le sentier menant de l’actuelle route du Mai à la colline «  la Montjoie », un peu avant le sentier menant à la source de Roumagnan. Lors des périodes de fortes pluies, quand le massif est plein, de l’eau suinte sur le sentier, est-ce l’ancienne source, bouchée au fils du temps, ou une résurgence ?
Sources du Vallon de St Antoine :
Au départ des sentiers menant au sémaphore, elle se trouve au milieu des arbres de Judée. Elle est captée par un puit-citerne. Une autre source, sur la même veine, se trouvait un peu plus haut.
Sources de Belle pierre.
En contre bas de l’aire des masques, il faut suivre la route qui mène à Fabrégas, sur la gauche, un sentier rejoint Janas.
Dans un creux se trouve un bassin à ras de terre, sans doute aménagé par les sociétés de Chasse.
La Roque Trocade :
Cité dans les plus anciens cadastres (XV°) cette source alimentait, avec d’autres de moindre importance, les lavoirs des Moulières et les moulins à eau. En quantité elle était la plus importante du massif. M. Autran pense (et je pense comme lui) que les travaux du percement de l’émissaire (commencé dans les années trente) ont dévié ou asséché de nombreuses sources du massif, coté la Seyne. Le réchauffement climatique, perceptible depuis la fin de 19° siècle, n’ayant pas arrangé les choses.