TABLE DES MATIERES :
PROMENADES : LE BRUSC ET LES ILES DES EMBIEZ
HISTOIRE DU BRUSC ET DES EMBIEZ
Extraits du livre de M. Jouglas, édition de 1966
Nous avons vu dans les deux premiers paragraphes du chapitre l'« Histoire de Six-Fours », les origines préhistoriques, puis gréco-romaine de ce qui est devenu Le Brusc.
Tauroentum a dû occuper toute la zone qui s'étend depuis la Roche Blanche, les Salles, à l'Est, jusqu'au Cros et le Gaou à l'Ouest. Là, les poteries en terre cuite, les tuiles à rebords, les céramiques sigillées, sur terre et les amphores dans la mer abondent et, depuis 1882, début des premières fouilles, on n'a cessé d'en trouver. Les restes les plus importants, sont l'aqueduc souterrain qui amenait l’eau potable au port.
A la suite des multiples invasions des pirates sarrasins du VIII° au X° siècles, la côte fut totalement désertée et redevint à l'état sauvage. Après la bataille de Malogineste, en 950, dont nous avons relaté les faits, les lieux étant devenus plus sûrs, les moines de Saint-Victor, qui résidaient dans leur prieuré de Six-Fours, vinrent exploiter des salins dans l'île des Embiez.
On sait qu'en 1068, ils en tiraient déjà du sel et le port d'embarquement était aménagé dans un creux, au nord des salins. Ceux-ci avaient été formés par la jonction des deux principales îles qui étaient alors l'île principale, qui se termine, au Sud, par la pointe du Cougoussas et l'île de là Plumasse, appelée aujourd'hui l'île de la Tour Fondue. La faible profondeur de la mer en cet endroit leur permit, par la construction de quelques murets, en pierres sèches, de réaliser des tables salantes sans grosses difficultés.
Dans le cartulaire de Saint-Victor on trouve mention, au X° siècle, de « Ecclesia sancti Victoris dels Embers apud Sex Furnos ». Cette chapelle, dont on ne trouve aucune trace, a dû vraisemblablement être démolie lors de la construction du château en 1612.
Le pape Grégoire XI transférant le siège de la papauté d'Avignon à Rome, fut obligé de s'arrêter en rade du Brusc. les 4. 5 et 6 octobre 1376. Sa galère ayant pour commandant le grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. J.F. de Hérédia, ne pouvait contourner le cap Sicié par suite d'une forte tempête de vent d'Est, il dut se mettre à l'abri de l'île des Embiez.
Lors du séjour dans les eaux du Brusc de la flotte pontificale, un habitant de Six-Fours. Hugonet Gautier, avait fourni un pamphile, navire de commerce à voiles et à rames, à l'effet de conduire en Italie les fourriers et de nombreux familiers du pape avec leurs bagages, moyennant 240 florins.
Le 5 octobre 1376, le pape donna l'ordre de compter à Fouquet Basset la somme de 8 florins, en paiement d'un tas de sel qui avait été détruit par les gens des galères et les mariniers.
L'exploitation des salines et des pâturages des Embiez donna lieu à de fréquentes délibérations municipales de la part de la communauté de Six-Fours. à qui les salins appartenaient entièrement au XV° siècle.
Un acte du 12 mai 1417, passé par Me Jean de Portallis, notaire public d'Ollioules, engage Honoré Chabert, de Six-Fours, par devant la communauté, « de faire du sel bon, sous le prix de 10 florins pour chaque mois, à la charge que ledit Chabert ne sortira de ladite île que pour aller chercher des victuailles et en cas de crainte des pirates ».

En 1520, cette exploitation est donnée pour trois ans à un dénommé Barthélemy Lombard, de Six-Fours, à la charge pour lui de remettre tous les ans une émine de sel par maison, mais chaque famille devant fournir au fermier « une journée d'homme ou deux journées de femmes pour l'aider la première année, à remettre en état lesdites salines ».
En 1565. la communauté interdit « de faire paître aucun menu bétail aux Embiez sous peine d'un écu ».
Le neveu de Barthélemy Lombard, portant d'ailleurs le même nom, acquit les salins et une partie des Embiez en 1580, où il planta des vignes. Il obtint d'Henri IV le titre de seigneur de Sainte-Cécile des Embiez.
Sa veuve, Hélène de Valavoire, et ses enfants fondèrent, en 1601, une chapellanie sous la vocable de Sainte Cécile « pour y être perpétuellement servies deux messes chaque mois ».
La chapelle fut édifiée le 5 janvier 1602. Cette chapelle attenante au château fut desservie par un prêtre du clergé, de Six-Fours, jusqu'en l'année 1712, puis vendue à la Révolution en 1793, elle a actuellement complètement disparue.
Au sommet de l'île, où avait été construit, sous François 1° un premier fortin, un château fut construit par les Sainte-Cécile, en 1612. Le château avec sa tour crénelée, solidement assis sur le roc, n'a été que partiellement modifié. Ses trois canons, dont la tour avait été pourvue, en 1661, sont restés au pied de la tour à côté d'une aire d'atterrissage d'hélicoptère, créant un curieux anachronisme.

La petite fille d'Hélène de Valavoire, Anne, se maria, vers 1625, avec Pierre de Jouffrey, qui porta ainsi la seigneurie des Embiez dans la maison de Jouffrey, qui la conserva environ un siècle.
C'est à Antoine de Jouffrey que la communauté vendit, le 3 mars 1669, « toutes les terres gastes, cultivées et incultes, pallun, que la communauté possédait encore dans l'île » ainsi que tous les droits et usages sur les herbages et pâturages.
Une autre activité du Brusc était une madrague (poste de pêche avec filets), appartenant à Messire Boyer de Foresta, chevalier, seigneur de Bandol et autres places, conseiller du roy, second président du parlement de Provence, propriétaire (depuis 1603) des postes à poser madrague pour la pêche des thons depuis La Ciotat jusqu'à Antibes. Cette madrague mise en régie occupait des habitants de Six-Fours, mais qui ne résidaient pas au Brusc.
Un autre mode de pêche, « le gangui » est, dit-on, une invention des pêcheurs du Brusc et date de 1580. Ce furent Antoine Guigou dit Bastian, Honoré Beaussier et Jaume Tortel dit Cautellier, qui furent les premiers à l'employer.
Mais cette pêche avait tellement de succès que les consuls de Toulon adressèrent une requête à la Cour des Comptes et obtinrent un décret interdisant la pêche au gangui. Les six-fournais continuèrent à se livrer à cette pêche lucrative, les consuls de Toulon protestèrent de nouveau. Par un arrêt du 2 juin 1581, rendu à Brignoles, la cour décida d'envoyer des experts pour examiner les filets, ce qui eut lieu le 10 novembre suivant. Les experts décidèrent « qu'attendu que ces filets enlèvent une grande quantité de poissons dont ils tentent de dépeupler la mer, il fallait leur désigner un lieu à part pour y faire leur pêche sans porter préjudice aux autres engins de pêche en usage dans les mers de Toulon et de Six-Fours
Les pêcheurs de Six-Fours demandèrent à l'évêque de Toulon, afin de pouvoir pêcher les grandes quantités de poissons qui passaient par leur mer, l'autorisation de pêcher tous les jours de fête à l'exception de la Nativité, de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, du jour de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint, le droit de caler leurs filets après les vêpres leur fut accordé, les dimanches et fêtes, à condition, sous peine d'excommunication, de payer la quatrième partie du poisson à la fabrique de l'église paroissiale Saint-Pierre.
D'autres conflits eurent lieu également en 1689, entre les seigneurs de Bandol et les seigneurs des Embiez, ces derniers voulant pêcher à côté des madragues à thons et détournant ainsi les poissons.
Toutefois, l'acte d'achat de 1669 avait prévu que les seigneurs de Jouffrey, héritiers des Sainte-Cécile, « ne pourraient prétendre interdire le droit d'ancrage aux manants et habitants de Six-Fours, auxquels sera permis en abordant au tour de ladite île, avec bâtiment et s'amarrer à terre par câble ou autrement ». Ce droit a été respecté jusqu'à ce jour par tous les propriétaires successifs de l'île.
Au début du XVIII° siècle, la côte étant devenue plus sûre, quelques pêcheurs, qui habitaient alors dans les quartiers de Jaumard, Tallian et Bouscou, commencent à venir habiter au Brusc.
L'île a été achetée, en 1720, par Michel de Sabran.
Le port du Brusc servait également de transit pour de nombreux bateaux et il y résidait un représentant du service de Santé, ainsi que des douaniers.
Dans les archives de Six-Fours (GG-11) nous retrouvons un exposé du 29 août 1744, du sieur Jean Raymond, négociant à Toulon, qui est à l'origine de l'établissement du culte au Brusc.
« Ayant la régie de la madrague du golfe du Brusc, j'ai remarqué que l'équipage de ladite madrague manque la messe les dimanches et fêtes, attendu l'éloignement de la paroisse de Six-Fours. Dans la chapelle construite au Brusc il n'y a aucun service, pourtant dans le golfe y relâche très souvent des bâtiments de mer.
« Un préposé de M. l'Intendant de la Santé du Bureau de Toulon y réside avec sa famille, pour veiller au débarquement des gens contaminés, MM. les Fermiers généraux y ont établi une brigade pour empêcher les contraventions ».
M. Raymond demandait en conclusion la création d'une chapellenie perpétuelle sous le titre de Saint-Louis, Saint-Pierre et Notre-Dame du Bon Retour, avec obligation de dire une messe basse tous les dimanches et fêtes pour laquelle fondation il léguait diverses terres lui appartenant. La chapelle fut réparée et la chapellenie crée en 1744.
Nos recherches ne nous ont pas permis de retrouver des traces précises de la construction de ladite chapelle qui remonterait à 1712. Elle se trouvait à l'entrée du village dans la ruelle allant vers la jetée. Le local, désaffecté à la Révolution de 1793, était utilisé avant la guerre de 1939 par la prud'homie pour teindre les filets. Il a été démoli par les Allemands avec toutes les maisons qui l'entouraient, en 1944.

Il s'agissait d'une très petite chapelle, qui correspondait bien à la très faible population de l'époque. Nous lisons en effet dans un rapport de la communauté de Six-Fours, en 1776, demandant l'augmentation de l'importance du Brusc : « Ce qui donnerait lieu sans doute dans peu de temps à s'y établir un concours d'habitants, attendu que dans cette partie du terroir il y a beaucoup de terres à défricher ».
Et, en novembre 1790, dans la liste des citoyens actifs de la commune, nous ne trouvons que trois familles au Brusc (deux paysans et le capitaine Bonnafoux) et une seule à La Lecque (Baptiste Chardousse, berger), compte tenu des employés aux salins, à la madrague et les quelques fonctionnaires, le total ne dépassait pas dix familles, soit une cinquantaine d'habitants.
En 1827, nous savons que le propriétaire des salines est un nommé Cagniard, de Marseille, qui construisit la chaussée qui sépare les salins sur leur côté sud-est de la mer.
Il demanda à installer dans l'île une fabrique de soude « factice ». C'est par l'ordonnance du 2 mai 1827 que le roi de France Charles X, après avis de l'inspecteur des Forêts, du directeur général de l'administration des Douanes et du conseil d'Etat, autorisa cette fabrique malgré les oppositions formulées par les habitants de la commune de Six-Fours lors de l'enquête.
La soude est le nom vulgaire du genre salsola, de la tribu des salsolacées, comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans les lieux maritimes des régions tempérées. Il s'agit d'herbes à feuilles alternées, à fleurs solitaires ou géminées, axillaires et apétales. Deux variétés : la salsola soda et la salsola kadi étaient même cultivées pour la fabrication de la soude par incinération. Le sel que l'on retire des cendres de la soude était dit « soude naturelle ». Ce produit ou carbonate de soude, était utilisé pour la fabrication de la verrerie, des savons, et sous forme de certains dérivés en pharmacie, il était rare et cher.
Il fallut attendre les résultats des expériences du chimiste français Leblanc, à la fin du XVIII° siècle, pour obtenir la soude directement du sel marin. Son procédé consiste à décomposer le chlorure de sodium par l'acide sulfurique, puis à chauffer le sulfate de soude ainsi obtenu avec du charbon et du carbonate de chaux. Sans entrer dans les détails, il faut savoir que ces réactions dégagent à l'état de gaz de grandes quantités d'acide chlorhydrique, qui, à l'époque, n'était pas récupéré.
Ce procédé permettait d'obtenir de la soude à bas prix et en quantité illimitée. La première fabrique de soude artificielle fut créée, en 1790, à Saint-Denis, près de Paris, et dans notre région à Septèmes, dans les Bouches-du-Rhône.
Aux Embiez, où l'on produisait déjà la soude en ramassant puis en brûlant les différentes plantes qui y poussaient en abondance, on voulut aussi utiliser le procédé Leblanc. L'ordonnance du 2 mai 1827 précisait toutefois que l'usine composée de huit fours et de douze chambres de plomb ne devrait être mise en route que sous la condition expresse de condenser le gaz acide « muriatique » (ancienne appellation de l'acide chlorhydrique) au moyen d'un appareil qui absorbe les vapeurs et d'avoir en outre un long canal voûté dont l'eau serait toujours renouvelée, et aboutissant à une cheminée. La propriété du gaz chlorhydrique, d'être un des corps les plus solubles dans l'eau que l'on connaisse, aurait dû faciliter les choses.
En fait, la fabrique fonctionna correctement pendant près de trois ans, puis à la suite d'un changement de propriétaire et un arrêt de la production, lorsque l'exploitation fut reprise en 1833, l'absorption des vapeurs fut très incomplète et de nombreuses réclamations de la part des propriétaires de la commune de Six-Fours furent transmises d'abord au préfet du département du Var, puis au ministère de l'Intérieur. Le procès dura jus-
qu'en 1847, soit pendant quatorze années, où à la suite de multiples pétitions de la population de Six-Fours de nombreuses expertises furent faites, ainsi que des modifications du condensateur de la fabrique.
Pour vous montrer l'effet nocif de ces vapeurs émises à environ 600 mètres du rivage, voici quelques extraits du rapport établi en mars 1847, par MM. Jean-Baptiste Meissonnier, ingénieur des mines à Draguignan, et Jacques Gras, pharmacien en chef des hospices civils de Toulon, avec la collaboration de deux propriétaires agronomes d'Ollioules et de Toulon :
« Nous avons parcouru et visité avec la plus grande attention toute la partie Ouest et Midi de la commune de Six-Fours jusqu'à la mer et principalement des quartiers ruraux de Talian, Courren, Mouret, Mouries, des Lesques, de Brunette, du Brusc, du Cros, de la Cride.
« Nous avons pu constater une végétation des plus malheureuses :
Les figuiers, dont le terroir se trouvait amplement pourvu, ont presque entièrement disparu, et les quelques arbres de cette espèce qui restent encore se trouvent dans un état tel de dépérissement et de dissécation qu'on peut les considérer comme entièrement perdus.
« Les oliviers se trouvent dans des conditions de végétation aussi mauvaise et hors d'état de porter le fruit à maturité.
« Les arbres fruitiers ont presque entièrement disparu et ceux qui restent n'ont aucune vigueur.
« La vigne, principal produit de ces terres, est à la veille d'être sous peu entièrement ruinée. Chaque pied de vigne qui, d'après l'usage établi, est cultivé sur trois ou quatre branches taillées et raccourcies, ne se trouve plus en avoir qu'une ou deux vivantes qui, presque toutes, sont cariées et annoncent une fin prochaine.
« Nous avons pu constater que les terres les mieux cultivées, celles de Jean-Pierre Chrestian, et du Génois Dodero, au quartier de Mouret ; de Victor Ventre, au quartier de Talian, et, en général, celles qui sont dans les vallons ou bas fonds, sont les plus mal traitées. Partant nous avons reconnu d'une manière évidente des dégâts considérables sur les plantes, arbres fruitiers, oliviers, vignes et autres productions du pays. Les dommages s'étendent à une grande distance des Embiez, ils sont plus marqués dans les vallons et bas fonds où les courants existent. »
Par contre, les propriétaires successifs de la fabrique de soude ne mirent aucun empressement à améliorer la condensation de l'acide chlorhydrique en particulier le canal voûté de 378 mètres conduisant les gaz à la cheminée ne contenait pas d'eau. En 1847, l'usine décomposait en moyenne de 4 500 à 5 000 kilos de sel marin par 24 heures.
La commission d'enquête avait d'ailleurs indiqué dans ce rapport « qu'en parcourant l'île des Embiez, elle avait remarqué que toute la végétation y est détruite ».
L'affaire fut transmise au ministre de l'Agriculture, la municipalité donna sa démission et, le 14 juin 1847, le préfet du Var ordonna enfin la fermeture définitive de la fabrique de soude de l'île des Embiez.
Des restes du grand canal voûté sont encore visibles en plusieurs points de l'île.
Au milieu du XIX° siècle, la population stable du Brusc commence à augmenter, des pêcheurs se sont établis et aussi quelques commerçants. Les premières résidences d'été apparaîtront bientôt. Le besoin d'une église se fait sentir et, en 1873, le nouveau et jeune propriétaire de l'île des Embiez, M. Jules de Greling, de Marseille, décida d'en construire une à ses frais, sur un terrain appartenant à M. Antoine Baron, du quartier Talian, en un point un peu élevé au milieu de la petite baie, à 100 mètres de la mer.

Le mardi 2 décembre 1873 eut lieu la cérémonie de la pose de la première pierre. La chapelle fut terminée en août 1874, elle mesurait 20 mètres de longueur sur 6,50 mètres de largeur et 8,50 mètres de hauteur, avec une tribune assez spacieuse. Nous ne pouvons faire mieux que de publier le procès-verbal de la bénédiction solennelle, document curieux à plusieurs titres et qui précise le nom de tous les participants à cette construction :
« L'an de N. S. J.-C. 1874 et le mardi 8 septembre, jour où l'Eglise célèbre la glorieuse nativité de la Très Sainte Vierge Marie, dans la vingt-neuvième année du très glorieux pontificat de Pie IX le Grand, aujourd'hui captif dans son palais du Vatican, sous la garde de Victor Emmanuel, roi du Piémont, usurpateur sacrilège des Etats du Saint-Siège ; sous le gouvernement du maréchal de France, Mac Mahon, duc de Magenta, auquel l'Assemblée nationale française, par une loi du 20 novembre dernier vient de confier, pour sept ans, le pouvoir exécutif (en attendant le rétablissement prochain de la monarchie légitime et traditionnelle, dans la personne de Mgr le Comte de Chambord, sous le nom de Henry V) ; sous l'épiscopat de Mgr Joseph Antoine Henri Jordany, évêque de Fréjus et Toulon, et en présence d'une foule nombreuse et recueillie, a été bénite cette chapelle par M. l'Abbé J. Paul, curé de Reynier et délégué à cet effet par Mgr l'Evêque et placée sous le vocable de l'apôtre saint Pierre, prince des apôtres et patron de la corporation des pêcheurs.
« Construite par M. Elzéard Guis, maître maçon à Reynier, d'après le plan dressé par M. Théodore Moullet, architecte de Marseille et propriétaire au Brusc, avec ses annexes presbytère, et maison d'école, la chapelle Saint-Pierre, ainsi que tout le mobilier, les vases sacrés, calice, ciboire et ostensoir et tous les ornements nécessaires à l'exercice du culte, est due à la piété et la rare munificence de M. Jules de Greling, de Marseille, et propriétaire de l'île des Embiez.
« Que le Seigneur, dont la main récompense un verre d'eau froide, donné en son nom, bénisse la maison et prolonge les jours de ce généreux bienfaiteur, auquel les habitants du Brusc et des quartiers environnants vouent, dès ce jour, une profonde et éternelle reconnaissance. »
Suivent les noms des présents à la cérémonie, parmi lesquels nous relevons : M. Jules de Greling, le donateur ; M. Moullet, architecte ; Vian, curé de La Seyne ; Paul, curé de Reynier ; Etienne, maire de Six-Fours ; Vivion, notaire à Reynier ; Dodero, Roubaud et Bonnafoux, prud'hommes en costume, etc..
La bénédiction de la chapelle a été suivie de la grand-messe et de la bénédiction du Très Saint-Sacrement, après laquelle M. le Curé de Reynier a annoncé, d'après les ordres et autorisations préalables de Mgr l'Evêque, que le service de binage, dans la chapelle du Brusc, commencerait le dimanche suivant pour être continué tous les dimanches et fêtes de l’année. »
Un fort fut construit dans l'île des Embiez, en 1847-48, il fut armé de dix bouches à feu, ce fort Saint-Pierre est encore intact aujourd'hui à la pointe nord de l'île.
Au Brusc, les pêcheurs étaient assez nombreux et avaient formés une prud'hommie, l'administration des Ponts et Chaussées fit construire une jetée de 40 mètres et un quai en 1882.
Le 1er mars 1889, une catastrophe eut lieu entre l'île des Embiez et l'île du Grand-Rouveau. Une escadrille de torpilleurs sortie le matin de Toulon pour évoluer dans la baie de Sanary, effectuait sa rentrée vers 4 heures du soir, quand en s'engageant dans la passe, le torpilleur n° 102, commandé par le lieutenant de vaisseau Schilling, toucha et coula en quelques minutes par 27 mètres de fond.
Six membres de l'équipage périrent. Le Souvenir Français a fait élever, dans le cimetière de Reynier, un tombeau pour les victimes non réclamées par les familles.
Il est surmonté d'une colonne en pierre, cannelée, de six mètres de hauteur, brisée et décorée d'une ancre.

Le 8 mars 1920, M. Ferdinand de Greling vendait à son tour l'île des Embiez et ses salines, à la Société des Salins et Pêcheries d'Hyères, dont le directeur était M. Gérard. Les tables d'évaporation sont alors au nombre de dix-neuf et s'étendent sur 200 mètres de longueur et 175 mètres de largeur, mesurant une superficie de plus de trois hectares. La récolte annuelle est d'environ 1200 tonnes.

Un vignoble assez important arrive à produire près de 350 hectolitres de bon vin, sur six hectares, entretenus par les Gérard.
L'île du Gaou fut reliée à la terre en 1931 par une digue formant route, afin de faciliter l'accès de ce point de vue sur la mer et les falaises.
Le Brusc devait connaître ensuite une des périodes les plus troublées de son histoire, occupé par les Italiens puis par les Allemands, il fut bombardé en juin 1944. La population fut en totalité évacuée et la paroisse fermée du 18 juillet 1944 au I° décembre 1944. Il fallut repartir de zéro, une grande partie des maisons étaient détruites et ce n'est que lentement que la population revint suivie par les estivants.
En juillet 1945, un grand pèlerinage viendra au Brusc, avec la Vierge de Cotignac, que l'on promènera dans les ruines des maisons et sur un bateau dans le port.
Il faudra attendre 1950 pour que la reconstruction commence à redonner au paysage un aspect plus normal, mais les arbres seront encore longs à repousser.
Le quai du port du Brusc est agrandi, les travaux dureront plusieurs années, en 1954 la route longeant la mer depuis ce nouveau quai jusqu'au Gaou est en chantier. En même temps une nouvelle jetée est mise en construction dès 1952, pour abriter le port.
L'île des Embiez, achetée en 1958, par M. Paul Ricard, perd sa vocation millénaire d'exploitation du sel et va se transformer en port international d'accostage et de mouillage.
L'île des Embiez constitue en effet un merveilleux abri naturel, la haute chaîne rocheuse du cap Sicié protège, depuis toujours, les navires qui fuient les grandes tempêtes d'Est et l'île elle-même les protège de celles du Sud de la « largade ».

Le port des Embiez, achevé en 1963, est l'un des plus beaux ports de plaisance de la côte méditerranéenne. II est aussi l’un des mieux équipés.
Huit hectares de plan d'eau, 1 800 mètres de quais alimentés en électricité, essence et eau douce, slips et toutes installations nécessaires à la pratique du yachting.
Le port de Saint-Pierre-des-Embiez a pour décor le relief de l'île dont la variété constitue la parure.
Ici la nature est demeurée d'une beauté intacte, à la fois douce et sauvage.
Vous goûterez les joies du bord de mer et découvrirez en ces lieux au hasard de vos pas :
—de lumineuses petites calanques aux eaux limpides où jouent les girelles en des éclats d'arc-en-ciel,
—de vastes et odorantes pinèdes au silence troublé par le seul et inlassable chant des cigales, fidèles compagnes de nos étés,
—des petites plages de gravier fin et de coquillages, nichées aux creux des rochers sombres,
—des rochers de formes étranges, la « Cauvelle », le « Rouvelon », cernés de « ragues poissonneuses »,
—des récifs découvrants ou battus par la mer en costume et dentelle bretonne,
—des falaises escarpées, des landes couvertes de maquis,
—les vignobles,
—le château, dont nous avons vu l'histoire, chapeauté de sa tour d'où le regard survole l'île tout entière, le grand large, les baies de Bandol, de Sanary, du Brusc, le Cap Sicié, le Bec de l'Aigle, le Cap Canaille, et par temps clair l'île de Riou, le massif de Marseilleveyre et le phare du Planier, qui balaie la nuit de son pinceau de lumière.
—Dans le nord de l'île un château fort, une ancienne batterie de Napoléon
La disposition des lieux a permis de construire le port à sec, d'où une extrême rationalisation des travaux.
Les techniques les plus modernes et les plus variées ont été employées. Les quais sont de types très divers suivant la nature du terrain : en bloc, en palplanches, à voile. Appontements d'un type nouveau utilisant la préfabrication intensive et réduisant le nombre de points d'appuis. Plage d'épanouissement pour éviter la réflexion de la petite houle provoquée par l'entrée trop rapide des bateaux dans le port (donc pas de phénomène d'interférences et plan d'eau toujours très calme).
Les travaux ont nécessité 110 000 m3 de terrassements, 50 000 m3 de dragages, 15 000 tonnes d'enrochements, 2 500 m3 de béton, 450 tonnes de palplanches, 100 tonnes d'acier, 70 tonnes de fers Gray.
Commencé en 1962, le port a été mis à eau le 1er mai 1963.
Depuis il a été créé aux Embiez un centre d'essais des bateaux, qui est mis à la disposition des constructeurs et importateurs depuis le 1er janvier 1964. Chaque année, la Fédération d'études et de sports sous-marins y organise la compétition internationale de chasse sous-marine.
Les quais sont dotés d'un équipement des plus complets et des plus modernes : slipway, d'une puissance de 70 tonnes, pouvant tirer successivement à terre plusieurs unités grâce à des voies de dégagement ; une grue de 25 tonnes, des ateliers d'entretien, de mécanique, de charpente et un magasin de pièces détachées.
L'ensemble des îles situées à l'ouest du Brusc: île du Grand-Gaou, îles des Embiez, île du Petit-Rouveau, de la Cauvelle et île du Grand-Rouveau, forment une barre rocheuse s'éloignant loin en mer et qui a occasionné, au cours des siècles, de nombreux naufrages.
Nous avons vu celui du torpilleur 102, en 1889, mais des fouilles effectuées par des plongeurs sous-marins ont permis de trouver :
—une galère romaine, chargée d'amphores, enterrée dans la vase,
—un navire datant de l'Empire, avec à son bord de la vaisselle à l'effigie de Napoléon, une statue en bronze, d'énormes ancres.
Pendant l'hiver 1965-66 un bateau italien pris dans la tempête se perdit sur un rocher à peu de distance du phare. Son chargement de marbre gît maintenant par le fond.
Tous ces faits montrent la prudence avec laquelle il faut naviguer dans ces parages, lorsque le mistral ou la largade soufflent avec force.
Depuis 1946 il existe également au Brusc un Centre d'Etudes de la Marine, qui procède à des mesures d'acoustique sous-marine. Ce laboratoire dispose ainsi, pour ses mesures de grands fonds dans la zone de Sicié, et utilise une vedette, un petit remorqueur et un chaland amarrés dans le port du Brusc.
Plus de 200 personnes travaillent au laboratoire, parmi lesquels une trentaine d'ingénieurs.
L'activité du laboratoire du Brusc comprend principalement :
—l'étude des transducteurs,
—l'étude des systèmes sonars,
—la mesure des bruits, bruits rayonnés émis par un bâtiment dans la mer, ou bruits parasites gênant l'écoute.
Cette activité, créée au Brusc, a permis d'utiliser une main-d'œuvre locale qui, jusque-là, avait peu de débouché sur place.
Le port du Brusc, qui reçoit lui-même l'été, près de 500 bateaux, est devenu trop petit pour les besoins des estivants et un projet d'agrandissement a fait l'objet d'une étude approfondie par la municipalité. Il sera vraisemblablement réalisé dans le cadre du V° plan.

Le Brusc, dont nous avons vu les origines gréco-romaines, est devenu une station ouverte au tourisme d'été.
Le long de ses quais se prélassent barques de plaisance et de pêche, voiliers, hors-bord. De nombreux cafés permettent aux touristes d'y contempler la paisible activité du port : l'arrivée des pêcheurs dans la matinée, l'évolution des voiliers, le départ ou l'arrivée des vedettes desservant les Embiez ou le beau bateau Le Cupidon, patron « Lucien », emportant des foules d'amateurs de pêche sous-marine, où de simples promeneurs voulant découvrir les beautés de l'île du Rouveau et de son phare.
Des touristes de tous pays viennent ici découvrir ce petit paradis, ses plages, ses calanques rocheuses et ses collines ombragées de pins.
Nous signalerons sur le port, près de la jetée, le bâtiment de la Prud'homie, tribunal maritime qui connaît les délits de pêche. Les prud'hommes sont élus par leurs pairs, ce qui donne à cette justice un caractère patriarcal ( La Prud'homie du Brusc n été séparée de celle de Sanary le 10 décembre 1871, par un décret signé par A. Thiers, président de la République. Il y avait alors 28 patrons pêcheurs. Auparavant, depuis la révolution jusqu'en 1820, les pêcheurs du Brusc dépendaient de la prud'homie de La Seyne, puis de 1820 à 1834 ils furent autonome, et ensuite, contre leurs grés, soumis à la juridiction de Sanary et de 1834 à 1871 ce furent des querelles incessantes entre les pêcheurs du Brusc et de Sanary (en particulier pour les postes de thonaïres).

De nombreuses promenades seront vites familières aux touristes, nous en décrirons une au hasard.
Nous prenons la rue Marius-Bondil, partant du quai, à côté de la poste et qui traverse les vieilles maisons de pêcheurs, avec leurs petites cours bien ombragées et parsemées d'engins de pêche.
Nous arrivons bientôt à droite à l'église construite en 1874.
Cette chapelle, succursale de Reynier à l'origine, fut érigée en église paroissiale en 1878.
Elle reste sous sa forme primitive pendant quelques années, puis, en 1890, est agrandie par les bas-côtés, et prend alors sa forme actuelle. En 1919, une plaque est érigée dans l'église en l'honneur des soldats morts pendant la guerre de 1914-18. Le nombre des paroissiens réduit en hiver augmente très sensiblement pendant les mois d'été et Le Brusc commence à prendre une grande extension pendant la période entre les deux guerres.
La première amélioration artistique eut lieu en 1941, où Mme Nadine Landowski-Chabannes réalisa les fresques du chœur. L'église étant érigée sous le vocable de saint Pierre, c'est sa figure qui revit sur ces cinq tableaux : le triptyque central s'encadre entre deux scènes évangéliques de pêche, comme il convenait à l'église du Brusc, terre des pêcheurs. Sur le mur de l'est, la vocation : « Je te ferai pêcheur d'hommes ». Sur le mur de l’ouest : « La pêche miraculeuse ».
Des trois fresques du centre, celle de gauche nous raconte le premier miracle de saint Pierre, lorsque après la mort du Christ, commence sa vie d'apôtre : « Le miracle du paralytique ».
La fresque de droite représente «la collation des Clefs ».
Enfin. la fresque centrale est consacrée au martyre de saint Pierre, sous le règne de Néron, le 29 juin de l’an 67.
Les compositions s'ordonnent de façon à alterner les compositions mouvantes et les lignes droites et calmes. Ces peintures à la fresque sont peintes sur un mélange de chaux et de sable frais On n'a pour peindre que le temps que met le mortier pour sécher. Il faut donc sur le mur travailler très vite, ce qui nécessite que l'artiste arrive avec des esquisses très poussées et une très grande préparation.
La bénédiction de ces fresques eut lieu le 12 avril 1942, en présence de Mgr Gaudel, évêque de Fréjus et Toulon.
Le 28 juillet 1951 l'on procéda à la bénédiction d'une deuxième cloche. Le parrain était M. Gondinet, la marraine Mme Camille Grangier. La cloche s'appelle : « Marthe-Marguerite », elle a été fabriquée par M. Blanchet, maître-fondeur à Bagnolet (Seine).
En août 1952 c'était l'inauguration d'un nouvel autel offert par M. Reydel et comportant sur le devant un superbe bas-relief : « La Mise au Tombeau », réalisé par M. Paul Landowski, sculpteur, membre de l'Institut.
Le 5 juillet 1953, M. le chanoine Ghio vint bénir les orgues électriques offertes par M. Wolbret, permettant de donner un cachet artistique aux grand-messes du dimanche et des jours de fête. La tribune dut être consolidée à cette occasion.
Le 25 août 1960, en présence de Mgr Mazerat et d'un grand concours de fidèles, était inauguré le nouveau Chemin de Croix peint par Françoise Landowski, sur de très grandes feuilles de contreplaqué disposées sur les murs des deux nefs latérales.
Nous continuons notre promenade par la route qui monte tout doucement, au travers de belles villas avec leurs jardins fleuris. Nous passons à gauche devant « La Brise des Pins », maison de repos et convalescence, agréée par la Sécurité Sociale et la S.N.C.F. et ouverte toute l'année aux dames et jeunes filles.
Bientôt nous avons une très belle vue sur les collines de Sicié, et leur face sud, avec les maisons du quartier de La Lèque disséminées au milieu des pins. Nous atteignons alors les falaises, au lieu-dit « Le Mont-Salvat ». La falaise est à pic, les pentes inaccessibles, abruptes, aux flancs desquelles s'accrochent, désespérément, en cascades folles, des pins rabougris dont les frêles rameaux se balancent dans le vide. Tout en bas, à environ cent mètres, la mer est d'une limpidité étonnante. Par mistral, le spectacle est grandiose, la pointe de Mouret s'avance dans la mer comme l'étrave d'un navire, toute recouverte à sa base de l'écume des vagues, qui se jettent à l'assaut des rochers.
Du « Mont Salvat » on peut continuer jusqu'au hameau de La Lèque, d'où un « sentier de chèvre » vous permet de descendre au vallon de la Fosse, plage de galets. A cet endroit, il y a quelques décades, on exploita des gisements de cuivre et des traces de galeries subsistent.
Mais revenons vers Le Brusc, en longeant la côte. Nous passons devant le Centre d'Eludés de la Marine, que les habitants du pays appellent « le Radar », avec ses nombreux bâtiments répartis sous les pins.
Notre chemin nous conduit, en longeant des villas bien ombragées, au lieu-dit « Le (Gros Pin », en souvenir d'un pin gigantesque aujourd'hui disparu. Nous prendrons, à gauche, une route bien ombragée, bordée de grandes propriétés aux murs malheureusement un peu hauts et nous débouchons à nouveau au bord de la mer, mais, cette fois, presqu'à son niveau.

C'est l'île du Petit-Gaou, reliée à la terre par une digue. L'île sert de parking, mais il faut aller à sa partie la plus au sud, au pied de la statue la « Vénus sortant des flots », d'où la vue est très belle sur la Méditerranée.
A l'Est, le cap Sicié nous apparaît dominé par Notre-Dame de Bonne Garde ; à l'Ouest, une île toute proche sert de camping.
Quel campeur n'a fait le rêve de planter sa tente dans une île de la Méditerranée, sur la Côte d'Azur varoise ! Quel passionné de la nature et de la mer n'a désiré un jour vivre l'existence d'un Robinson Crusoé moderne ! Le camping municipal du Gaou lui offre cette possibilité. Organisé dans une île accessible de la côte par un bac, il met malgré tout, à la disposition des campeurs, le maximum de confort. Il remplit les normes d'un camp de première catégorie.
Ici, pas de caravanes et pas de voitures qui doivent rester parquées à l'embarcadère, mais de l'espace autour des toiles, de l'ombrage, des plages de sable très sûres pour les enfants, des lieux de pêche, la possibilité d'avoir avec soi son bateau. Ce sont, entre autres, les qualités qui font le succès du camping municipal qui, chaque année, connaît une affluence plus grande. On a enregistré, en 1964, 34 000 journées de campeurs, en augmentation de 15 °/a sur l'année précédente. Le camping, ouvert toute l'année, commence à recevoir des visiteurs dès les vacances de Pâques, et les mois de mai et juin sont choisis particulièrement par les Allemands.
La lecture du Livre d'Or est particulièrement édifiante quant aux raisons de ce succès : tranquillité, sécurité, plaisir de la pêche, joie des baignades, accueil aimable, reviennent souvent dans les appréciations toutes flatteuses.
Revenons au Brusc par la belle route en corniche. Nous avons de l’autre coté du bras de mer, à eau peu profonde, l'île des Embiez s'étalant sur toute sa longueur depuis,au Sud la pointe du Cougoussas et son belvédère, le château et sa tour et au Nord l'île de la Tour Fondue.
Nous longeons le port en cours d'agrandissement (1966) et retournons sur le quai à notre point de départ.

L'île principale est reliée au port du Brusc par un service régulier de bateaux, dont l'horaire est affiché à l'embarcadère qui a été inauguré le 13 juillet 1962.
Apres avoir franchi la passe entre les deux jetées, on découvre toute la côte : vers l'Est, la colline de Six-Fours, puis successivement, au Nord : Les Lônes, Sanary, Bandol avec, en arrière-plan, les collines du Gros-Cerveau et plus en arrière la Sainte-Baume.
Après un parcours d'une dizaine de minutes nous accostons au port Saint-Pierre-des-Embiez
Les Embiez, l'île idéale pour l'amateur de yachting et de motonautisme, avec ses petites calanques lumineuses et ses vastes pinèdes odorantes, constituent pour les bateaux de plaisance un merveilleux abri naturel.
Grâce à tous les aménagements et à la présence d'un yacht club, des manifestations nautiques de grande envergure sont organisées, et font de l'île des Embiez un centre mondial de motonautisme et de voile.
D'importantes concentrations internationales de bateaux à moteur, avec de spectaculaires épreuves de vitesse, de maniabilité telles « La Grande Croisière » et « Les Embiez Power Party » lui ont acquis une réputation qui dépasse largement nos frontières.
Sur l'île vous trouverez :
—Le château avec son confort et son panorama.
—Les oustalets et les villas-clubs aménagés de couchettes superposées permettant de passer d'agréables vacances pour des prix raisonnables.
—Un snack ouvert à l'intention des plaisanciers désirant déjeuner rapidement.
—Pour les fins gourmets, le restaurant gastronomique du château.
La plus grande partie de l'île, laissée à l'état naturel, permet aux touristes de faire de magnifiques promenades et leur donne l'impression d'être en plein cœur de la Provence.
Il ne faut pas manquer de visiter :

—dans l'île de la Tour Fondue, les restes de la tour dite phocéenne (cette île a, au cours des siècles, porté les noms de « Runzels », de la « Plumasse », puis de la « Tour Fondue »). Cette tour, de 16 mètres de diamètre à la base, avait des murs de 4 mètres d'épaisseur et une hauteur de 40 mètres paraît-il; elle se serait écroulée en 1644, au cours d'un tremblement de terre ;
—dans la partie est de la même île, le puits dit « d'André Doria ». Il s'agit d'un puits contenant une eau diurétique. Elle possède, au point de vue chimique, les caractères d'une eau sulfatée, calcaire assez dure. On sait qu'en août 1536, André Doria vint avec ses galères génoises prendre de l'eau thermale aux Embiez, lors de l'invasion de la Provence par Charles-Quint. (André Doria (1466-1560), génois, habile condottiere, François Ier le nomma général des galères de France, mais, après 1528, il passa au service de Charles Quint).
En 1631, le savant provençal Peiresc vint également y faire une cure.
En tout cas, l'eau de ce puits a été utilisée pendant des décades par les habitants du Brusc qui n'avaient que ce puits pour s'alimenter.
—Le belvédère de la pointe sud (64 m) du Cougoussas, d'où l'on a une vue splendide sur la mer. On découvre de ce point, le cap Sicié et toute la côte vers le large.
—La terrasse du château, beau point de vue sur la rade du Brusc et de Sanary et la tour crénelée.
—La batterie Saint-Pierre à la pointe nord de l'île, utilisée par Bonaparte au moment du siège de Toulon, elle fut désarmée vers 1885. Elle contient actuellement une chapelle et un musée.
Gagarine est venu, en 1965, faire du ski nautique dans le port des Embiez, au cours d'un voyage en Provence.
Pour les touristes ayant un bateau, qu'ils désirent laisser au Brusc l'hiver, il est bon de savoir que le gardiennage des bateaux est assuré par la Société Garlaban, qui est en mesure de recevoir, dans l'île, les bateaux que les propriétaires voudront bien lui confier.
Pour se rendre au Rouveau les touristes peuvent employer le Cupidon qui, en une demi-heure, fait la traversée. Ils peuvent d'ailleurs pêcher librement sur les côtes de l'île.
Cette île avait été achetée en 1652 par le seigneur Julien de Boyer, seigneur de Bandol, puis elle devint propriété de la commune. En octobre 1859, l'Administration des Ponts et Chaussées en fit l'acquisition pour le prix de 2 700 francs, en vue d'y élever un phare. Ce phare à éclipse, dont la base est à 15 mètres au-dessus du sol, se dresse à 46 mètres de hauteur. Il est à feu blanc, visible à 20 milles (soit 37 kilomètres).
Il protège les navires des nombreux récifs qui existent à l'ouest des côtes des Embiez, dont deux sont balisés par une tourelle : les Magnons et la Casserlane.

Une excellente route dessert actuellement toutes les plages qui se suivent tout le long de cette promenade :

Plage du Cros : la plus ancienne, pratiquement la seule pour les estivants du Brusc, avant la guerre de 1939. Malheureusement la mer a rongé, petit à petit, la côte, ne laissant aux baigneurs qu'une bande étroite.

Plage du Rayolet : plus étendue, au pied d'un nouveau lotissement « Le Mistral ».

Plage de la Coudoulière : grande plage qui dessert facilement tous les quartiers de l'intérieur : Reynier, Guigon, Talian, dont elle est la plus rapprochée.

Plage de Bonnegrâce : la plage de sable fin par excellence, avec toute sa suite d'établissements, cafés, snack-bars. permettant, après les ébats nautiques et les séances de bains de soleil, un repos bénéfique.
Toutes ces plages sont séparées entre elles par des pointes formant de petites criques où l'amateur de pêche sous-marine peut s'en donner à cœur joie.

La plus importante est la pointe du cap Nègre, ainsi appelée parce qu'il s'agit d'une coulée volcanique, qui est surmontée par une vieille batterie encore intacte. Elle fut utilisée par Bonaparte au cours du siège de Toulon, pour se garder d'un débarquement possible des Anglais.

L'usine de la Coudoulière appartient à la Société des Tuileries Romain-Boyer, de Marseille. Créée en 1910, elle a connu son plein rendement après la guerre de 1914, A cette époque, 250 personnes y étaient employées, car tout alors s'y faisait à la main : la carrière à elle seule utilisait de 50 à 60 hommes. La modernisation a réduit le personnel à 130 personnes environ. La production importante de briques, tuiles, est écoulée presqu'en totalité dans la région méditerranéenne.