LETTRE OU
EPITRE A MESSIEURS LES MAIRES ET CONSULS DE SIX-FOURS ET DE LA SEINE :
SON
ETYMOLOGIE, TIREE DE CINQ VILLAGES QUI ETAIENT AU LONG DE LA COTE DE LA
MER :
FORME DES
BATIMENTS ANCIENS DU LIEU :
SON
CHATEAU, SA FORME, ET LE TEMPS QU’IL ETAIT ENCORE EN ETAT :
ANCIENNETE
DE SIX-FOURS DEVANT LA NAISSANCE DE JESUS CRIST :
JUSTIFIEE
PAR LE GRAND CARTABLE DE SAINT VICTOR :
HISTOIRE
DE LA FONDATION DES VILLES DE GAULLE :
EXPLICATION
DES DROITS SEIGNEURIAUX :
LA
TROISIEME PARTIE DE SIX-FOURS APPARTENAIT AUX VICOMTES DE MARSEILLE, AVEC
DIVERSES TERRES :
DONATION
DE GAUFREDE, VICOMTE DE MARSEILLE, A L’ABBE :
DONATION
FAITE PAR HUGUES GAUFREDI ET SA FEMME DULCINE, A L’ABBE :
ADRIAN;
PAPE, PAR SA BULLE, CONFIRME LA DONATION :
GREGOIRE,
PAPE, PAR SA BULLE, LA CONFIRME : 24
RECONNAISSANCE
DE AMADINUS, ABBE, DE LA TERRE OU CHATEAU DE SIX-FOURS ET AUTRES PLACES :
DONATION
DE BERTRAND, COMTE DE PROVENCE, A L’ABBE :
RELATION
DE LA PROCEDURE QUI FUT ENSUITE FAITE :
ACHAT DES
TASQUES ET DEMI TASQUES AVEC PERMISSION DE FAIRE DES MOULINS A HUILE :
ACHAT DES
TERRES DES TERRES DES PALLUNS :
SECONDE
TRANSACTION QUI CONFIRME LA PREMIERE :
TROISIEME
TRANSACTION SUR LE MEME SUJET :
TEMOINS
VUS PAR LES COMMISSAIRES APOSTOLIQUES :
ORDONNANCE
DE NOMINATION D’EXPERTS :
CONCLUSIONS
DU PROCUREUR DU ROI :
SENTENCE
DE CONFIRMATION DES TRANSACTIONS :
ARRET DE
LA COUR DU PARLEMENT D’HOMOLOGATION DE LADITE SENTENCE :
ARRET DE
LA DITE COUR QUI DEBOUTE LE SEIGNEUR DE FRANCHIPANI, ABBE, DE SA DEMANDE :
ARRET DE
LADITE COUR, QUI DEBOUTE SON ALTESSE MONSEIGNEUR DE VENDOME DE SA
DEMANDE :
QUITTANCE
DE MIL ECUS, QUE LA COMMUNAUTE S’OBLIGEA AU SEIGNEUR ABBE, PAYEES AU RECEVEUR
DU DIXIEME :
JUGEMENT
QUI DECHARGE LA COMMUNAUTE DU HUITIEME DENIER :
JURIDICTION
A RAISON DE LA LAIDE (LEYDE) AU BORD DE LA MER, ET DES DROITS D’ICELLE :
PROCEDURES
QUI JUSTIFIENT QUE LE SEIGNEUR ABBE A JURIDICTION SUR LA MER :
ACHAT DE
LA JURIDICTION HAUTE ET BASSE :
TRANSACTIONS
PASSEES A RAISON DES MAISONS BATIES SUR LES REGALES :
PROCES
INTENTE PAR LA COMMUNAUTE A RAISON DES REGALES :
ARRET DE
LA COUR RENDU EN CONSEQUENCE :
RAPPORT DES
LIMITES DES REGALES :
CHANGEMENT
D’UNE PARTIE DU LIT DE LA RIVIERE DE REPE ET LA TRANSACTION ENSUITE
FAITE :
GARDE DU
CAP DE SICIECH FORT ANCIENNE :
COMBAT AU
TERROIR CONTRE LES SARRASINS :
FRANCHISE
DES DROITS DE PEAGE :
SAUVE
GARDE DE PLUSIEURS GOUVERNEURS : 54
AFFOUAGEMENT
DES COMMUNAUTES :
TRANSACTION
PASSEE AVEC MESSIRE JULIEN, ARCHEVEQUE DE MEDICIS :
MOULINS
ARRENTES AVEC LA VENTE DU BLE :
VENTES
DES MOULINS AVEC RETENTION DE LA DIRECTE :
DEUX
TOURS DE MOULIN COMMENCEES AU COLLET DE GOUDAY SONT A LA COMMUNAUTE :
MOULINS A
HUILE APPARTENAIENT A LA COMMUNAUTE :
FOURS :
COMPTE DE CE QUE CHACUN DES PROPRIETAIRE Y PARTICIPENT :
FOURS :
EN QUEL TEMPS ONT ETE BATIS :
SALINS
DES EMBIERS : TRANSACTION ET ACTES PASSES A RAISON DE L’ILE DES
EMBIERS :
PERMISSION
ACCORDEE PAR LE SEIGNEUR EVEQUE DE TOLLON POUR LA PECHE :
PROCES,
AVEC ARRET POUR RAISON, DU PRIEURE DE ST MANDRIES :
DIFFERENCE
DU REVENU ANCIEN DES DROITS SEIGNEURAUX DE CEUX DU PRESENT :
VINGTAIN
IMPOSE SUR LES FRUITS :
AUTRE
VINGTAIN IMPOSE SUR LES FRUITS : 73
DIXAIN
IMPOSE SUR LES FIGUES :
ARRET QUI
DECLARE LES TAILLES VIEILLES :
RAPPORT
DU BLE PERCU A SIX-FOURS ET DU PRIX D’ICELUI :
ORDRE DE
PORTER DES VIVRES A L’ARMEE TURQUESQUE :
ORDRE DE
FOURNIR D’HOMMES POUR LE SERVICE DU ROI :
ORDRE
POUR L’AVITAILLEMENT DES PLACES AVEC LE REGLEMENT DE CE QUE LES COMMUNAUTES
DOIVENT FOURNIR :
PERMISSION
DE TENIR D’ARMES ACCORDEE PAR PLUSIEURS GOUVERNEURS :
ORDRE DE
PRENDRE LES ARMES, TOUS LES ANS, LE JOUR DE ST JEAN :
PERMISSION
DE PORTER LE CHAPERON :
MARCHE
ACCORDE TOUS LES JEUDI :
DROIT
D’ANCRAGE MAL PRETENDU PAR LA COMMUNAUTE DE TOLLON AU PORT DE LA SEINE :
IMPOSITION
FAITE SUR LE NEGOCE DE LA MER :
PETOUA :
PETIT OISEAU PRESENTE EN HOMMAGE AU SEIGNEUR, AVEC SON EXPLICATION :
DIFFERENCE
DU PRIX ANCIEN DES DENREES AVEC CELUI DU PRESENT :
BATISSE
DE LA BOUCHERIE ET HOPITAL :
L’HORLOGE :
PRIX FAIT DU DOME OU CAISSE :
NOUVELLE
BATISSE CONTINUEE ET BARRICADES : 85
ASSOCIETE
POUR LE NEGOCE DE LA MER :
PRISONS
DEMANDEES PAR LA COUR :
VAISSEAUX
TURCS A LA COTE DE SIX-FOURS :
LOGES OU
GARDETTES FAITES A LA COTE DE LA MER :
VAISSEAU
ARRIVE AVEC LA CONTAGION ET PROCEDURE FAITE PAR LES INTENDANTS DE
SIX-FOURS :
ARRET DE
LA COUR QUI REGLE LE DROIT D’ENTRER :
CONTAGION
ARRIVEE A SIX-FOURS :
IMPOSITION
SUR L’ENTREPOT DU VIN ETRANGER : 93
LA
HALLE : LE TEMPS QUELLE A ETE FAITE :
DESPARLEMENT
DES DETTES DE LA COMMUNAUTE A SES CREANCIERS :
DERNIERE
BATISSE DE L’AUGMENT DE SIX-FOURS QUI EST LA BOUCHERIE ET L’HOPITAL :
FORAINS :
TRANSACTION QUI REGLE LEUR CONTRIBUTION :
FORAINS :
ARRET QUI LES REND CONTRIBUABLES A TOUTES CHARGES :
VALLAT DE
BERTHE : DE LA MANIERE QU’IL DOIT ETRE :
FONTAINE
DU CROTTON : SON CHEMIN ET PATEC :
CHEMIN DU
NEGADOU : SON REGLEMENT :
CHEMIN DU
GOURG POURRIT : SON REGLEMENT :
SICIECH :
BOIS DE LA MONTAGNE VENDU :
PUIT DU
QUARTIER DU MOULIN, PROCHE LE LIEU :
DOCTRINE
FONDEE A LA PAROISSE ET A LA CHAPELLE DU TERROIR :
FONDS :
LOGE POUR LES PAUVRES DE LA MISERICORDE :
LA
PAROISSE DE ST PIERRE A ETE LA SEULE DE S-F :
FONDATION
DE LA CONFRERIE DE CORPUS DOMINI :
FONDATION
DE LA CONFRERIE DU ST ROSAIRE :
AUTEL STE
CATHERINE : SOMMATION POUR LE FAIRE RETABLIR :
PREDICAT
DE L’AVANT CAREME DE LA NOMINATION ALTERNATIVE DES SEIGNEURS EVEQUES ET DU
CHAPITRE :
PRIX FAIT
DE DORER LEDIT RETABLE :
PRIX FAIT
DU RETABLE ET DU DORE DE L’AUTEL DU PUGATOIRE :
BULLE
POUR LES CLEFS DE ST PIERRE :
CHASSE
D’ARGENT DE ST PIERRE :
IMPETRATION
DE LA CHAPELLANIE NOTRE DAME DE CORTINES ET L’ACTE DE CONCARDAT ENSUITE
PASSE :
DECRET DE
MONSEIGNEUR L’EVEQUE DE CONFIRMATION DU CHAPITRE :
BULLE DE
MONSEIGNEUR LE VICE LEGAT QUI LE CONFIRME :
CŒUR OU
BANQUERE DE L’EGLISE :
FONDATION
DE L’OCTAVE DES MORTS :
FONDATION
DE L’OCTAVE DU SAINT SACREMENT : 111
PRIX FAIT
DE SUR DORER L’AUTEL DE ST JOSEPH :
LA GRANDE
CROIX D’ARGENT : SON PRIX FAIT :
NOTRE
DAME DE CORTINES : SON ANCIENNETE :
PRIX FAIT
DU RETABLE DE L’AUTEL :
PRIX FAIT
DE SUR DORER LEDIT RETABLE :
FONDATION
DE LA CHAPELLE ST ROCH :
FONDATION
DE LA CHAPELLE ST ELME :
FONDATION
DE LA CHAPELLE STE CROIX :
FONDATION
DE LA CHAPELLE STE ANNE :
FONDATION
DE LA CONFRERIE DE STE BARBE AGREGEE A LA CHAPELLE STE ANNE :
FONDATION
DE LA CHAPELLE NOTRE DAME DE PEPIOLE :
FONDATION
DE LA CHAPELLE ST JEAN :
FONDATION
DE LA CHAPELLE STE CECILLE DANS L’ILE DES EMBIERS :
FONDATION
DE LA CHAPELLE NOTRE DAME DE BONNE GARDE SUR LE CAP DE SICIECH :
FONDATION
DE NOTRE DAME DE SANTE :
FONDATION
DE NOTRE DAME D’ABONDANCE :
FONDATION
DE LA CHAPELLE DE ST MARTIN :
FONDATION
FORT ANCIENNE DE LA CONFRERIE DU ST ESPRIT, SUPPRIMEE :
SAUVE
GARDE POUR LA TROISIEME FOIS DONNEE PAR MONSEIGNEUR LE DUC DE GUIZE :
DENOMBREMENT
DES HAMEAUX OU BASTIDES :
DENOMBREMENT
DES ANCIENNES FAMILLES :
SOBRIQUETS
QUE LES FAMILLES SE SONT IMPOSES POUR SE DISTINGUER :
LE
CHAPERON VIOLET AVAIT ETE ACCORDE PAR MONSEIGNEUR DE GUIZE EN 1610 :
DELIBERATIONS
DU CONSEIL QUI REGLE LES PEINES MUNICIPALES POUR LA GARDE DU TERROIR :
RUBRIQUE
DE L’HISTOIRE DE SIX-FOURS :
DENANS :
Histoire de Six-Fours et de
A Messieurs les Maires,
consuls et habitants des lieux de Six-Fours et de
Il n’y à personne qui puisse
ignorer que par la révolution du temps, il n’arrive souvent de fâcheuses
affaires aux communautés, et qu’il y a fort peu de personnes, pour ne dire
aucun, qui sache bien par quel endroit on peut se défendre, singulièrement lors
que les recherches viennent des droits anciens. Les communautés n’étant que
trop négligées pour porter les administrateurs à tenir registre des principales
mémoires de tout ce qui leur arrive, pour y avoir recours lors que le cas le
requiert.
C’est ce qui m’a fait prendre
la résolution, me servant d’une assez heureuse mémoire, que par la bonté de dieu,
j’ai eu, et de la recherche que j’ai fait des anciens et nouveaux documents de
vos communautés, de vous présenter ce petit ouvrage que j’ai composé uniquement
pour le bien et avantage d’icelles et que les habitants qui les composent en
pourront tirer. Je dois avouer de bonne foi, de n’avoir pas fait un ouvrage
accompli. Tout ce que j’ai oublié de mettre n’étant pas venu à ma connaissance.
J’espère qu’on me fera justice de ne me pas condamner. On ne trouvera pas non
plus que le langage et la manière dont j’ai couché tous les articles, soit fort
pur et exact. En quoi on peut aussi m’épargner puisque je ne suis pas homme
d’études, je me suis contenté de m’expliquer en sorte que toute puisse le bien
comprendre. Tout ce qui me peut flatter, c’est que je n’ai rien rapporté qui ne
soit véritable et justifié par de bonnes pièces.
Vous y trouverez, à l’égard
de S-F, son étymologie, la forme de ses bâtiments et de son château, la seconde
ou nouvelle bâtisse du lieu, son église, son ancienneté prouvée par divers
auteurs, les droits seigneuriaux, les donations faites par les Comtes de
Provence ou les Vicomtes de Marseille à l’abbaye de St Victor, avec les bulles
des papes de la confirmation, la donation faite par
Si j’avais pensé , dans le
temps que je commençais de prendre quelques connaissances des affaires de la
communauté de S-F, et si j’avais suivi l’inclinaison que j’ai toujours eue, de
m’instruire de son ancienneté et de son origine, et de tout ce qui est arrivé
de plus mémorable, j’aurai apparemment pu donner et mettre au jour de belles
remarques, tant au sujet des droits et privilèges de la communauté, que de ce
qui pourrait satisfaire la curiosité du lecteur, mais n’y ayant jamais pensé
que depuis le commencement du mois de juillet 1708, étant âgé de 73 années huit
mois, j’ai craint de rendre un singulier service aux habitants, tant dudit S-F,
que à ceux de
Je dis donc que S-F est un
village bâti sur un coteau d’une haute colline, éloigné d’une lieue et quelque
chose de plus de la ville de Tollon (Toulon), étant du diocèse, de la viguerie
et du ressort de ladite ville. Bâtie presque au mitan (milieu) de son terroir,
lequel avant la séparation du lieu de
*Obvier : obtenu par
actes
On a toujours cru que ce mot
de Six-Fours lui fut donné à cause que, dans sont terroir, il y avait six
villages.
Le premier desquels est celui
de Six-Fours, qui a toujours existé, comme étant le plus considérable, les
autres étaient autour du terroir et au rivage de la mer, savoir :
Le second au quartier du
Peiron, proche dudit
Le troisième était au
quartier du Crotton, dit autrefois
Le quatrième était au
quartier du Brusq, appelé autrefois le port de Marzan.
Le cinquième, sur une petite
éminence appelé Cap Nègre, qui est entre
Le sixième et dernier était
au bout du terroir, du côté du couchant (ouest), quartier de
On a aussi toujours cru que
tous ses quartiers ont tiré leurs noms des villages qui y étaient.
Il y a une opinion qui
paraît assez probable, qui est que les Grecs ou fossances étant venus d’Asie,
habitant à Phocée, abordèrent
Ce qui est si trivial, que
tous les habitants de
A celui du Crotton, il y a
encore divers vestiges d’une quantité de fondements de maisons qui traversent
le chemin de la fontaine dudit quartier. Et ce qui justifie encore mieux que,
audit quartier, il y avait un village, c’est que l’année 1707, Louis Guigou, à
feu Estienne, dit Peirolle, possesseur d’une pièce située du côté du couchant
dudit chemin et de la fontaine, voulant y faire une bastide, trouva en ouvrant
les fondements de ladite bastide, des murailles à chaux et sable, d’une
épaisseur et profondeur assez grande qui étaient sans doute les fondements des
maisons. Lesquelles murailles, avec peine, il put les rompre, étant fortement
cimentées. Des pierres desquelles murailles et de diverses autres qu’il
découvrit à son fond, il fit bâtir sa bastide. Qu’il y a dans ladite pièce, à
ce qu’il a dit, divers autres fondements de murailles de maisons, même un
canal, bâti pour la conduite des eaux dudit quartier vers ladite fontaine.
Celui du Brusq paraît par
plusieurs vestiges des murailles des fondements des maisons qui traversent le
chemin qui va aux magasins dudit quartier. Et encore par une partie d’un fort
qu’on appelait
Cette citadelle était dans la
terre qui est présentement possédée par le nommé Joseph Lafont, par lui acquise
des hoirs de Jean Curet dit Loup, étant du côté de ponant assez proche de
la mer. Laquelle, suivant le dire de la veuve de Jean Curet et d’Anthoine
Curet, son fils, était carrée d’environ 12 cannes (une canne = 2m)de long et
autant de large.
De ceux du cap Nègre et de
Il est très véritable que S-F
a été bâti en deux divers temps. Le premier, qui est fort ancien, est tout ce
qui (qu’il) contient depuis la porte de l’horloge, qu’on appelait le grand
Portal, tirant au couchant, lequel fut entouré et clos de très bonnes murailles
d’une épaisseur fort grande et fort élevée, toutes bâties sur le rocher,
terrassées par dedans. Toutes lesquelles sont encore en état, y en ayant
néanmoins, à quelques endroits, en partie démolies. Mais la réparation ne
serait pas d’une grosse dépense. De manière que, du côté du levant, il n’y
avait aucun bâtiment, à la réserve de l’église paroissiale, et à présent
collégiale, sous le titre de St Pierre, qui était par ainsi dehors le village.
Laquelle fut bâtie longtemps
après la fondation du lieu, à la façon de celle des templiers, c’est à dire en
croix, ayant le maître-autel, qui est celui qu’on appelle présentement St
Pierre le vieux, du côté de levant, et deux chapelles qui forment la croix. Une
étant sous le titre de Ste Catherine, où est à présent Notre Dame du Mont Carmel
et l’autre de St Alloi (Eloi), qui existe encore, et son clocher à quatre
cloches. Laquelle église était toute bâtie par dedans et par dehors, aussi bien
que les voûtes, avec des pierres de taille dures.
Il y avait aux murailles du
village, trois portes. Savoir, celle dessous l’horloge, celle proche
l’auditoire du Greffe, et une qui aboutissait presque au plus haut du village,
prenant son entrée à la rue qui est au-dessous la halle de la chapelle Ste Anne
des frères pénitents bleus, tirant à droite ligne au grand four. Laquelle a été
bouchée depuis plusieurs siècles, à la place de laquelle fut ouvert, il y a
longtemps, un grand trou en forme de porte, à la muraille de la grande place ou
jeu de ballon, et au bout d’icelle, du côté de midi (sud), qu’on appelle le
trou de l’Esperon (l’éperon). Mais parce qu’à cet endroit la rue par dedans se
trouve plus élevée de la place d’environ trois cannes, pour y pouvoir monter,
fut bâti, tout proche les murs, une muraille, au moyen de laquelle, et du
remplissage qui fut fait entre ladite nouvelle muraille et celle du lieu, fut
fait un chemin ou rue. En montant par lequel, on peut aller assez commodément
entrer, par ce trou, dans le village.
Au plus haut du lieu, il y
avait un château qui n’était dominé d’aucun endroit. Les murailles duquel, qui
paraissent encore, y en ayant même une partie qui ont toute leur élévation,
sont d’une grande épaisseur, toutes bâties sur le rocher et terrassées par
dedans, étant par ainsi très fort.
Et ce qui le rendait d’autant
plus fort, c’est qu’il n’avait qu’une seule porte pour son entrée, qui était du
côté de levant, et beaucoup élevée de la place. En sorte que, pour y entrer,
fut fait une montée par un chemin couvert au moyen d’une muraille, du côté de
midi, qui contournait ladite montée, tirant au septentrion. Auquel côté, ladite
porte était défendue par une tour ronde et qui était plus avancée vers levant
que ladite porte, de manière qu’icelle ne pouvait pas être aperçue qu’en
montant et contournant le pied de la dite tour, le susdit chemin couvert qui
conduisait à icelle. Tout cela paraît encore par les vestiges qui y ont restés.
Ce château était encore dans son entier en l’année 1546, ce qui apert par un
acte d’arrente des droits seigneuriaux, passé par Messire Anthoine Attrochinir,
docteur en droit, vicaire et procureur général de Monseigneur Augustin, par la
grâce de Dieu, diacre de St Adrian, cardinal de Triultis, abbé de St Victor, à
Barthélémy Pairan, d’Ollioulles, reçu par Maître Jean Rainbert, notaire royal
du lieu d’Oriol (Auriol). Par lequel, ledit Pairan, en autres, s’obligea de
maintenir le toit ou taullice dudit château, en sorte qu’il ne pu pleuvoir
dedans icellui, ainsi qui (qu’il) est dit si après à folio 165.
La seconde bâtisse du dit
S-F, qui a été faite très longtemps après la première, n’ayant pas encore deux
siècles, consiste à toutes les maisons qui sont du côté de levant de la rue,
qui tire depuis la porte du mollin (moulin) jusqu’à celle de St Roc, et à
toutes celles qui sont au-dessous et au faubourg, appelé bourgade. Pour la
vérification de cette vérité, Maître Jean Martinenq, âgé de 80 ans, a assuré
que feu sieur Anthoine Martinenq, son aïeul, qui vivait au commencement du
dernier siècle, étant décédé en 1610, avait fait bâtir sa maison, qui est au
mitan de la place ou jeu de ballon, étant certain que ladite maison a été faite
des première de la nouvelle bâtisse.
D’ailleurs, feu Sieur Arnaud
de Lombard, mon bisaïeul maternel, qui vivait en 1566, fit bâtir une maison à
ladite place, au dessous de la rue de l’horloge. Qui est celle que feu Maître
jean Daniel, mon aïeul maternel, a possédé, et la même que j’ai vendu à Honoré
Aycard. Du coté de septentrion de laquelle, il n’y avait pour lors, aucune
maison. Et c’était une grande place qu’on appelait la place de l’église. Ce qui
justifie cette vérité, c’est que sieur Honoré Vidal, ayant fait bâtir une
maison, du coté de septentrion de celle dudit sieur Lombard, il lui en paya le
droit de cave par quittance publique que j’ai justifié. D’autre part, que le 21
avril 1618, les consuls de S-F firent achat, d’Anthoine et Michel Vicards,
frères, à feu Louis, leur portion d’une maison située audit lieu et quartier du
Mollin (moulin), à laquelle a été fait la boucherie. Apert de l’acte reçu par
Maître André Denans, notaire, ainsi qu’il est porté, par la quittance de
Il y a plusieurs autres
justifications pour faire voir que la nouvelle bâtisse du lieu, n’a qu’environ
un siècle et demi.
Cet agrandissement ou
nouvelle bâtisse a été close et fermé en partie par des murailles, et l’autre
partie, les maisons servent de murailles pour le fermer. Lesquelles murailles
furent faites aux frais de la communauté, environ l’année 1633, par ordre de
Monseigneur le Maréchal de Vitry, pour lors gouverneur de Provence, qui sont
d’assez petite considération, auxquelles on laissa trois portes, qui
sont : celle de St Roc, celle du Mollin et celle qui va à Tollon, appelée
la porte de Noradon.
Etant, par ce moyen, les
habitants des bastides, à la réserve de ceux du quartier des Playes, obligés
d’entrer par la porte de St Roc ou par celle de Tollon, en contournant du côté de
levant, la nouvelle muraille, pour entrer à ladite porte. Mais cette
incommodité ne dura pas longtemps, car en l’année 1638, fut ouvert la porte du
plan bas de la bourgade. On avait auparavant, et à mesure qu’on agrandissait le
lieu par les maisons de la bourgade, fait deux portes pour se fermer, qui
sont : celle joignant la chapelle de Ste Croix et celle proche la porte de
Tollon. En sorte que, qui voudrait entreprendre de se rendre maître de l’ancien
village du côté de la bourgade, faudrait (devrait) forcer et prendre quatre
portes et trois retranchements, formés par trois murailles, qu’on appelle
barbacanes.
Il est constant que S-F est
au nombre des plus anciens villages de Provence. Il y avait une pierre bâtie à
la muraille d’une maison, dans l’ancien village, à laquelle étaient gravés des
caractères, que j’ai toujours ouïe dire, depuis mes jeunes ans, qu’elle
expliquait le temps de la fondation du lieu. Mais on a jamais su expliquer, qui
soit venu à ma connaissance, ce que ces lettres ou caractères contenaient.
Cette pierre a paru jusque environ l’année 1675, que par la négligence ou le
défaut de gens curieux, fut abattue et par conséquent perdue.
Environ l’année 1660, j’ai
copié sur un papier les susdits caractères, que j’ai conservé un très long
temps, mais ce mémoire a été égaré parmi mes anciens papiers.
L’ancienneté de S-F peut être
tirée de celle de la ville de Marseille, ainsi que divers auteurs, qui seront
rapportés ci-après, le justifient. Ce qui est comparant par ce qu’on en sait
par tradition, que S-F a été fondée par les fossances.
Il faut remarquer que les
fossans, habitants à Phorée, ville de l’Iuonie, à l’Asie mineure étaient dans
un terroir si maigre et de si petite étendue, qu’ils ne s’amusaient guère à le
cultiver, et ils aimaient mieux s’occuper à la navigation pour le commerce, et
le plus souvent pour le course, auquel ils avaient extrêmement bien réussi. Si
bien qu’un jour, ils abordèrent avec quelques vaisseaux à l’embouchure du Rosne
(Rhône). Où, ayant remarqué curieusement la fertilité du lieu, ils conçurent
aussitôt de bâtir une ville. Et étant de retour chez eux, ils racontèrent à
leurs compagnons les avantages de ce pays. Et sur leur rapport, plusieurs ayant
dressés une flotte pourvue de tous ce qui pouvait être nécessaire à leur
dessein, vinrent heureusement surgir en Provence, qu’on appelait pour lors la
terre des Salluns, et ayant leur permission du roi Senan, qui demeurait à Arles,
bâtirent la ville de Marseille, du temps de Tarquin surnommé Priscus, roi des
romains. Environ l’an 4601 après la création du monde, suivant le sentiment
d’Uzobe, et 597 ans avant la naissance de Jésus Christ, si on s’en tient à la
supputation de Gasserus.
Ces nouveaux habitants ne
tardèrent pas longtemps de reconnaître tous les lieux qui leur pourraient
servir de port, le long de la côte de la mer, pour s’y retirer au temps des
tempêtes, et pour y bâtir des villes pour leur assurance. Et ayant trouvé un lieu
propre, qu’on appelai anciennement port Marzan, et aujourd’hui le port du
Brusc, ils y bâtirent quelques huttes qui servaient d’asile aux pêcheurs,
pendant les tempêtes ou lors qu’ils appréhendaient la surprise les corsaires.
Desquels néanmoins, ayant été souvent maltraités et surpris, et considérant les
moyens de s’en garantir, ils bâtirent sur le coteau d’une haute colline,
distante de la mer du coté de levant et du couchant, d’environ trois quart de
lieue, et un fort avec quelques maisons. Et en même temps, ils en bâtirent cinq
autres au bord de la mer, qui furent les villages ci-devant mentionnés à folio
4. Avec des forts, qui étaient comme des tours, desquelles ils pouvaient
découvrir de loin leurs ennemis, et qui servaient de retraite à ceux qui étaient
trop distants et éloignés du village, dont on voit encore quelques vestiges et
masures.
Et c’est de là qu’on croit
que le nom de S-F fut donné à ce lieu, qui était le plus fort que tous les
autres et le plus assuré, tant par sa situation que par ses fortes murailles.
Comme en effet, il fut choisi comme un phare, pour servir de retraite assurée à
ceux qui, dispersés à la plaine, y cultivaient les terres, pour éviter les
fréquentes insultes, ravages et hostilités des sarrasins, maures, turcs et
autres barbares.
Ce lieu est naturellement
fort, n’ayant dans le temps de son établissement, s’il faut croire l’auteur de
l’Histoire, ci-dessus allégué, qu’une porte. Ce qui n’est pas conforme à ce que
divers autres auteurs ont écrit et à l’aspect du lieu, lequel fut clos de très
bonnes murailles où il y avait trois portes, ainsi qu’il est démontré
ci-devant, à folio 9.
Dans la suite du temps, la
peuplade de ce lieu s’augmenta si fort, qu’elle ne pouvait plus être contenue,
ni vivre, que avec une grande souffrance et incommodité, par faute d’eau et du
bois qu’il fallait aller quérir par la plaine. Elle se divisa et dispersa en
plusieurs colonies qui dressèrent divers hameaux par la plaine, pour y mieux
cultiver la terre, y planter oliviers, vignes et figuiers. Les hameaux sont
appelés bastides où la plus grande partie des principales familles y habite. Et
ce qu’il y a de particulier, c’est qu’en bâtissant lesdits hameaux, les
familles ne se mêlèrent pas entre eux(elles). En sorte que les Antelmes,
Crestiens, Denans, Daniels, Lombards et autres, en grand nombre, chacune firent
leurs hameaux séparés les uns des autres, ainsi qu’il sera rapporté ci-après à
folio 301, Que, s’ils étaient tous en un corps, formeraient un des plus grand
village de Provence, d’autant plus que son terroir est d’une grande étendue.
On lit, dans le grand
cartable des archives du monastère St Victor, que l’année 1156 , du temps de
Raymond Bérenger, troisième du nom, surnommé le plus jeune , était comte de
Barcelonne (Barcelone)et de Provence, Guilheames, qui avait été fait abbé de St
Victor, en 1154, mis en cause, par devant ledit seigneur, Raymond Gaufredi,
vicomte de Marseille, qui détenait injustement audit monastère, la troisième
partie de S-F. Et de plus, la troublait et grevait en plusieurs choses, qui
concernaient la paisible possession des deux autres tiers dudit lieu, qui lui
appartenaient sans contredit.
Le procès ayant traîné
longtemps, on l’arbitra, du consentement desdites deux parties, à trois savants
hommes de la cour, savoir : Rostan de Tarascon, Hugues Sacristain et
Bérenger Bertrand, pour juger, en dernier ressort, leurs différents. L’abbé et
les moines disaient que cette troisième partie du lieu de S-F, dont (il) était
question, avait été donnée audit monastère par Goffredi, vicomte de Marseille,
son aïeul, pour le salut de son âme et rémission de ses pêchés. Et pour le
patrimoine et la dotation de Fulco et Pierre, ses deux enfants, qui avaient été
mis, par affection et dévotion, pour être moines de ladite abbaye. Que Hugues
Gaufredi, vicomte de Marseille, son fils, l’avait ôté audit monastère pour
quelques temps, mais avant que partir pour Jérusalem, par acte public, attesté
par de bons et valables témoins, l’avait remis audit monastère. Ils prenaient
encore, que par de semblables et irréprochables témoins, que ledit monastère
avait possédé, pleinement et paisiblement, tout ledit lieu de S-F. Que, par
ailleurs, ils avaient très souvent formé des plaintes à la cour, de l’injuste
usurpation que ledit Raymond Gauffredi, leur faisait de la dite troisième
partie.
Néanmoins, pour le bien de la
paix et de mettre en repos ledit monastère, lesdits arbitres jugèrent que ledit
monastère céderait, audit Raymond Gaufredi, la moitié du lieu d’Ollières et la
troisième parie qu’il avait à Bulcodenes. Et que, en échange, par voix de
permutation, ledit Raymond Gaufredi leur céderait la troisième partie des biens
de S-F, et tout ce qu’il y possédait, et tout les droits qu’il y pourrait
avoir. Sur quoi, ils passèrent transaction, par laquelle ledit Raymond
Gaufredi, sa femme Pontis et ses enfants, donnèrent et restituèrent à Dieu et à
Par l’histoire des fondations
des villes des Gaules, faite en 1539, est porté que l’an second de Sedichias,
qui selon Vincens de Beaunoyer, fut le quatrième âge, 476 et du monde 3364,
comme récite Betinaud, fut édifiée la cité de Marseille. De laquelle, Justin,
en son 43 ° livre, dit que régnant Tarquin, roi des romains, certains jeunes
hommes du pays de Phocense, en Asie, contraints par la trop petite étendue et
stérilité de leurs terres, s’exercèrent tant à pêcher, marchander, que dérober,
plus sur la mer que sur la terre. Et venant vers Rosne (Rhône), entrèrent au
fleuve du Tibre où ils firent confédération et alliance avec les romains, et de
là, allèrent jusqu’au lieu où à présent est Marseille.
Auquel, prenant plaisir et délectation, retournèrent à leur pays, racontant ce
qu’ils avaient vu, émurent et sollicitèrent plusieurs à y aller. Et lesdits
phocenses élurent sur eux, deux ducs, savoir Fluri et Pirane, bien que par
d’aucun, ce dernier soit nommé Prothis, et navigant, arrivèrent devant Sicaum,
roi des Sigorigiens, avec lequel conviendrent (convinrent) d’amitié, demandant
lieu et place, enfin de sa terre, pour fonder une cité. D’aventure, ce jour, le
roi était occupé pour les noces de Gipte, sa fille, que ce jour, devait être
mariée à la coutume du pays Qui était telle, que tous les conviés étant
assis à table, et la fille cheminant au long d’icelle, celui auquel elle
donnait de l’eau était élu pour son mari. Et ainsi comme les grecs furent
conviés avec les autres, la pucelle introduite par le père, allant par les
tables, venant vers les grecs, fut surprise par la beauté de Perane, auquel lui
rendit de l’eau. Perane, donc, élut gendre du roi, il obtient le lieu pour
édifier une cité. Lors fut fait et fondé Marseille, à l’entrée du Rosne, à un
coin comme à l’angle de la mer, entre les Ligures, que nous disons Lombards et
les français, comme récite Vollaterranus, en sa biographie. Et d’ilceux,
Phocenses, aprendrent (apprirent) lesdits français, la manière de labourer et
cultiver les terres, fermer les cités de murs, portes et fossés, ordonner les
vignes et oliviers. Et aussi leur baillèrent de justes lois pour se gouverner,
parce qu’alors, ils étaient rudes et sauvages. Varre dit qui(ils) parlaient
trois langages, savoir : grec, latin et français.
Il est rapporté, par l’histoire
du grand Sirus, que le prince Theribulle, poursuivant les peuples de Phorée,
ville située en Asie, ainsi qui (qu’il) a été dit ci-dessus, et ceux ci ,tous
alarmés de cette poursuite, par la crainte qu’ils avaient de voir toute leur
patrie détruite, jetèrent les yeux sur leur prince nommé Perane, pour les
conduire, en quittant leur patrie. Perane voulant les rassurer, ils
persistèrent à leur dessein. Sur quoi, ce prince ayant amusé Theribulle par une
feinte négociation durant deux jours, pendant lesquels il fit équiper tout ce
qu’il y avait de vaisseaux au port, qui n’étaient pas un petit nombre. Et en
une nuit, ayant fait charger tout ce qu’il y avait de plus précieux dans
Phorée, tout le peuple de cette magnifique ville, s’embarqua et (ils) seraient
arrivés où est à présent Marseille, où ils auraient fait en rencontre la fille
du roi des Sigorigiens qui promenait sur une barque. Et abordant à terre, y
trouvèrent le fils du même roi, qui était à la chasse, proche le rivage de la
mer. Lequel, avec la fille, auraient prier leur père de recevoir ce
prince de Phorée dans ses terres. Qui leur répondit que dans trois jours, leur
feraient savoir sa résolution. Ce qui donna une grande inquiétude à ce prince,
laquelle, après les trois jours, fut suivie d’une grande joie, ayant obtenu du
roi ce qu’il souhaitait, lequel lui marqua les limites de ce qu’il lui donnait.
Et dans fort peu de temps, la ville de Marseille fut bâtie. Je laisse à décrire
toutes les circonstances de cette histoire, lesquelles, bien que curieuses, me
porteront trop loin, outre qu’elles ne sont pas de mon sujet. Je dirai
seulement que cette flotte arrivant au port, il se trouva qu’il y avait une
grande quantité de pêcheurs sur le sur le rivage, qui s’y étaient assemblés
pour les voir aborder. De sorte que les mariniers de chaque vaisseau, leur
jetant leur câble, les prièrent de les lier à terre. Si bien que les premières
paroles ou mots qu’ils prononcèrent, furent celles de « pêcheurs » et
celles de « lier », qui, en langage grec, en les corrompant un peu,
forment le nom de Marseille. Où, pour mieux dire, en jetant leurs câbles,
criaient à leur langage grec, MASSELLI, qui signifie, en notre langage
« lier », et en provençal donne « vouto ». Et c’est de ce
mot, « Masselli », qu’on a donné le nom à Marseille.
Monsieur Bouche, par son
Histoire de Provence, rapporte qu’en la bulle de Grégoire septième, de l’année
1084, il dit Six-Furnus. Solleri rapporte, que autrefois, on a vu cette
inscription Six-Furi, sur un fragment de pierre, et partant, que Sixtus Furius
peut avoir été son fondateur, et que de là est venu, sans doute, le nom de
Six-Fours. Et que l’on y voit encore sur une pierre, cette inscription : DM
IVL THLVSSA SIBI ET SVIS FECIT.
Apparemment cette inscription
est celle qui était sur cette pierre, qui a été parlé ci-devant à folio 15.
Puisque du temps que monsieur Bouche a fait l’Histoire de Provence, cette
pierre était encore en état.
Le sus-allègué, Solleri, dit
et rapporte encore que les habitants de ce bourg surpassaient en grandeur les
personnes de tous les autres villages de cette province, étant pour
l’ordinaire, de 8 à 9 palmes de hauteur. Et ajoute qu’ils observaient encore de
son temps, et aux siècles passés, de ne vouloir permettre aucun mariage que
entre des personnes originaires du même lieu, pour ne pas diminuer de la
hauteur de leurs ancêtres.
Il est encore dit et que tous
les auteurs sont d’accord, que régnant dans Rome, Tarquin Priscus, et dans la
16° année de son règne (qui était, de la création du monde, 3454, depuis la
fondation de la ville de Rome 153, et devant la naissance de Jésus Christ,
598).
Au point que le roi des
Sigorigiens voulait marier sa fille, et que pour ce sujet, suivant l’usage du
pays,
il avait convié à un festin
tous les prétendants à ce mariage, laissant la liberté à la fille de choisir
pour mari un de tous les conviés à ce banquet. Une flotte maritime de grecs
phocenses arrivant aux mers de ponant, et que son commandant était descendu à
terre pour aller saluer le roi et retenu à dîner parmi les conviés.
Et là, ou par sa bonne
fortune, ou par la vertu, ou bonne grâce, il fut choisi par la fille pour être
son mari. Et que, après le mariage, il obtient de bâtir Marseille. Ce roi se
tenait à la ville d’Aix, et c’est à cette ville que le festin ce fit, et par
conséquent le mariage.
Justin dit ce que en dit
Aristote, et assure que le roi des Sigoregiens était nommé Senanus et sa fille
se nommait Ciptis, et que les conducteurs de la flotte grégorienne étaient
nommé Fluvius et Peranus, et que de ce mariage en sorti Protis. Il ajoute que
les anciens provençaux étaient fort brutals (brutaux) et sauvages.
Cette addition est ce qui est
rapporté par l’histoire de la fondation de Marseille, dans le livre de la
fondation des principales villes des Gaules.
En disant que les provençaux
étaient rudes et sauvages, justifie que, mal à propos, on a voulut dire que les
anciens habitants de S-F étaient des gens à demi sauvages, puisque supposer que
cela fut leur qualité, était plus avantageux que celle de tout le reste des
provençaux, et à tout cas, elle était commune avec celle de tous les habitants
de Provence.
Tarquin premier dit Priscus
ou l’ancien, roi des romains, fils d’un homme de Corinte (Corinthe) nommé
Demarathus, qui était établi dans
J’ai fait cette observation
de Tarquin, à raison de ce que les auteurs qui parlent de la fondation de
Marseille, s’ils ne sont pas bien d'accord du temps, du moins tous conviennent
qu'elle fut faite par les Phocenses du temps que Tarquin Priscus régnait à
Rome, et dans la 16° année de son règne. Et que pour lors, S-F fut édifié, sur
la supputation duquel temps la fondation de Marseille fut faite, l’an de Rome
155 et avant la naissance de Jésus Christ, 501. Et par ainsi on peut dire,
suivant ce qui est porté par les historiens, que la fondation de S-F est
environ 500 ans avant la naissance de Jésus Christ.
Les droits seigneuriaux n’ont
jamais appartenus entièrement aux seigneurs abbés de St Victor, ainsi qu’il
sera justifié par bonnes et valables pièces, titres et documents. Car Monsieur
le Marquis de Solliers (Sollies) avait diverses censes et la direte (directe)
de plusieurs propriétés de terres, la sixième partie des fours banaux, le droit
de Sensallage et autres droits.
Madame Celete de Rodis avait
la 20° partie des fours et la famille des Vicards avait, comme il a encore, la
40° partie des dits fours. D’autre part
La troisième partie de S-F,
de toute ancienneté, appartenait aux Comtes de Provence ou aux Vicomtes de
Marseille, qui à la suite, ont entièrement donné aux seigneurs abbés et moines
de St Victor, comme
apert de divers titres.
Le premier desquels est de
l’an 1079, régnant pour lors Philippe, le roi, et l’abbé dudit monastère,
Bernard, par lequel, Gaufredi, Vicomte de Marseille, se ressouvenant du
commandement que Dieu fait, par lequel il dit : « faite
l’aumône et toutes vos actions seront pures », a fait donation au
monastère St Victor lez Marseille, qui est bâti proche ladite ville, à
l’honneur de
(Indition) troisième 1110,
Hugues Gaufredi et sa femme Dulcine, étant sur le point d’aller à Hiereuzalem
(Jérusalem) avec certains siens amis et soldats, donna et désempara, au
seigneur abbé de St Victor, tout ce qu’il possédait au lieu de S-F qui avait
appartenu audit sieur abbé, et qu’il avait injustement détenu durant quelques
temps, contre la disposition de Gaufredi , son père, avec ses deux enfants,
Fulco et Pierre, qu’il avait faite audit monastère St Victor, avec toutes les
terres cultes, vignes, incultes, jardins, mer, îles, ports, salins et autres
droits.
Le pape Adrian, par sa bulle
du 4 judes de juin, a confirmé la donation faite du lieu de S-F et tout son
terroir et appartenances, et aussi la transaction passée par l’abbé et la
monastère St Victor, avec les enfants de Gaufredi, Vicomte de Marseille, sur la
troisième partie du château de S-F, dans
Le huitième des calendes
d’octobre, le pape Grégoire, étant à Avignon, le douzième de son pontificat,
sur la réquisition faite par le sieur abbé et le couvent de St Victor, confirma
audit abbé, la possession de S-F, Nans,
Le 10 avril 1340, Amadinus,
abbé de St Victor, sous le règne de Robert, roi de Jérusalem et de Cicille (Sicile),
duc de
Il y a un manuscrit d’un
vieux document latin, sans date, traduit en français, de la teneur
suivante :
Au nom de ce grand Dieu tout puissant,
moi, Bertrand, Comte de Provence, j’espère de sa divine bonté et clémence. Par
bien veillance et témoignage d’amitié, je donne, je baille et je cède à mon
fidèle Fulco, Vicomte de Marseille, et à sa femme Odile, quelque chose de
« Allodo mio », qui est au comté de Tollon. C’est à dire, tout ce
qui, par moi, tiennent et possèdent par feu à S-F, je leur donne, « ad
proprien allodon », avec toutes ses dépendances et appartenances, qui
appartiennent audit bourg et à la ville ci-dessus mentionnée de S-F. C’est à
dire, tout ce qui est en champs, vignes, terres cultivées et incultes,
garrigues, moulins, prés, salins et tout autre chose qui appartient à ladite
ville dont nous avons déjà fait mention, afin qu’ils aient le pouvoir de faire
tout ce qui leur plaira, savoir : de tenir, posséder, vendre et donner. Et
de rechef (derechef), je donne à mon fidèle fils Fulco et à sa femme Odille,
tout ce que, par moi, tiennent par feu, au bourg de Solliers. Je le donne de
« Propriun allodem », avec toutes appartenances et dépendances qui
appartiennent au même bourg et à la ville ci-dessus mentionnée, de Solliers.
C’est à dire, en champs et vignes, en terres cultivées et garrigues, en
moulins, en prés, ports et eau courante, des mêmes eaux, arbres fruitiers et
non fruitiers, et à toutes choses qui appartiennent à la même ville de
Solliers. Afin qu’ils aient toute sorte de pouvoir d’en faire comme ils
voudront et comme ils leur plaira, de tenir et garder et associer toutes ces
choses ci-dessus mentionnées, savoir : Fulco et sa femme Odille, afin
qu’ils participent à l’aumône qu’ils font pour leurs âmes, de cet
« allode », et qu’ils donnent au grand Dieu tout puissant et à St
Victor, son martyr et à St pierre de Paradis. Que si quelqu’un de mes parents
ou autres, étrangers ou bien quelques personnes malignes et opposées, voulait
rompre cette mienne donation, que je fait à mon fidèle Fulco et à sa femme
Odille, qu’il soit maudit à jamais, accablé de toute sorte de malédiction et
enseveli, comme Core, Dathan et Abiron, dans les entrailles de la terre et
condamné aux abîmes de l’enfer avec le traître Judas. Et qui pis est, que l’ire
de la colère de Dieu, descende et tombe sur sa tête, et que détenu dans les
liens, paye pour amende,
Qu’il ordonna être
entièrement destinées audit monastère, selon sa valeur, qu’on trouva qu’il
avait alors, par dessus les censes, en pensions des ouvriers de la bladerie et
annonerie de la même ville. Ajoutant qu’en cas que ledit revenu de
En vertu de laquelle
convention, le dit monastère aurait reçu paisiblement lesdites
Lesquelles, ledit
monastère, perçu entièrement à l’année de la première mortalité passée et
générale épidémie, qui par des paroles faites à ladite annonerie, par les
hommes dudit Marseille, la détruisirent entièrement. N’ayant reçu que
En compensation et échange
desdites
Après l’obtention des
susdites lettres patentes de
Le dernier décembre 1364 fut
expédié des lettres de commission adressantes (adressées) au Sénéchal de
Provence ou son lieutenant, aux fins de mettre en possession l’abbé de St
Victor du droit des régales et premières appellations, à lui concédées par les
susdites lettres patentes, avec pouvoir de le maintenir et défendre, lui donner
toute sorte d’aide et faveur et faire cesser tous empêchements sur la
connaissance et punition des crimes et excès, droit de naufrages, débit du vin
et autres choses, depuis la mer ou le bord d’icelle, desdits lieux et îles et
terroir susdit, dans un jet d’arbalète de ladite mer, ainsi qu’il est porté par
les susdites lettres données à Naples le 22 décembre 1364.
Acte d’émission de possession
faite par Honoré de Berre, subdélégué par ledit Sénéchal de Provence, desdits
droits remis par ladite Reine Jeanne audit sieur abbé, avec défenses aux
officiers au droit de régales premières appellations et pâsturage. En
l’exercice de la justice et connaissance, de l’intenter dans le terroir de S-F
et des îles qui sont du propre domaine de l’abbé et de la mer tant qu’elle
entoure les dites îles. Et que le terroir dudit lieu s’étend dans ladite mer et
bord d’icelle, à l’étendue dudit jet d’arbalète. Des droits qui peuvent compter
et appartenir, en la haute juridiction dans ladite mer, et punition des crimes,
sur la peine de mille marcs d’argent fin pour chacun des contraignants, faisant
faire criées publiques à la teneur suivante :
C’est le commandement de
En suite desquels titres,
lesdits commissaires donnaient sentence en faveur dudit abbé, lequel est
maintenu en des droits de juridiction et défense aux officiers du roi de
troubler ledit abbé à l’exercice de la juridiction.
Pour éclaircir les
acquisitions faites par la communauté ,qui nous font jouir des avantages qui ne
sont pas fort communs en ce pays, il faut savoir que le droit des tasques et
demi tasques appartenaient au monastère St Victor ou au seigneur abbé.
L’affranchissement desquels fut vendu aux syndics et habitants de S-F,
moyennant la cense annuelle de 400 florins 16 sols provençaux, avec la
permission de bâtir des moulins à huile, moyennant la cense annuelle de
deux livres d’huile pour chaque moulin, comme apert de l’extrait de l’acte en
parchemin conservé aux archives du dit lieu, du 29 mai 1392.
Outre laquelle acquisition,
par acte reçu par Maître Jean Massatelli, notaire de Marseille, du 30 août 1520,
Noble Cosme Godiari, Marchand florentin, habitant à Marseille, procureur de
Renerand, père et seigneur en Jésus Christ, Julles, prêtre cardinal, nommé de
Médicis, du titre Saint Laurent, de Doumas vice- chancelier de
Il est dit ci-dessus que
monsieur le Marquis de Solliers avait divers droits seigneuriaux audit S-F.
Tous lesquels ont été acquis par la communauté, par acte passé par Dame
Catherine D’Anjou, femme et procuratrice de Noble François de Forbin, Seigneur
de Solliers, icelui, petit-fils et héritier universel, de feu Noble Pelamedes
de Forbin, par moyen de Noble Louis de Forbin, père dudit François. Apert de
son pouvoir, par procuration reçue par Maître Antoine Boissoni, notaire
dudit Solliers, le 27 avril 1533. Laquelle, en la susdite qualité, a vendu aux
syndics et communauté de S-F, manants et habitants, honorable Rainier Vitallis,
syndic, Jean Curet, Michel Audibert, Antoine Jarre, Paullet Porquier, Pierre
Vicard et Antoine Matinenq, notaire dudit lieu, députés du conseil, et choisis,
comme ils assurent, par leur commission, reire Maître Jean Denans, greffier
ordinaire dudit conseil. Savoir : tous les droits de (foruage) des fours
dudit lieu, qu’il avait coutume de percevoir, tant par l’ancienne que nouvelle possession,
que tous autres titres et droits que lesdits seigneurs de Solliers et ses
auteurs avaient coutumes de prendre et percevoir, et toutes les censes et
services, tant civiles que rustiques, tant audit lieu de S-F et son terroir,
que dans le lieu et terroir d’ollioulles, et de tout ce qu’il a possédé
ensemble, toutes et chacune, les grosses directes et les droits seigneuriaux de
prélation et percevoir le treizain, (honneur), charges et juridiction haute,
moyenne et basse, et tous les revenus et pâsturage , ancrage de la mer,
sensallage, régales, naufrages, tasques, hourages, le droit de vergue ou de
poids et tous les autres droits, actions et raisons, tant corporelles que
incorporelles, punition et prérogatives, quelle telle que ce soit, qu’il appartient
audit seigneur de Solliers, tous ce qui ce trouvera soumis à lui, à la cense et
service accoutumée, au prix de 900 florins, de la valeur de 16 sols pièce, que
ladite Dame a reçu des députés. Apert plus amplement du susdit acte reçu par
Maître Geoffrey Cogorde, notaire de Tollon, le 29 avril 1533
Le 3 juin audit an, Noble
François de Forbin, Seigneur de Solliers, a ratifié le susdit acte de vente,
fait par
Sur les prétentions que
Monseigneur Laurens Strossi, évêque de Bézieux, abbé de St Victor lez Marseille,
avait, disant que aulcungs (tous les)particuliers de S-F, étaient tenus de
payer aux sieurs abbés, certaines censes annuelles, comme ayant et tenant
plusieurs et diverses propriétés audit S-F et son terroir, membre dépendant de
ladite abbaye, comme sont : terres, vignes, prés et jardins, et payer droit de
lods en cas d’aliénation comme mouvant, lesdites propriétés, de sa directe aux
arriérages, de passer nouvelles reconnaissances. Et au contraire, lesdits
particuliers prétendaient n’être en rien tenus, auxdits abbés, comme ne leur
faisant aparoir d’aucune valable reconnaissance. Pour raison de quoi,
serait(aurait) été mis procès depuis long temps, tant par devant le Conseil
Royal,
Premièrement, une terre
assise au terroir dudit S-F et quartier appelé de Reppe, confrontant, d’une
part avec la rivière de Reppe, avec terre de Messires Bertrand et Denis Vidal,
frères, d’Ollioulles, avec terre et oliviers de Jean Martinenq dit Peiret et
autres.
Plus une terre audit terroir
et quartier appelé les planes de Calladou, confrontant d’une part, terre des
hoirs d’Honoré Denans dit Catellan, avec terre des hoirs d’honoré Sabatier et
autre.
Plus autre terre audit
terroir et quartier de St Jean, confrontant, avec terre de Bertrand Denans dit
Cathellan et ses frères, terre des hoirs d’Anthoine Martinenq alias Ferrin et
autres.
Plus une autre terre au
quartier de Mourret, confrontant avec terre de Nicolas Isnard, terre des hoirs
d’anthoine et Pierre Guigous alias Tallian et autres.
Plus un pré au quartier du
Brusc, confrontant le pré d’Augustin Lombard, terre des hoirs de Reynaud Vidal
et autres.
Plus une terre audit terroir
et quartier des Faisses, confrontant le chemin, suit viol (sentier) allant au
Brusc, terre d’Anthoine Fabre et autres. Plus une terre, là au prés,
confrontant avec terre de Michel Audibert, d’Antoine Guigou Tallian et autres.
Plus une terre, dite
Plus une terre au quartier de
Et ce, moyennant la cense
annuelle de 12 charges de blé chaque fête de
Après cette transaction,
ledit Seigneur Strossi ayant été fait cardinal au préjudice d’icelle, il aurait
mis de nouveau en cause ladite communauté, par-devant
Ledit seigneur cardinal
Strossi étant décédé Illustrissime et Révérendissime, Messire Jullien,
Archevêque de Médicis, évêque et seigneur temporel d’Albi, serait (aurait) été
promu de la susdite abbaye St Victor. Lequel, comme sieur temporel dudit
S-F ; ayant prétendu de mettre en cause et procès la communauté et habitants
dudit lieu, pour raison des même causes contenues aux susdites transaction de
1552 et
Le second septembre 1585,
Maître Pierre Richelme, avocat en la cour en qualité de procureur de la
communauté de S-F, avec l’assistance de Jean Curet, consul dudit lieu, a passé
acte par lequel a exigé et présenté à Messire Jean Adhemar, prévôt en l’église
cathédrale de Toulon et officiel de l’évêché de ladite ville pour Monseigneur Guilheames
Blanq, évêque dudit Tollon, et Messire Honoré Ricard cabiscol à la susdite
église, les lettres ou bulle de notre Saint Père le pape Sixte cinquième,
adressées audit sieurs prévôt et cabiscol, du premier mai audit an.
En conséquence de laquelle
transaction, si dessus mentionnée, le greffe apostolique en bonne forme
« si in evidenten
utillitatem », de notre Saint Père, le pape Sixte, du I° mai 1585, ayant
été adressée à Messires Adhemar et Ricard, annexé par arrêt de
Après ce comparant tenu
auxdits Sieurs commissaires apostoliques par lesdits consuls de S-F, ils leur
auraient tenu une cédule contenant addition aux moyens des articles baillés par
ladite communauté, sur l’exécution du susdit brevet. Par lequel, entre autre, a
été représenté le teneur des trois transactions ci-devant mentionnées, et en
suite serait (aurait) été fait des articles sur lesquels, ayant été produit des
témoins, iceulx furent ouïs par lesdits Sieurs commissaires apostoliques.
Savoir : Pierre Bontes,
marchand, Noble Pierre Motet, écuyer de Tollon, Maître Michel Decoreys, notaire
royal, Jean Imbert, dit Brunet, marchand d’Ollioulles, Maître Pierre Gamel,
notaire, Anthoine Audibert, marchand de
Pour un plus grand
éclaircissement du droit de la communauté, et à la requête de Messire Reynaud
Portanier, Sieur de St jemey, en qualité de procureur dudit Sieur abbé, et des
syndics, lesdits Sieurs commissaires apostoliques, par leur ordonnance du mois
de septembre, année susdite 1585, auraient nommé pour experts, Messire Jacques
Vitallis, chanoine en l’église Major de Marseille, Noble jean de Carbonel,
Seigneur du Canet et de Collobrières, Maîtres François Matol et Claude
Portallis, notaires royaux du lieu d’Ollioulles, aux fins de se transporter sur
les pièces baillées à nouveau bail, à ladite communauté par la première
transaction du 7 août 1552. Lesquels, s’y étant transportés ont trouvé,
savoir : celle de Repe, qui est d’une assez grande étendue, presque toute
plantée de vigne fort bien cultivées, ce qui serait (aurait) été fait par les
particuliers acquéreurs de la communauté, à grand frais et dépants. Ilsceux, à
raison des grandes quantités de pierres, qu’en plantant la vigne, y ont trouvé,
et par eux jetés dans la rivière, ayant par ainsi, ladite terre été rendue
grandement fertile, au lieu que, auparavant le nouveau bail, elle était
pour la plus grande partie, inculte, remplie de ronces, broussailles, tamaris
et autre menu bois. Les autres pièces de la font de Filhol et quartier de St
Jean, les ont trouvées en partie réduites en vigne, ensemble, toutes les
autres, désignées en ladite transaction.
Le lendemain, 18 dudit mois,
lesdits experts se transportèrent aux terres gastes de Siciech et Sépet.
Lesquelles ont trouvé pour lors, comme elles étaient au temps de la
transaction, infertiles, remplies de buissons, ne servant qu’à mettre au feu,
et d’une conférence entre eux faite, ont dit et rapporté que les susdites neuf
pièces ou propriétés de terre mentionnées à la première transaction baillée par
ledit Sieur abbé à la communauté, et depuis, par icelle, remises à divers
particuliers, valaient pour lors, en l’état quelles étaient, de rente, toutes
les années, audit Sieur abbé, y compris sa part du dixième qui procédait
desdites pièces, 150 florins. Et si de présent, elles étaient au même état
quelles étaient pour lors, vaudraient, de rente, y compris le droit de dîme,
210 florins, considérant que les fruits sont de plus grand prix par le bénéfice
du temps. Et quand aux terres gastes des montagnes de Siciech et Sépet ont
déclaré que le revenu est de fort petite considération, au moyen de quoi, les
transactions se trouvent évidemment faites au grand profit de l’abbaye. Ledit
rapport fait le 19 septembre 1585.
Toutes les procédures ayant
été communiquées à Monsieur le procureur du roi, il aurait donné ses
conclusions le 23 dudit mois de septembre. Par laquelle, après avoir fait un
ample récit de toutes les pièces et observer sérieusement tout le contenu à
icelles, et dit que si on voulait s’arrêter à la pure disposition du droit, on
trouverait lesdites transactions grandement préjudiciables à la communauté, et
à l’évident profit dudit Sieur abbé et de son église. D’autant que par le
discours desdites transactions, n’a jamais apparu que le Sieur abbé ai produit
et montré titres, par moyen desquels, aie vérifié avoir la directe et
Seigneurie de toutes les terres et propriétés existants audit S-F. Tellement
que, par ce moyen, ledit sieur abbé fut toujours mal fondé en sa demande, et
ayant allégué la disposition du droit, il a ajouté toutefois, que la
communauté, se contentant d’avoir demeuré dans ses termes, nonobstant quelle y
fut bien fondée, aurait passé ladite dernière transaction, confirmative de la
seconde. La commodité et utilité de laquelle, outre les droits allégués et
déclarés, spécifiés et au vif, par les titres et documents, spécifiés
même par le rapport fait par les experts, par lequel on remarquera une forte
évidente utilité à ladite abbaye par moyen desdites transactions. Joint
l’enquête, faite sur les faits et articles baillés par ladite communauté,
résultant par icelle, entre autre chefs vérifiés, que les particuliers, manants
et habitants dudit S-F, sont en possession, libre de tout temps, de jouir de
leurs terres et propriétés, sans payer lods ni vente, ni service audit abbé, et
à certains qu’on ne peut empêcher l’autorisation, approbation et confirmation
desdits articles de transaction mentionnés au susdit brevet, et qu’il n’y soit
dit et ordonné, par les Sieurs commissaires apostoliques, quelles seront
entretenues, gardées et observées de point en point, selon leur forme et
teneur, et par ce moyen, les parties condamnées à l’observation d’icelles.
C’est ce qu’il a requiert. Ainsi le Sieur abbé et monastère ne sauraient
contredire, et partant, suivant ce que dessus, ledit Sieur procureur du roi,
ayant amplement remontré le tout, aurait conclu, ne l’empêcher, et ce, sans
préjudice du lot et amortissement et autres droits dus et appartenants au Roi,
et le tout, sans abus. Délibéré à Tollon le susdit jour 23 septembre 1585.
Signé B. Viallis, avocat du roi.
Par toutes les procédures
ci-dessus alléguées, et des conclusions de l’avocat du Roi, les Sieurs
commissaires apostoliques firent leur sentence, le 25 dudit mois de septembre
1585, en faveur de la communauté. De laquelle, en ayant fait traduire un
abrégé, j’ai cru, comme étant une pièce des plus importantes de la communauté,
de devoir enregistrer ledit abrégé, étant de la teneur suivante :
Vue, outre ce que nous avons
obvier pour n’être pas si long, la cédule conclusoire du Sieur procureur ou
avocat du roi ou les conclusions de son substitut et toutes choses nécessaires à
voir, vive et mûrement pensé, examiné et réexaminé par la teneur et vertu de
ladite bulle apostolique de notre commission, procédant par cette, notre
définitive sentence, conjointement avec le conseil de personnes expérimentées,
joint l’autorité apostolique, à nous commise. En ces écrits nous proférons,
sentencions et déclarons que les transactions et concordats passés, tant entre
le feu Illustrissime et Révérendissime, père et Seigneur cardinal Strossi, de
bonne mémoire, pour lors abbé, et perpétuel commendataire de ladite abbaye St
Victor et Seigneur du lieu de S-F, et ledit Rc Seigneur Jullien de Médicis,
naguère aussi abbé, perpétuel commendataire de ladite abbaye St Victor, et les
susdits consuls et hommes de ladite université de S-F, et les pactes et toutes
choses de semblable sorte, contenues aux instruments de concordes et
transactions, avoir été et être au très grand avantage et évidente utilité, et
aussi pour la condition de la table de l’église abbatiale, avoir été faite
meilleure. A cause de ce, elle sera et devra être confirmée et approuvée, et
ainsi par cette, notre sentence définitive et par l’autorité apostolique, en
cette part à nous commise, l’approuvons, confirmons et homologuons. Et si en
icelle se trouvait par hasard quelque défaut, tant de droit, que de fait, y
supplions et déclarons les parties être tenues et obligées, à perpétuité, en
l’observation de toutes les choses, quelles qu’elles soient, contenues aux
actes desdites transactions et concordats. Nonobstant, toute constitution et ordonnance
apostoliques, et principalement celle du défunt Saint Père, le pape Pol (Paul)
second, de bonne mémoire, de n’aliéner pour le bien de l’église, et de tous
autres, quel qu’ils soient, faisant le contraire. Tous lesquels, par l’autorité
apostolique, nous dérogions une autre fois, comme nous avons fait, ci-devant,
ainsi que par ladite bulle de notre commission, nous est commis et ordonnée de
prononcer. En toute meilleure manière de voie de droit et de forme, auxquels
nous puissions et devoir : Honoré Ricard, cabiscol, commissaire
apostolique susnommé, Jean Adhemar, susnommé, et commissaire susdit, Melchior
du Revest, L. Cabasson, ainsi signés à l’original.
Pour la plus grande validité
des transactions mentionnées ci-devant, sur la requête donné à Monseigneur de
Au préjudice de toutes ces
procédures et arrêt, ledit Seigneur Robert de Franchipani aurait importé des
lettres royaux (royales) de décision contre les transactions passées entre les
Seigneurs abbés, ses devanciers, et les syndics et habitants dudit S-F,
touchant l’affranchissement des censes, droits de lods et trézain,
l’acquisition de diverses propriétés de terres et autres droits mentionnés
auxdites transactions. Et le procès ayant été mis par-devant
Ledit Seigneur de Franchipani
étant décédé, Monseigneur Anthoine de Bourbon, comte de Moret, frère naturel du
roi, après lui Monseigneur Louis de Nogareh, Cardinal de
En exécution de cet arrêt, la
cause ayant été portée par devant ladite Cour du Parlement, les parties y
auraient fais leurs poursuites, et après les défenses données de part et
d’autre. En fin, ladite Cour, par son arrêt rendu en contradictoire jugement du
5 mars 1678, sans avoir égard aux lettres royaux (royales) de révision
incidemment obtenues par ledit Seigneur de Vendosme. Dequoi la déboute a mis, à
raison de ce, les consuls et communauté de S-F et de
Il apert, par des écrits dans
les archives, que la communauté de S-F, par acte du 16 février 1598, s’obligea
au Seigneur abbé de Médicis, de la somme de Mil (mille) écus, procédant de
l’obligation de pareille somme que la communauté avait passé par la dernière
transaction du 3 décembre
En l’année 1641, lors du
premier traité du 8° denier, sur la demande que le traitant fit à la communauté
dudit huitième denier, à raison des achats des biens et divers droits faits par
ladite communauté des Seigneurs abbés, les titres ayant été produits par-devant
les sieurs commissaires établis en Provence pour connaître de cette matière,
par leur ordonnance contradictoire avec le traitant du 9 septembre 1643,
lesdits consuls et communauté furent déclarés exempts de ladite taxe du 8°
denier.
Outre toutes les formalités
dûment observées pour rendre la communauté paisible dans toutes les
acquisitions faites des Seigneurs abbés, il y a encore le brevet de notre Saint
Père le pape Sixte cinquième, du 1° mai 1585, portant confirmation des
transactions. Lequel brevet a été annexé par arrêt de
Sur les contentions entre Monsieur
le Procureur du Roi, et le Seigneur abbé de St Victor, à raison de la
juridiction du lieu de S-F et droits de régales, le Sieur Languedui de Castre
Sénéchal pour le Roi en Provence, le 21 juillet 1455, aurait baillé commission
à Jean Martin, Seigneur de Pieloubier (Puyloubier), Chevalier de Sa Majesté et
Vitallis de Cabanes, Sieur de Perricard, pour connaître dudit différent.
En conséquence de laquelle
commission, le dernier dudit mois de juillet, les officiers de la ville de
Tollon auraient fait exposition auxdits Sieurs commissaires qui s’étaient
portés à la plage de
Ledit Sieur abbé, par son
contredit, aurait soutenu que la haute juridiction, premières appellations,
droit de régales, tant dans les limites de la mer, que îles, étaient de sa
juridiction, sans avoir jamais payé aucune layde
De la part dudit Seigneur
abbé serait (aurait) été fait enquête par lesdits Sieurs commissaires, sur la
négative, par lui soutenue, de ni avoir jamais eut aucun pieu planté audit lieu
de
Enquête contraire de la part
desdits officiers de Tollon
Articles baillés par ledit
Sieur abbé, par lesquels il fait désignation des ténements du terroir de S-F et
de ses confronts et limites, ensemble. Soutenait les îles étant dans la mer
être du terroir de S-F et qu’il le possédait à la même qualité qui faisait
Ledit Sieur abbé aurait fait
la production des pièces, entre autre la donation faite par
Pour justifier le droit que
ledit Sieur abbé avait à soutenir être fondé en juridiction et que les
officiers de Tollon n’avaient aucun droit en toutes ses (leurs) demandes. C’est
qu’il n’a jamais apparu que lesdits officiers aient fait aucun acte possessoire,
ce qui n’est pas arrivé de la part dudit Sieur abbé, lequel par ses officiers,
c’est toujours maintenu en sa juridiction. Et entre autres, étant arrivé que
une barque qui appartenait à François Grasset de Tollon, s’étant presque toute
brûlée, étant à la grande rade de ladite ville, fut conduite au bord de la
terre du quartier de Sépet, vers la chapelle de St honoré, où Maître Anthoine
Vicard, baille de S-F, ayant accédé et s’y étant transporté, fit la procédure
sur ledit incendie, le 6 décembre 1570.
Ce droit de juridiction du
Seigneur abbé est encore justifié par un acte d’arrentement reçu par Maître
Jean Rambert, notaire d’Auriol, du 15 novembre 1546, passé par Maître Anthoine
Attrochinir, vicaire et procureur général de Monseigneur le Cardinal de Triulties,
abbé de St Victor à Barthélemy Pairan, des droits seigneuriaux de S-F, par
lequel, entre autres, est porté que les naufrages appartiendraient, la moitié
audit Sieur Cardinal, et l’autre moitié au rentier.
Pour ne laisser aucun doute
de ce droit de juridiction du Seigneur abbé, c’est que un vaisseau nommé Saint
Pol (St Paul), ayant fait naufrage en l’année 1616,, vers
Par lettres patentes du roi,
du 7 septembre 1593, Noble Jacques de Thomas, Sieur de Sainte Marguerite et
devenu lieutenant du sénéchal au siège de la ville d’Yères, serait (aurait) été
commis, aux fins de vendre et transporter du temporel de l’église au diocèse de
Tollon, jusqu’à la somme de 100 écus d’or de revenus. En exécution de laquelle
commission, fut délivré à André Gaultier, syndic de la communauté de S-F, et
Hugues Vidal, au nom de ladite communauté, la juridiction haute et basse, avec
le droit de régale dudit lieu, sans y comprendre la cense annuelle et
perpétuelle de 50 florins et 15 charges de blé, ni les fours et moulins, ainsi
tant seulement ladite juridiction haute et basse, et droits de régales, pour le
prix de 332 écus d’or. Laquelle somme fut payée à sieur Honoré Caillon,
receveur audit siège pour le roi, par acte reçu par Maître Honoré Fortis,
greffier audit siège. Laquelle juridiction, et non la régale, a été après,
réunie aux droits dudit Seigneur abbé.
Outre les achats faits par la
communauté de divers droits ci-dessus mentionnés, il lui a été accordé divers
privilèges dont sera fait mention de quelque uns, ci-après, qui sont entre
autres, celui donné le huitième des ides, indition treize, par Lotaire,
Empereur, sur la demande de Lacepretus, évêque de Marseille, par ses lettres
patentes, données à Aix
A raison desdits privilèges
ou franchises à l’égard de celui, que lesdits habitants de S-F et de
Il est si bien vrai que les
habitants de S-F et de
Suivant l’acte passé le 11
octobre 1274, portant pouvoir à Monseigneur l’archevêque Darlen de juger et
décider les différents entre les communautés des lieux d’Ollioulles et de S-F,
à raison de l’aigage ou arrosage, ledit Seigneur archevêque, par sa sentence,
entre autres, aurait ordonné que les habitants du château d’Ollioulles, ayant
des possessions au terroir de S-F et quartier de
Il est a noter que la source
de Berte n’a jamais été fontaine en sa source, étant icelle environ une canne
et demi sous terre, et l’abreuvoir de
Il est aussi porté par ladite
sentence, que les habitants de S-F, sans aucun empêchement et contradiction des
habitants d’Ollioulles, pourront prendre l’eau de
Après cette sentence, les
communautés d’Ollioulles et de S-F eurent quelques contantions (contentieux), à
raison de l’arrosage de leurs terres, ce qui fut terminé par transaction reçue
par Maître Du Val, notaire, en date du premier mai 1408, passée entre Maître
Jean Aycard, notaire, Guilhem Isnard et Anthoine Lombard, constitués, et
intervenant pour la communauté de S-F, d’une part, et Maître Jean Bertrand,
notaire, Noble Hugues Reynaudi, et Rainaud Marin, procureurs constitués par la
communauté dudit Ollioulles, par laquelle serait (aurait) été accordé et
convenu que les habitants de S-F pourront aller prendre l’eau de
D’ailleurs, sur les
différents arrivés entre Anthoine Pairan, du lieu d’Ollioulles, Pierre Portal
dit Amic, rentiers des propriétés des terres de Pierre Astour, et Pierre
Tenllier, rentier de celle de Claude Roux, situées au terroir de S-F. Y ayant
eut procès à raison de l’arrosage desdites propriétés, par-devant
Il serait encore arrivé une
contention (un contentieux) à raison du même arrosage des terres du terroir de
S-F et quartier de Camcebié et bassaquet, entre Jacques Forton, hoste du lieu
d’Ollioulles, qui voulait empêcher qu’on n’alla pas prendre l’eau de
En conséquence du droit des
régales donné par
Après cette transaction
serait (aurait) encore été vendu quelques autres places de maisons, desquelles
en étant resté en état, une grande partie avec une partie des propriétés de
terres dans les même régales, depuis le cap de Bregaillon jusqu’au cap de
Moisseque. Le tout serait (aurait )été vendu par les susdits Messires Jean de
Gerente et Henry de Coutron, aux qualités susdites, à Sieur Michel Tortel,
Sieur de Ramatuelle, par acte reçu par ledit Maître Jean Lombard, notaire, le 5
Septembre 1630, au prix de
A la suite, ledit Sieur
Tortel étant décédé et ses biens ayant été mis en discussion, la portion des
régales, par lui acquise, fut prise en colocation par aucun (chacun) de ses
créanciers, et à la fin, possédée par Sieur Jacques Daniel et Henry Vidal.
Lesquels, ayant entrepris de faire des réparations auxdites régales qui
s’avançaient trop vers la mer, les consuls de S-F leur auraient intenté un
procès par-devant
Le susdit rapport ayant été remis
(reire) ledit seigneur commissaire et le procès repris et poursuivi par-devant
Suivant et conformément audit
arrêt, Monsieur de Gaultier, commissaire, se serait porté audit lieu de
Après la séparation de
Le terroir de S-F, ainsi
qu’il a été remarqué ci-devant à folio 3, n’avait, avant la séparation de
Il est très important que la
communauté de S-F se maintienne à la possession de la contenance du terroir qui
fut délaissé au-delà de la rivière de Reppe, lors qu’elle changea en partie son
lit, et pour cet effet, il est nécessaire lors qu’on fera des relèvements du
terroir; de déclarer en couchant au cadastre, les propriétés desdites terres,
qu’elles sont de celles délaissées par le changement de partie du lit de la
rivière. Et encore, pour un plus grand éclaircissement, lorsqu’on viendra
a vendre ou partager lesdites terres, il sera à propos que les notaires
insèrent aux contrats qu’elles sont au-delà de la rivière et dans l’ancien
terroir de S-F.
Depuis un temps immémorial,
la communauté de S-F à toujours fait faire la garde à ses frais et dépens, sur
la montagne du cap de Siciech, dequoi il s’en trouve une justification
convainquante qui est un mémoire gardé dans les archives, ou extrait en
parchemin, d’un ordre donné par Monsieur Dagault, grand sénéchal, adressé aux
syndics, de changer la garde dudit Siciech, en date du onze février 1352.
Outre la garde que la
communauté à toujours fait faire sur la susdite montagne du cap de Siciech,
elle a été obligé très souvent, à cause des turcs, mores et corsaires qui
vinrent faire descente dans cette province et singulièrement à la cote de S-F,
de faire augmenter les gardes autour du terroir et à la cote de la mer. Ce qui
est justifié par l’acte du premier mai 1564, reçu par Maître Lombard, notaire,
par lequel Michel et Anthoine Denans, frères dit Bourres, s’obligèrent aux
syndics de la communauté, qui étaient Jean Audibert, André Gaultier et André
Vidal, de faire garde toutes les nuits pour raison des ennemis et corsaires de
mer, qu’ils avaient ja (déjà)commencé leur garde au lieu appelé le Calladou,
puis le 23 avril jusqu’au jour de St Michel, moyennant
On a toujours cru et su par
tradition, que les sarrasins firent descente à la plage de
D’ailleurs, Louis Jougla,
Maître chirurgien, âgé de plus de 80 ans, m’a affirmé que feu patron Jean
Curet, fils d’Alexandre, par curiosité, ayant voulu creuser une des sépultures
qui sont sur le susdit chemin de Mallogineste, il y trouva les os d’un homme
qu’il tira de ladite sépulture, et après, l’ayant comblée et délaissé sur ledit
chemin lesdits os, ledit Jougla, venant d’une terre en passant sur le susdit
chemin, voyant lesdits os, les ramassa et les chargea sur son ânesse, les porta
à sa maison et les remisa à la cave d’icelle, disant qu’ils étaient d’une
grosseur et longueur extraordinaire, et le crâne surpassait en grandeur tous
ceux qu’il a vus pendant sa vie. Mais que lesdits os, par moyen de l’air et de
l’humidité, se sont rendus en (frit) et entièrement consumés.
Marie de Chastellon, Reine de
Naples de Cicille, était fille de Charles de Chastellon, dit de Blois, et de
Jeanne de Bretagne, qui porta ce duché à son mari, épousa Louis de France, Duc
d’Anjou, Comte de Provence et de Maine, second fils du Roi Jean, et qui fut en
suite, roi de Hiereuzalem (Jérusalem), de Naples et de Cicille. Cette Reine
étant demeurée veuve en 1384, prit la tutelle de son fils Louis, qui était
encore fort jeune, et gouverna le royaume de Cicille pendant la minorité de son
fils. Laquelle, en la qualité de tutrice de sondit fils, pour les causes
contenues en ses lettres patentes de l’année 1383, aurait accordé aux habitants
de S-F, Ollioulles, le Bausset et Evenes, l’immunité et l’exantion
(l’exemption) de tous droits de péage, non seulement dans le détroit de
la ville de Toulon, mais encore dans tous les lieux de Provence et terres
adjacentes.
Louis second, duc d’Anjou,
roi de Hiereuzalem, de Naples, de Cicille, d’Aragon, Comte de Provence, né le
septième octobre 1377, succéda à son père, Louis premier étant mort fort jeune,
sous la tutelle de
Les habitants de S-F ont
toujours été très sujets du Roi et pour tels, reconnus par divers gouverneurs
de Provence, j’en rapporterai ici quelques preuves par des pièces originelles.
La première est une lettre écrite aux consuls dudit lieu, par Monseigneur le
Comte de Suze, gouverneur pour sa majesté en Provence. Ainsi qu’il est justifié
par une délibération du conseil de la communauté, du 14 décembre 1578, qui
expliquant la teneur de ladite lettre, dit que ledit Seigneur Comte de Suze,
leur recommande de bien et fidèlement garder le lieu, aux fins qu’il ne fut
surpris par les ennemis qui ont pris les armes contre le Roi, eut égard qu’ils
sont proche de ce lieu. Lequel Seigneur Comte leur écrit que, confiant à la
fidélité et union qui sera parmi les sujets, manants et habitants de ce lieu,
il ne leur a pas mander aucune garnison, pour les soulager des grandes
dépenses. Surquoi, par ladite délibération, fut dit que les centeniers
commanderont tous ceux de leur escadre, qui passeront en garde dans le lieu,
jour et nuit. Et les escadres de la ville et des Playes passeront tous à une
nuit, et que serait permis au jour, de congédier la moitié ou autre partie de
l’escadre telle qu’on connaîtra être nécessaire selon les nouvelles qu’on aura.
Par une lettre de Monsieur de
Champigni, commandant pour le Roi en Provence, du dernier décembre 1586, écrite
aux consuls de S-F, lui donna avis, qu’il s’était saisi d’aucuns criminels de
lèse majesté et que, entre autres, ils ont déclaré une intelligence qu’ils
avaient sur S-F, et qu’ils se promettaient de l’exécuter, qu’ils en étaient à
la veille, leur recommandant de prendre garde et de se saisir de ceux qu’ils
douteront être de la menée, de lui en donner incontinent avis. Que s’il y a
dans le lieu aucuns de Marseille et de
Sur l’avis de cette lettre,
sans doute les consuls et habitants de S-F firent leur diligence et firent
voir, en ce rencontre (à cet encontre), comme à tous autre, la fidélité qu’ils
avaient au service du roi comme ses bons sujets. Ce qui est démontré par les
lettres de sauve garde qui furent concédées par Monseigneur de Lesdiguière,
capitaine de cent hommes d’armes, des ordonnances du Roi, conseiller en son
conseil d’état, commandant généralement pour sa majesté, en l’armée de
Provence, sous l’autorité de
Sur la requête donnée par les
consuls et habitants de S-F à Monseigneur le Duc d’Espernon, pair et colonel de
France, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en Provence, serait
(aurait) été remontré que la communauté du lieu de
Ayant été représenté, par les
consuls de S-F, par la requête donné à
Pour une plus grande et
sensible marque de la fidélité des habitants de S-F, notée ci-dessus au service
du Roi, Monseigneur le Duc de Guize et de Chevreuse, pair de France, gouverneur
et lieutenant pour le Roi en Provence et amiral des mers de levant, étant avec
les troupes de sa majesté au camp de
Le Seigneur de Guise, sur
l’avis qui lui fut donné de la part de Sieur Pierre de Libertas, capitaine de
la porte royale de la ville de Marseille, par le Sieur du Bausset, avocat à la
cour, aurait quitté le siège du susdit château de
Ces pièces, je les aient
trouvées parmi un grand nombre de liasses de papiers de la postulation de feu
Maître Jacques Lieutaud, que j’acheta à l’enchère publique de l’héritier
bénéficiaire dudit Maître Lieutaud, au prix de
Par l’assemblée des gens des
trois états de Provence, tenue en l’année 1471, fut délibéré de faire un
affouagement général de toutes les communautés, avec l’autorité de Monsieur le
sénéchal, par huit commissaires pour faire le recours et (reucue) générale des
feux et établir un pied réglé et certain, sur lequel les tailles fussent
levées, sur lequel le lieu de S-F fut affouagé 13 feux.
En conséquence d’autre
délibération de l’assemblée des gens des trois états, en l’année 16(D. laisse les
2 derniers chiffres en blanc) fut fait un affouagement particulier de quelques
communautés, villes et lieux de Provence, dont les unes furent diminuées et les
autres augmentées. Et comme pour lors, la communauté de
A la suite, toujours en vertu
de délibération de l’assemblée des gens des trois états de l’année 17(laissé en
blanc), fut fait un affouagement général de toutes les communautés de Provence,
par lequel ledit lieu de S-F est affouagé 12 feux.
Par la transaction passée
entre Messire Jullien, archevêque de Médicis, évêque et Seigneur d’Albi, abbé
de St Victor, et les consuls et communauté de S-F, en l’année 1583, ci-dessus
notée à folio 59, pour faire toujours la condition de l’église meilleure, entre
autres, lesdits consuls se seraient obligés de payer et expédier audit Sieur abbé,
la somme de mil (1 000) écus à son profit et de ladite abbaye, pour une fois,
pour être convertie en achat de fonds, et jusque alors, en payer les intérêts
ou pension à perpétuité de 66 écus et deux tiers d’écus. Et ayant, à la suite,
été fait une imposition ou taxe par le Roi ou par le clergé de France sur le
temporel des ecclésiastiques, le récépissé de ladite taxe, pour le paiement et
déduction de la côte concernant ledit Seigneur abbé de St Victor, aurait fait
saisir entre les mains desdits consuls et communauté, ladite somme de 1 000
écus. Surquoi ayant, lesdits consuls, formé opposition par un jugement rendu
par les syndics et députés dudit clergé tenant le bureau à Aix, serait (aurait)
été dit que, sans avoir égard à la requête d’opposition de ladite communauté,
les exécutions seraient continuées, ainsi qu’il appartient, pour la somme de 1
000 écus. Et que ladite somme sera expédiée par les consuls audit receveur, en
déduction de la côte du temporel concernant ledit Seigneur abbé, lequel
paiement fait, rapportant bonne quittance, la communauté sera quitte, avec
défense audit Sieur abbé de molester et inquiéter ladite communauté, à raison
de ce. Et à ces fins, le domaine dudit Seigneur abbé sera expressément affecté
et hypothéqué à la communauté pour son assurance. En date, le susdit jugement,
du 26 janvier 1589, lequel est rapporté à folio 79.
En force de ce jugement, la
communauté a fait le paiement desdits 1 000 écus, le 10 mai 1600, en
conséquence du pouvoir qui fut donné, par délibération du conseil du 13
décembre 1599 et du 3 janvier 1600, par quittance reçue par Maître Anthoine
Gaultier, notaire de Marseille.
Les moulins à eau et à vent
étaient banaux et appartenaient d’ancienneté aux Comtes de Provence ou aux
Vicomtes de Marseille, comme apert de la donation qui fut faite par Gaufredi,
Vicomte de Marseille, au monastère de St Victor les Marseille, en l’année 1070,
et par la donation qui en fut aussi faite par Bertrand, Comte de Provence, à
son fidèle fils Fulco, Vicomte de Marseille et à sa femme Odille (ou ollide ),
de tout ce qu’il possédait à S-F. C’est à dire, tout ce qui est champs, vignes,
terres, cultes et incultes, garrigues, moulins, prés et salines, et toutes les
choses qui lui appartenait audit S-F, afin qu’ils participent à l’aumône qu’ils
faisaient pour leurs âmes, de cet allode, et qu’ils donnaient au grand dieu
tout puissant, à St Victor, son martyr. Lesquels moulins, qui étaient pour lors
en état, en vertu des achats faits par la communauté de plusieurs biens et
droits seigneuriaux des seigneurs abbés, par les transactions de 1552, 1571,
1583, le tout rapporté ci-dessus, ont toujours été possédés, tant par la
communauté, que les particuliers qui, à la suite, les ont acheté d’icelle.
Etant, les susdits moulins,
obvenus à la communauté, au moyen des achats par elle fait des seigneurs abbés,
par les susmentionnées transactions, aurait fait procéder aux enchères, sur
l’arrantement desdits moulins, le 15 juillet 1554. Savoir : des deux moulins
à eaux du quartier des Mollières, et des deux moulins à vent du quartier des
Lombards et du moulin à vent du quartier de
Le 22 dudit mois de juillet,
fut délivré deux charges à Anthoine Gaimard, à 9 florins, un sol la charge,
deux charges à Barthélemy Aycard, à 9 florins, deux charges à Louis Bellair, à
9 florins, un sol, deux charges à Jean Vidal à 9 florins.
Le deux septembre audit an
1554, fut encore délivré deux charges à Monsieur le Baille, à 9 florins, un
sol. Tout ce que dessus, tant pour l’arrantement des moulins, que pour la vente
du blé, est justifié par les procédures, comme apert de la pièce originale,
bien et dûment signée qui porte que la mouture était au vingt quatrain
La communauté ayant fait
défant (défense)de vendre les moulins à eau et à vent, serait (aurait) été
assemblé un conseil général de tout chef de maison, par Pierre Crestian, Louis
Gaultier et Sauveur Vidal, consuls, le 14 juin 1571, au nombre de 164. Par
lequel, pour survenir au paiement des sommes dues par la communauté, serait
(aurait) été délibéré que les susdits moulins seraient vendus. Ce qui fut
encore délibéré par deux autres délibérations du 8 et 15 juillet suivant.
En conséquence des susdites
délibérations, Honoré Martinenq dit Courchet, Anthoine Beaussier et Anthoine
Martinenq, consuls dudit S-F, auraient vendu à Hugues Vidal, le moulin à vent
du quartier de
Il est justifié par une
délibération du conseil de la communauté du 26 juin 1575 que les deux tiers de
moulin à vent qui sont commencés à la place du collet de Gouday, appartiennent
à la communauté.
Les moulins à huile ont
appartenus anciennement à la communauté, et par ainsi on pourrait les reprendre
et les rendre banaux. La possession que la communauté avait desdits moulins,
apert par un mémoire écrit de la main de feu Maître Jean Lombard, notaire, du
14 octobre 1554, portant que les syndics de la communauté arrentèrent les
droits qu’ils avaient sur les moulins à huile, à Guilhem Curet pour deux
bouttes et demi d’huile. Et que sur les enchères qui furent faites au pied
dudit arrentement, fut délivré audit Guilhem Curet une boutte dudit huile, à
raison de neuf florins, un sol la millerolle, une boutte à Charles Vicard, à
raison de 10 florins, un sol la millerolle, et demi boutte à Bernard Audibert,
à quatre écus, moins deux sols.
Pour une plus grande
justification que les moulins à huile appartenaient à la communauté, il est
justifié, que par acte reçu par Maître Lombard, notaire, le 5 novembre 1559,
Bernard Guigou et Anthoine Aycard, syndics de la communauté, arrentèrent à
Pierre Isnard, le moulin de graignans (grignons) ou (os) d’olive, appartenant à
la communauté, pour une année, moyennant le prix de 28 florins.
Les fours à cuire pain
appartiennent, savoir : un sixième du total, à la communauté, un vingtième
à feu Dame Celletes de Ratis, qu’elle a donné pour partie de la fondation de la
chapellerie Notre Dame de Cortine, (ainsi que sera amplement rapporté ci-après
lors que toutes les fondations des églises et chapelles du lieu et son terroir
seront déclarées), et qui appartient présentement au chapitre de l’église
collégiale dudit S-F, auquel ladite chapellerie a été unie, un quarantième à la
famille des Vicards, et tout le restant appartient à Monseigneur l’abbé de St
Victor. Et comme il y a fort peu de personnes qui sachent quelle portion
appartient à mondit Seigneur l’abbé, après avoir prélevé le 6° de la communauté,
le 20° du chapitre et la 40° des Vicard, j’ai crût, pour l’intelligence de tous
les propriétaires, d’en faire l’explication. Et pour y parvenir, il faut
inventer un nombre qui sera 120, sur le pied duquel la communauté, pour sa
portion, à d’avoir 20/120, ce qui fait justement le 6°de sa portion du total,
en multipliant 20 pour 6, et par ainsi, je tire en ligne de compte pour tant
que la communauté participe pour son 6° ----------20
le chapitre pour son 20°, à
6/120----------------------------------6
Les Vicards, pour leur 40°,
ont d’avoir 3/120-------------------3
Tout le restant étant au
seigneur abbé
Composé 91/120 faisant en
total ¾ 1/120----------------------91 = 120
N’y ayant pas de four à cuire
pain à suffisance, Aiden Curet et Jaume Sabatier, consuls de la communauté, par
acte reçu par Maître Aycardi, notaire, du 16 août 1574, ont acquis de Pierre
Martinenq dit Courchet, et Jaume Martinenq dit Cachou, savoir : dudit
Pierre Martinenq, tout le bas d’une maison indivise avec Vincens Martinenq son
frère. Consistant : le bas en deux étages, sise, ledit dabas ; dans
les murs dudit S-F, proche le grand portal, confrontant, de levant : le
barri et bas de la maison dudit Jean Martinenq, de midi : avec le bas de
la maison de Laurens et Anthoine Domergue, de ponant et tramontane : avec
la rue. Et ledit Jaume Martinenq, du bas de la maison qu’il a auprès ledit
grand portal, confrontant, de levant : le barri, de midi et ponant :
avec le bas acquis dudit Pierre Martinenq, de tramontane : la rue
publique. Moyennant le prix, savoir : la portion dudit Pierre Martinenq,
de 40 écus de 4 florins pièce, et celle dudit Jaume Martinenq, de 20 écus.
Par autre acte reçu par ledit
Maître Aycardi, du 26 septembre audit an 1574, Laurens et Anthoine Daniels
Domergues, frères, ont vendu à ladite communauté le bas de leur maison qui
était du coté de midi de la ci-dessus mentionnée, au prix de 60 florins.
Auxquelles places ou dabas de maison, fut fait le four qu’on appelle de
l’orloge (horloge).
Quand au grand four et le
petit four qui sont à la rue allant à Notre Dame, toutes les apparences sont
qu’ils sont aussi ancien que la fondation du lieu. Et ayant été nécessaire de
faire diverses réparations, elles furent faites par les consuls et payées par
la communauté, en année 1572 jusqu’en 1575, exclusivement de quoi, en ayant
tenu compte, il se trouva que toute la dépense monta jusqu’à 1 318 florins, 4
sols, 6 deniers. Au pied du rôle qui en fut tenu est écrit que pour la 6°
partie desdits fours qui compte à la communauté de payer, se monta 219 florins,
un sol, 5 deniers , le vingtain : 65 florins, onze deniers, le
quarantain : 32 florins 6 sols, 5 deniers, et la portion du seigneur,
déduit les portions ci-dessus : 1 001 Florins, 7 sols, 9 deniers.
Le susdit four de l’orloge,
fut fait au coin du coté de midi, joignant et contigu du coté de ponant
avec
la muraille qui le sépare de
la rue publique. Laquelle, se trouvant plus élevée que n’était pas ledit four,
et par ainsi, l’humidité que les eaux pluviales pouvaient donner audit four ou
pour d’autres raisons qu’on pouvait avoir , fut trouvé à propos de le changer
et mettre la crotte (voûte) du coté de tramontane, joignant l’orloge. Surquoi,
par acte reçu par Maître Lieutaud, notaire, le septième janvier 1599, Pierre
Vidal, Bertrand Tortel et Urbain Martinenq, consuls et autres dénommés audit
acte, en donnèrent le prix fait à Claude et Pierre Girauds, maîtres maçons de
Le four de l’Esperon a été
bâti en l’année 1595, ce qui est justifié par l’acte de prix fait dudit four,
passé par Sieur Honoré Vidal et Honoré Beaussier, consuls suivant le pouvoir a
eux donné par délibération de leur conseil, reçu par Maître Lombard, notaire,
le 5 février audit an, par-devant Maître Pierre Martinenq, Baille dudit lieu, à
cet effet appelé pour l’intérêt du Seigneur abbé de St Victor, à Pons Fouquet,
maçon du Canet, moyennant
A raison de la banalité des
fours, les consuls en firent faire une consulte le 22 mars 1609, à Maître Rusti
Audibert Seguiran,(décormu) et(blanc)avocat, par laquelle entre autres, est
porté que les Vicards, copropriétaires des fours dudit S-F firent démolir un
four construit au terroir, en 1581 et que l’acte fut fait avec une femme
tutrice et de son consentement.
Les salins des Embiers ont
appartenus anciennement à la communauté de S-F, ce qui est justifié par un acte
du 12 mai 1477, reçu par Maître Jean de Portalli, notaire public d’Ollioulles,
par lequel Honoré Chabert de S-F, s’obligea et promet à la communauté de faire
aux salins d’icelle, situé dans l’île des Embiers, du sel bon et de recepte, au
temps de la saison convenable, sous le prix de 6 florins pour chaque mois où
qu’il y sera occupé à faire la sel. Payable : 3 florins au commencement du
mois et les autres 3 florins à la fin, commençant jeudi lors prochain, quinze
du mois, à la charge que ledit Chabert ne sorte de ladite île que pour porter
ses victuailles et en cas de crainte des pirates. Auquel cas, ledit Chabert,
pour le temps perdu, promet de travailler auxdits salins tant que plaira à
ladite communauté , pourvu néanmoins, qu’il soit maintenu a faire la sel
toujours sous le prix de 6 florins par mois. Auquel temps, Pierre Audibert et
Anthoine Martinenq étaient syndics.
A la suite, la communauté, ne
possédant plus que deux tables dudit salin, lesquelles, avec tous les droits
qu’elle avait audit salin par transaction passée entre les consuls et
communauté d’une part, et Barthelemy Lombard d’autre, du 16 septembre 1520,
elle remis et quitta audit Lombard lesdites deux tables de salin, avec pache
entre autres, que ledit Lombard paierait à la communauté une pension annuelle
de 16 florins à la fin de chaque mois de septembre. Ainsi qu’il est justifié
par une sommation faite par la communauté à Honorade Rivière, veuve d’Augustin
Lombard, du 21 septembre 1560, rure Maître Lombard, notaire, laquelle ne fait
aucune mention du notaire qui a reçu ladite transaction.
Sur les procès intentés, tant
par-devant
Aux écritures de Maître
Lombard, notaire, y a une procuration faite par Sieur Cipion et Pierre de
Lombards, frères, du 15 mai 1610, après laquelle fut passé une transaction le
12 juillet audit an, reçue par Maître (en blanc), par laquelle, l’île des
Embiers fut donnée à inféodation auxdits Sieurs de Lombards.
Noble Cipion de Lombard,
Sieur de Ste Cécille ayant entrepris de boucher les gaulx (suie trenes) du port
du Brusc, serait (aurait) été intenté un procès par-devant
Sur les nouvelles contentions
(contentieux) à raison des herbages et pâturages de l’île des Embiers serait
(aurait) été mis procès par-devant Monseigneur l’intendant de justice de cette
Province, entre les consuls et communauté de S-F, et Noble Pierre Anthoine de
Jouffrey, Sieur de Ste Cécille, à la poursuite duquel, par ordonnance rendue en
contradictoire jugement dudit seigneur intendant du dernier janvier 1643,
serait(aurait) été dit que le pâturage et herbage, généralement sur tous les
biens des Embiers ; appartient à la communauté, et que le fonds et
propriété desdites terres leur appartient aussi en fonds et propriété, fort
(sauf) ce qui appartient audit Sieur de Ste Cécille. Et par ce que le magasin
et la halle fabriquée pour le service de la madrague à pêcher, tout proche le
port de
Enfin ce qui a terminé toutes
les contestations à l’occasion de l’île des Embiers, c’est que sieur Anthoine
Guigou, Anthoine Jullien et Pierre Vidal, consuls de la communauté de S-F,
suivant le pouvoir à eux donné par délibération de leur conseil du 3 mars 1669,
par acte reçu par Maître Denans, notaire, du 5 dudit mois de mars, ont vendu
audit Sieur Pierre Anthoine de Jouffrey de Lombard, Sieur de Ste Cécille,
conseiller du Roi en sa Cour du Parlement de ce pays, toutes les terres gastes ensemble,
toutes les autres terres, cultes et incultes, pallus, que ladite communauté
possédait dans toute l’étendue de l’île des Embiers, comme aussi les droits et
usages que la communauté, manants et habitants dudit S-F, avaient sur la
susdite île, et encore sur les propriétés appartenant audit Sieur de Sainte
Cécille, situées, tant dans toute ladite île des Embiers, que à celle proche
appelée l’île de Callefat, soit pour les herbages, soit pour prendre du bois,
soit pour les pâturages et y faire dépaître leurs bestiaux, gros et menu,
moyennant la somme de
Sur la réquisition verbale
qui fut faite à Monseigneur Thomas Jacomilli, évêque de Tollon, étant en visite
à la paroisse de S-F, par les habitants et pêcheurs dudit lieu, disant que
certains jours et heures incertaines, passe grande quantité de poisson par leur
mer, et que si pour lors, on perd l’opportunité de les pêcher, on ne saurait
les avoir après. C’est pour cela que fut supplié, ce cas arrivant, de leur
donner permission de pêcher tous les jours des fêtes, à l’exception des
dimanches de la nativité et de la résurrection de Notre Seigneur Jésus Crist,
encore des jours et fêtes de Pâques et de
Anthoine Guigou dit Bastian,
Honoré Beaussier et Jaume Tortel dit Cautellier, de S-F, ayant été les premiers
dudit lieu qui ont pêché avec les filets nommés Gangui, les pêcheurs de Tollon,
joint à eux les consuls de ladite ville, voulant l’empêcher sur la requête
qu’ils présentèrent à
En exécution de cet arrêt,
lesdits consuls de Tollon auraient donné requête à la dite Cour, le quatrième
dudit mois de juillet, sur laquelle, par son décret, monsieur Reynaud Fabri,
conseillé à icelle, serait (aurait) été député commissaire aux fins du susdit
arrêt. Lequel, sur le comparant à lui donné par les consuls de Tollon, serait
parti le 28 octobre, année susdite, et arrivé le lendemain audit Tollon, au
logis où pend, pour enseigne, la fortune.
Le lendemain, trentième dudit
mois d’octobre, sur les contestations des parties au sujet du lieu où ledit
Sieur commissaire devait procéder, serait (aurait) enfin été accordé et convenu
de procéder au Pont de Solliers où ledit Seigneur commissaire s’étant porté.
N’ayant les parties, put convenir d’experts, ledit Seigneur commissaire, par
son ordonnance du 6 novembre audit an 1581, aurait nommé et commis pour
experts, Rugon Siguier et Roullet Reboul de la ville de Marseille, et Jean
Carbones et Gaspard Arnaud dit Picossin de
Le roi Henri second, ayant
fait un emprunt de la communauté de S-F, par acte du 16 août 1558, dont
l’extrait en parchemin est dans les archives dudit lieu, aurait fait rente aux
syndics et communauté, d’une constitution de pension annuelle et perpétuelle de
16 écus-sol et 2 turs, valant quarante sols tournois, payable le seize de
chaque mois d’avril, pour la somme capitale de 200 écus, 48 sols, valant
Par délibération du conseil
de la communauté du 28 avril 1559, fait le par-devant Maître Barthelemy
Audibert Baille, où furent présents : Jacques Crestien, syndic, Honoré
Martinenq dit Ferrin, Laurens Audibert, Barthelemy Guigou, Honoré Gardane,
Pierre Daniel, Anthoine Jarri, Anthoine Martinenq, Jean Lieutaud, Honoré Roux,
Jean Audibert, conseillers. Lequel conseil, au nom de la communauté, manants et
habitants dudit S-F, constitua leur procureur, Guilhem Sabatier aux fins de
s’acheminer par-devant Monsieur Maître Bernardin Tulle, grand sénéchal de
Provence, pour lui demander et requérir l’insinuation et enregistrement du
susdit acte, concernant l’argent prêté par la communauté au Roi, et pour être
reçu et enregistré à
Pour l’(exation) de laquelle
pension, Louis Denans, Honoré Crestien et Charles Denans, consuls, suivant le
pouvoir à eux donné par délibération de leur conseil, firent procuration, par
acte reçu par Maître Lombard, notaire, le second avril 1575, à Maître Bernabé
Aycard, notaire dudit lieu, aux fins d’exiger du Roi ou des receveurs des
deniers et domaines de sa majesté, en la ville d’Aix,
D’autre part, par acte reçu
par Maître (en blanc), notaire, le second septembre 1652, Sieur François
Aycard, Louis et Anthoine Daniels, consuls, firent procuration à Maître
Chabaudy, procureur à
Se trouvant du à la
communauté quelques arriérages de la susdite pension, serait (aurait) été donné
pouvoir à Maître Chabaudi, procureur de la communauté de donner requête au nom
d’icelle, à
Quelques particuliers de
Tollon ayant entrepris de cultiver et posséder quelque partie de terre au
terroir de S-F, dans la péninsule de Sépet, étant à présent du terroir de
La communauté ayant acheté du
seigneur abbé le droit de tasques et demi tasques, (ainsi qu’il a été dit
ci-devant à folio 47), suivant son droit par acte du 16 mars 1586, reçu par
Maître (en blanc), notaire, Jean Collomb, Jean Curet et Michel Audibert,
consuls de S-F, ont arrenté la terre de Sépet pour 4 années, payant la tasque
au quart. Savoir : les deux faïsses et part de levant à Sauveur Motton et
Honoré Beaussier pour un panal et trois picotins de blé tous les ans, outre la
tasque, la troisième faïsse de levant au quint, à Guigou Curet pour trois
émines et deux picotins, la quatrième faïsse de levant au quart, à Michel
Tortel, pour quatre émines, un picotin, la part de
Le 14 juin 1587 la tasque de
Sépet pour ladite année fut arrentée à Estienne Vicard pour cinq charges de
blé, étant consul, Bertrand Curet, Anthoine Denans et Jean Curet, et la tasque
de Siciech à trois émines, et ledit arrentement a été continué jusqu’en 1590.
Il y a une grande différence
du revenu que anciennement les Seigneurs abbés de St Victor avaient de la terre
de S-F, avec celui qu’ils en retirent présentement. Car il apert, que par acte
reçu par Maître Jean Rambert, notaire d’Auriol, du 15 novembre 1546, Messire
Anthoine Attrochinir, docteur en droit, vicaire et procureur général de
Révérendissime et Illustrissime, Monseigneur Augustin, par la grâce de dieu,
diacre de St Adrian, cardinal de Triultiis, abbé de l’abbaye St Victor, arrenta
à Barthelemy Pairan, du lieu d’Ollioulles, à savoir : la place et château
de S-F, avec tous et chacun, les fruits et revenus, droits, profits et
émoluments accoutumés, et être pris et perçus audit lieu de S-F et au château
d’Ollioulles et leurs terroirs, à raison de 450 écus d’or. Outre ce, ledit
rentier serait tenu de faire faire le service, à ses coûts et dépends, à l’église
dudit S-F, indivenis pourvoir d’un prédicateur, et tout ainsi qui est tenu
ledit Sieur cardinal, nourrissant et payant leurs gages et salaires. Et y
mettra le curé et autres, au service de ladite église, sera au bon gré dudit
Sieur vicaire. Lequel sera encore tenu de maintenir le touet (toit) ou
taullisse du château dudit Sieur abbé, audit lieu, et de l’église, fours et
moulins, bien couvert, en telle sorte qu’il ne puisse pleuvoir dedans. Que les
naufrages appartiendront : la moitié audit Sieur cardinal, et l’autre
moitié audit rentier. Ayant encore par ledit acte fait diverses autres paches.
Par autre, reçu par maître
Pierre Blanc, notaire de Marseille, du 26 mai 1568, Noble Jean Paul Maluizi, Sieur
de Romette, vicaire et procureur général de Monseigneur le Révérendissime
cardinal Strossi, archevêque d’Aix, abbé de St Victor, arrenta à Anthoine Vuelh
dit pellicier, du lieu d’Ollioulles, le château et place de S-F, avec tous les
fruits, revenus et émoluments accoutumés à prendre audit lieu et au lieu
d’Ollioulles et leurs terroirs, pour le temps de trois ans, moyennant 630 écus,
sous les charges et conditions faites par le Sieur Rodolfe, jadis procureur
dudit Seigneur abbé à Anthoine Guiran de Sireste (Ceyreste) et André Gaultier
de S-F, en l’acte qu’il lui passa le 20 mai 1565, reçu par Maître Victor
Antelme, notaire de Marseille.
Noble Marc de Branget et
Magdallon Letellier de Marseille, lesquels comme chacun leur touche en qualité
de sous rentiers des droits seigneuriaux et autres, que le Seigneur abbé du
monastère St Victor a accoutumé de prendre aux lieux de S-F et Ollioulles, par
acte du second décembre 1583, reçu par Maître Pierre Blanq, notaire de
Marseille, ont sous arrenté à Honoré Martinenq, marchand bourgeois dudit S-F,
tous et chacun, les droits, revenus et émoluments, que ledit Sieur abbé dudit
S-F, a accoutumé de prendre annuellement audit lieu, son terroir et détroit, et
au terroir d’Ollioulles, pour trois années, moyennant la somme de 800 écus d’or
sol coing de France, pour chaque année. Outre laquelle rente, lesdits Sieurs
Branget et Letellier se seront retenus la moitié des amendes et confiscations,
et que l’autre moitié appartiendrait audit rentier, qui serait tenu faire
servir l’église dudit S-F. Et généralement, qui serait tenu de relever lesdits
Sieurs Branget et Letellier, ensemble, le Sieur de Gémenos et Jean Esgusié,
fermiers principaux, de tout ce qu’ils seraient tenus et chargés, pour raison
dudit arrentement, envers ledit Seigneur abbé.
Le 9 juillet 1591, Messire
Jacques d’Ollière, aumônier de St Victor, vicaire général de l’abbaye,
procureur et ayant charge de Sieur Thomas de Canegiani, procureur principal et
général du Sieur abbé, a arrenté à la communauté de S-F, sous stipulation de
Maître Pierre Martinenq, baille, et Hugues Sabatier, procureurs de ladite
communauté, par délibération de lieur conseil du 7 dudit mois, savoir : le
prioré (prieuré ?) et seigneurie dudit S-F, tels que les rentiers
précédents avaient accoutumé de prendre, pour le temps de trois années, ja
(déjà) comptable du premier mai lors dernier, pour le prix de 550 écus de 60
sols pièce, sous les paches, réservations, qualités et additions portés par le
précédent arrentement, avec pache accordé entre les parties que ledit Sieur
vicaire, audit nom, ne leur serait tenu d’aucune guerre, peste ou tempête, ni
moins aux ennemis qui sont voisins audit lieu, ainsi que le tout serait au
risque, péril et fortune de la communauté. Passé, ledit acte, par-devant Maître
François Guis, notaire royal de
Pour survenir au payement des
impositions du Roi et autres charges dues par la communauté de S-F, il apert
par un manuscrit fait de la main de Maître Jean Lombard, notaire, du 25 août
1553, qu’il fut imposé un droit de vingtain sur tous les grains et fruits de
tout le terroir. Portant que les fruits de l’huile, fut affermé à Honoré
Courchet pour 550 florins, que le vingtain du vin fut mis à l’enchère sur
l’évaluation qui en fut faite par les syndics, sur le pied de 250 florins et le
vingtain du blé sur la même évaluation, à 700 florins.
Sur la proposition faite par
les consuls au conseil de la communauté le 14 août 1575, par la pluralité des
voix, fut imposé un autre droit de vingtain sur tous les fruits et grains qui
seraient perçus par les manants et habitants, ensemble, de tous les profits,
revenus et gains de la marine, tant de barques, brégins, que autres engins à
pêche, et aussi de toutes les marchandises boutiquières et artisanes, selon
leur gain et côte, et encore sur les avirages et autres profits qui se feront
au lieu.
D’autre part, en l’année
1594, fut imposé, par la susdite communauté, un dixain sur toutes les figues,
qui fut donné à exiger à Michel Martinenq, à ce, commis par délibération du
conseil fait la même année. Auquel Martinenq, ayant remis le cazarnité desdits
droits, il ce trouve écrit au pied, un acquet du 6 novembre audit an, portant
que Jean Fabre a reçu de Maître Joseph Lieutaud et Michel Martinenq, commis à
l’(exation) dudit droit de dixain de figues, 28 écus, 39 sols pinatelles,
provenues dudit dixain.
Au bas duquel acquêt, y a que
le 16 octobre 1595, le livre du susdit droit de dixain de figues fut calculé,
et que ledit Martinenq en avait reçu 17 écus de bonne monnaie, desquels déduit
38 écus, 29 sols pinatelles, payées par ledit Martinenq à Jean Fabre,
trésorier, qui sont 12 écus, cinquante sols bonne monnaie, ledit Martinenq
resta débiteur de 4 écus, 10 sols.
Les consuls des communautés
d’Ollioulles, S-F,
En suite de laquelle requête
et décret, capitaine Laurens Varon, procureur et député des habitants
d’Ollioulles, S-F,
Au préjudice de laquelle
instance, les consuls et communauté de Tollon, en l’année 1589, ayant fait
procéder à un relèvement et nouveau cadastre de leur terroir. Ils auraient fait
coucher, entre autres, tous les biens que feu Sieur Barthelemy de Lombard,
Sieur de Ste Cécille, possédait au terroir de S-F, prétendant que les tailles
fussent personnelles. Et obliger les hoirs dudit Sieur de Ste Cécille leur en
payer les tailles des biens qu’il possédait au terroir dudit S-F. Ce qui donna
lieu à Dame Hellène de Vallavoyre, veuve du Sieur Barthelemy de Lombard, en
qualité de mère et tutrice de ses enfants, hoirs dudit Sieur de Lombard, de le
mettre en notice aux consuls dudit S-F, par sommation qu’elle leur fit intimer
le 11 juin audit an 1589, par laquelle l’on lui protesta, en cas qu’elle fut
obligée de payer les tailles à la communauté de Tollon, de tous dépens,
dommages intérêts. Lesquels consuls, par leur réponse, auraient déclaré qu’ils
voulaient et entendaient prendre la garantie et défense des pupilles contre
ladite communauté de Tollon et tous autres.
Sur la susdite question, pour
savoir si les tailles des biens devaient être payées au lieu de domicile des
possesseurs ou au lieu où lesdits biens sont assis, fut encore intenté un grand
procès au Grand Conseil du Roi, entre lesdits Sieurs consuls et communauté de
Tollon, qui soutenaient que par privilège octroyé au lieu de la viguerie de
Tollon depuis l’année 1231, les tailles étaient payées au lieu de domicile des
possesseurs et non en lieux où les héritages sont situés et assis, et les
consuls et communauté de S-F. Auquel, la communauté de
Il apert par un inventaire de
communication des pièces de la susdite communauté de S-F, défendeur et opposant
contre les consuls et communauté de Tollon, remises par-devers Messieurs les
trésoriers généraux de France, délégués par sa majesté pour lui donner avis sur
la requête et articles desdits consuls de Tollon du 29 novembre 1585, par
lequel il apert avoir été remis la copie d’une requête donnée par lesdits
syndics à Messieurs les archiveres (archivistes) et Maître Racionaux, pour être
maintenus en leurs privilèges, franchises et exemption, avec la copie des
articles de la grande et insupportable charge dudit lieu de S-F, signé
Ollivier, contenant cinq feuillets, tous écrits. Plus un extrait d’arrêt de
En exécution de certaine ordonnance
faite par Monsieur Vincens de
Par acte reçu par Maître
Lombard, notaire, du 7 mai 1559, apert que le blé, pour lors, se vendait 6
florins la charge.
Monsieur le comte de Tande,
par ses lettres et ordre donné à Marseille le 29 juin 1558, adressé à Monsieur
Gerosme Albert, commis par autre commissaire, aux fins de se transporter aux
villes et lieux, tant de la cote de la marine, que autres, de ce pays, pour
faire commandement de par le roi et lui, aux consuls, syndics, manants et
habitants desdites villes et lieux, de porter ou envoyer le long de ladite cote
de la marine : bœufs, moutons, poulardes et autres vivres, pour en
survenir l’armée turquesque (turque), qui s’attendait de jour à autre en ses
mers. Et ayant été averti qu’elle est arrivée à Saint Florins, étant requis de
donner prompt ordre à l’envoi desdits vivres, il a avisé que tous les lieux de
la vallée fourniront, selon la cotisation, que sur ce, en sera faite par les
procureurs du pays. Savoir : 2 000 moutons, 200 bœufs, 2 000 chapons et
autant de poulardes, 300 millerolles d’huile, vignaire et légumes, la plus
grande quantité que pourront, 1 500 charges d’avoine, 3 000 quintaux de foin et
autant de paille. A cette cause là, commis et enjoint de se transporter
incontinent aux lieux où il avait été, en vertu du premier ordre et commission,
autres que ladite ville de Barcellone et lieux de ses vallées. Et faire commandement
aux syndics desdits lieux, de tout incontinent, après le commandement, porter
ou envoyer aux villes de Grasse ou Antibes, la quantité de bœufs, moutons,
chapons et autres ci-dessus déclarés, selon les cotisations pour y ? ,
vendre et débiter, tant à ladite armée turquesque, qu’à celle de sa majesté, et
seront, lesdits vivres, payés argent comptant sur l’extrait du rôle et
département desdits vivres. Fait à Aix par Messieurs les procureurs du pays.
Sur lequel deparlement, S-F fut cotisé de fournir un bœuf, 10 Milleroles
d’huile, 15 chapons et 15 poulardes.
Ledit Seigneur Comte de Tande
avait déjà fait un ordre le 17 juin audit an 1558, qu’il adressa au viguier de
Tollon ou à son lieutenant, portant que pour le service du Roi, pour la défense
du pays, et pour éviter aux entreprises que les ennemies y pourraient faire, le
Comte lui manda de se transporter par tous les lieux de son viguièrat, et à
chacun d’iceulx, faire commandement de part le Roi et lui, sous peine de
rébellion et désobéissance, aux consuls et syndics d’iceulx, de tout
incontinent et sans délai, tenir prêt le nombre d’hommes qu’ils sont tenus de
fournir, à raison d’un homme pour feu, des plus expérimentés, qui par ledit
Sieur viguier et les consuls seront élus, pour après marcher au lieu qui par
ledit Sieur de Tande sera ordonné.
En exécution et vertu de
l’ordonnance ci-dessus, par exploit fait par Barthelemy Baille dudit S-F, du
dix juillet audit an, à la requête des syndics et communauté dudit lieu, fut
fait commandement de par le Roi, à peine de confiscation de corps et de biens,
à Jacques Sabatier, Jean Vicard, Anthoine Tortel, Barthélemy Martinenq,
Estienne Guigou Bastian, Guilhem Vidal, Anthoine Vidal, George Curet, Jean Vidal,
Jacques Audibert, Hugues Denans dit Catellan, Venturon Porquier et Honoré
Curet, de se trouver tout incontinent, au jourd’hui, avec les syndics dudit
S-F, armés et équipés d’armes, comme est contenu auxdites lettres, pour marcher
à Tollon, et après aller servir le Roi, l’espace de quarante jours,
raisonnablement.
Le treize dudit mois de
juillet, par Michel Posset, sergent juré de
Le 29 du même mois de
juillet, le Sieur Doirry, contrôleur et trésorier, commis et député à Saint
Laurens pour recevoir l’argent des soldats fougagés, a fait acquêt, portant
qu’il a reçu de Bertrand Audibert, consul de S-F, neuf livres pour un homme
défaillant audit fougage.
Monsieur François Saurimont,
commissaire, en exécution du pouvoir à lui attribué par les précédents états et
assemblées de
Sur diverses requêtes,
données par les syndics et habitants de S-F, remontrant que journellement il y
a des vaisseaux et corsaires turcs à la cote dudit lieu, faisant descente et
causant de grands dommages. Par quelques unes desdites requêtes, ayant
représenté que les galères d’Espaigne (Espagne) y arrivaient, en sorte que pour
se garantir, demandèrent que leur fut permis de tenir d’armes à leurs maisons
et bastides, pour s’en servir et défendre contre les turcs et autres ennemis du
Roi. Surquoi, Monseigneur Armand de Gonlarld, Seigneur et Baron de Racon,
chevalier de l’ordre du Roi, capitaine de 50 lances, de son ordonnance, et
commis par sa majesté en Provence pour lieutenant, leur accorda la permission
de tenir d’armes.
Monseigneur Claude, Comte de
Tande, chevalier de l’ordre du Roi, grand sénéchal, gouverneur et lieutenant
général en Provence, par sa lettre du 12 octobre
D’ailleurs, sur une requête
donnée par lesdits syndics et habitants dudit S-F, à Monsieur le Comte de
Tande, chevalier de l’ordre du Roi, grand sénéchal, gouverneur et lieutenant
général en Provence, par laquelle ayant représenté, que non seulement pour
lassurté (la sûreté) du lieu, mais encore, pour celle des lieux circonvoisins
et du pays, que un chacun dudit S-F, capable de porter les armes, ont été
contraints de les prendre, et qu’ils ont demeuré deux jours et deux nuits au
rivage de la mer, sous leur garde, à cause de 16 vaisseaux turcs qui ont
demeuré lesdits deux jours et deux nuits à la cote, et des grands dommages que
lesdits turcs y viennent faire tous les jours.
Et parce qu’ils sont
contraints ,tous les ans, de faire montre, au jour et fête Saint Jean Baptiste,
de leurs armes, à fin que chacun se présente, et bailler des munitions à ceux
qui en ont besoin, laquelle chose, ladite année, à cause de l’édit du Roi,
n’oseraient entreprendre sans le consentement dudit Seigneur Comte. Auquel,
ayant demandé de continuer, ledit Seigneur aurait répondu, leur requête de,
soit communiquée aux procureurs du pays, qui par leur réponse du 21 juin, y
auraient donné leur consentement. Suivant lequel, ledit Seigneur Comte, par son
décret ou ordonnance dudit jour, leur aurait permis de faire leur garde et
d’assembler les habitants comme ils ont accoutumes.
Ledit Seigneur Comte de
Tande, par une sienne seconde ordonnance donnée à Aix, le 15 mai 1567, confirme
la permission auxdits habitants de S-F, de tenir des armes, qu’il leur avait
accordé par sa première ordonnance.
Monsieur Jean de Ponteves,
Comte de Carces, grand sénéchal et lieutenant général pour le Roi en Provence,
par son ordonnance du 8 juin 1573.
Monsieur Henry d’Angoulême,
grand prieur de France, capitaine de 100 hommes d’armes, commandant pour sa
majesté en Provence, par sa lettre du mois de juin 1578.
Monseigneur le Duc de
Lorraine, Duc de Guize et de Chevreuse, prince de Jonuille (ou Jonville), pair
de France, gouverneur en Provence, par ses lettres données à Marseille, le 4
septembre 1597.
Le même Seigneur de Lorraine,
sur la requête donnée par les syndics, ayant représenté qu’il arrivait souvent à
ses ports des galères d’Espaigne, et des corsaires turcs au bord de la mer, il
aurait par son décret du 22 novembre 1605, tant lui que tous les autres
Seigneurs ci-dessus nommés, permis et accordé auxdits habitants de S-F, de
tenir des armes à leurs maisons et à leurs bastides, et de faire garde au bord
de la mer, contre les corsaires turcs et ennemis du Roi, et tous les ans faire
montre, c’est à dire faire la (remise) des armes, le jour de la fête Saint Jean
Baptiste, 24 juin. En conformité de toutes lesquelles ordonnances, et suivant
l’ancienne coutume du lieu, tous les ans audit jour de la fête St Jean, le
capitaine en chef et tous les officiers et habitants qui pouvaient porter les
armes, sortaient la veille dudit jour, le soir, et le lendemain, jour de la
fête, tous armés de mousquets et d’épées, allaient à la chapelle St Jean de
Crotes, qui est au terroir dudit S-F, avec la procession générale et tout le
conseil de la communauté, pour y faire célébrer la grande messe. Ce qu’on
appelait
Les syndics ou consuls de
S-F, d’ancienneté, n’avaient jamais porté le chaperon que jusqu’en l’année
1619, que par lettres patentes du Roi Louis XIII, du mois de mars de ladite
année, leur fut permis de porter le chaperon rouge et noir. Lesquelles lettres
patentes ont été reçues par arrêt de
Par lettres patentes du même
roi Louis XIII, du mois de novembre
Sur la prétention mal fondée,
que parfois les consuls de Tollon ont eut, que le port de
Le négoce de la mer était
anciennement fort considérable audit S-F, pour le justifier, faut savoir que
par délibération du conseil de la communauté, du 14 octobre 1629, serait
(aurait) été imposé un droit de trois pour cent sur tous les profits des corps
des vaisseaux et barques. Tant seulement, lequel droit fut affermé pour une
année, à Maître Jean Lombard, notaire, intervenant pour et au nom de Sieur
Michel Tortel, par acte reçu par Maître Lieutaud, notaire, le trois décembre
audit an. Par lequel est porté que le fermier ne pourra demander plus grands
droits que ceux décrits et spécifiés aux ordonnances portant imposition faite
par le conseil, du 3 et 28 juin 1626, du profit tant seulement des vaisseaux et
barques, à la susdite raison de trois pour cent, à ce, ladite imposition
verbalement réduite, et par ainsi, que tous les vaisseaux et barques qui
étaient en voyage, le droit appartiendrait au fermier et ceux qui étaient au
port, de retour soit en ce pays ou autres lieux destinés pour leur voyage, avant
ledit jour, appartiendront à la communauté. Et son année finie, en serait fait
de même. Que la communauté ne serait tenue d’aucune (aduirie) audit fermier,
soit par peste, guerre ou autrement, aussi seulement en cas de guerre déclarée
entre
Ce qui, depuis un temps
immémorial à S-F, a été appelé
Pour l’intelligence des
raisons qu’on a eu de faire la chasse de
Lesquels, tous les ans,
suivant l’ancienne coutume et obligation, à la seconde fête de Noël, faisaient
porter au château des corbeilles remplies de pièces de pain, de noix de
fromage, de châtaignes et autres choses semblables, avec des barils remplis de
vin. Et tous les pauvres y venant, leur était donné à manger et à boire. Mais
cette louable coutume, par la tolérance de ceux qui étaient en droit de la
faire observer, a été discontinué depuis que ledit Sieur Crestien quitta la
ferme. Et la chasse à la raquette sine pétoua, depuis environ dix ans, n’ayant
resté comme a été dit ci-dessus, que celle de donner le pument et les néoules.
On peut colliger par cette coutume, que la communauté a eut raison de continuer
la fête de la pétoua, parce que, pour un si petit hommage, tous les habitants
et les pauvres en retiraient de profit.
Par la vente des huiles et
blés (dont mention est faite ci-devant à folio 130, et encore par l’acte
ci-dessus rapporté à folio 178), on peut juger de la différence qu’il y a, du prix
modique ancien d’avec celui du présent, et on peut juger que cette différence
était à proportion aussi grande des autres fruits, grains et denrées. Et pour
en être convaincu, il est justifié que, par acte du 5 février 1548, reçu par
maître Bertrand Matalli, notaire d’Ollioulles, Maître Louis Martinenq, notaire,
Anthoine Martinenq dit Baille, et Jean Lombardon, syndics de la communauté de
S-F, baillèrent Jean Jullien à feu Pierre, de Tollon, la ferme du tablier de la
boucherie dudit lieu. Lequel s’obligea de débiter le mouton à raison de six
patacs la livre, le menon, cinq patacs aussi la livre, les freches toutes
entières, dix patacs, les têtes de mouton et menon, avec les quatre pieds, six
patacs, les tripes, demi-gras, plus les chandelles à suffisance aux fêtes de
Noël, à douze patacs la livre. Et s’obligea, en outre, de payer à la
communauté,
Ci-devant, à folio 11, est rapporté
divers écrits ou actes, qui justifient que la nouvelle bâtisse de S-F qui
contient toutes les maisons de levant de la grande place et celles de la
bourgade, est assez moderne, n’ayant pas, les plus anciennes, de 150 ans
environ. Ce qui est encore justifié par l’achat d’une place de maison, fait par
les consuls, de Pierre Vicard, dit Jaufret, par acte reçu par Maître Lombard,
notaire, le 26 mars 1563, faisant partie de la terre sine ferrage, que ledit
Vicard avait au terroir dudit S-F et au lieu dit, à peu près de cinquante
paumes de long, de midi à tramontane, ainsi que porte le chemin, et trente
paumes de large, de levant à ponant, franc de muraille, confrontant de levant,
la rue publique, de tramontane, ponant et midi, terre restante au vendeur, qui
a affirmé n’avoir jamais payé cense, ni service. Sur laquelle place, et sur
l’achat que à la suite firent de Honorade Jaresse (comme sera ci-après noté),
la boucherie fut bâtie.
A raison de l’hôpital, qui
est joignant la boucherie, par acte du 22 mars 1575, fut passé et fait échange,
entre les consuls et Honorade Jaresse, par lequel fut remis, par lesdits
consuls à ladite Jaresse, une maison hors les murs du lieu, près de l’église où
l’on faisait l’hôpital. Confrontant : de levant, jardin des hoirs de Maître
Anthoine Jarri, de midi et ponant, cazal de Sieur Arnaud Lombard, de
tramontane, le cimetière. Et ladite Jaresse, en contre échange, remis auxdits
consuls, une partie de ferrage, du coté de tramontane du cimetière.
Confrontant : de levant, le restant à la dite Jarresse, de midi, ledit
cimetière, de ponant, la rue, de tramontane, maison et jardin de Guigou Pascal.
Avec pache que ladite Jaresse ne pourra habiter ladite maison, à elle, baillée,
aussi y laisser demeurer les pauvres, jusqu'à ce que la communauté aie fait
bâtir et édifier un hôpital, au lieu et partie de ferrage, ci-dessus , sans
aucune contradiction, ce que les consuls seront tenu de faire dans deux ans.
N’y ayant aucune horloge
audit S-F, sur la proposition qui fut faite au conseil de la communauté, le 13
juillet 1572, par Laurens Audibert, autre Laurens Audibert dit Patac, et Jean
Collomp, consuls, fut délibéré, que pour la décoration du lieu, il serait fait
un orloge (une horloge) sur la tour du grand portal. Et pour cet effet, serait
(aurait) été donné pouvoir à Messire Jean Beaussier, prêtre, Hugues Vidal et
Honoré Lieutaud, d’acheter l’engin dudit orloge (de ladite horloge), et tous
autres choses nécessaire. Suivant l’exposition de laquelle délibération, il y a
apparence que ladite tour de l’horloge est aussi ancienne que le lieu.
Jean Sabatier, Pons Denans et
autres du conseil de la communauté, par acte du 28 avril 1606, reçu par Maître
(en blanc), notaire, ont donné à prix fait, à Jacques Bertrand, du lieu de
Lorgues, de refondre la cloche rompue de l’horloge, ensemble, faire le dôme ou
caisse de ladite horloge, tel qu’il était pour lors, et le tout monté à ses
frais sur la tour ladite horloge, sans que la communauté soit obligée de rien
fournir, fors le charbon pour refondre ladite cloche. Que ledit dôme ou caisse,
sera du poids de treize quintaux ou environ, moyennant la somme, savoir :
la refonte de la cloche, de
Il faut noter que le premier
agrandissement de la nouvelle bâtisse, ainsi qu’il a été dit ci-devant, n’est
pas fort ancien, une portion d’icelui avait été fait en partie jusque vers la
chapelle Ste Croix, et il n’y avait pas un grand nombre de maisons. Ce qui est
justifié par une délibération du conseil du 21 septembre 1578, à cause que les
ennemis du Roi étaient à cette province, Sieur Honoré Curet et Esprit
Beaussier, consuls, auraient proposé audit conseil, que les gens de guerre, qui
étaient à ses quartiers, se saisissaient de beaucoup de lieux. Sur laquelle
proposition, pour éviter toute surprise, ledit conseil aurait délibéré que
serait fait garde audit S-F, de dix hommes à chaque nuit, armés, qui
demeureraient depuis quatre heure du soir jusqu’au lendemain, au soleil levé.
Qu’ils feraient corps de garde à la petite place. Que chaque nuit, le petit
portal serait fermé et le grand demeurerait ouvert sous la garde desdits
commandés, qui fermeront ledit grand portal et auront les clefs et celle de
l’horloge, pour sonner le toque sain (tocsin) en cas de nécessité. Et que le
jour sera fait garde à la citerne. Tout cela justifie qu’il n’y avait pour
lors, aux murailles anciennes, que les deux portes qui sont celle de l’horloge
et celle proche l’auditoire.
Par autre délibération du
conseil, est porté que, pour certaines bonnes considérations, serait continué
de faire garde par trente hommes à chaque nuit. Savoir : quinze à
Il est encore porté, par
autre délibération du 26 dudit mois d’octobre, que la garde serait continuée et
que les escouts de
Où au susdit temps, on avait
déjà fait bâtir quelques maisons au jeu de ballon, dit la grande place et
au-dessous, tirant à la borgade. Lesquelles n’allaient pas si avant que la
chapelle Ste Croix, n’y ayant encore, pour lors, aucune maison dessous ladite
chapelle. Il paraît encore que la maison d’Honoré Guiraman, qui est quelques maisons
au-dessus de ladite chapelle, ne fut bâtie que l’année 1608. Pour la preuve de
la vérité, que au-dessous la susdite chapelle Ste Croix, il n’y avait aucune
maison, c’est la teneur d’une délibération du conseil de la communauté, du 17
novembre, année susdite 1578, par laquelle, sur la proposition qui fut faite,
fut mis en délibération, si on ferait fermer et clore la borgade. Ce qui fut
rejeté, tant à cause qu’on n’avait obtenu aucune permission de Monseigneur
l’abbé, que à cause des nouvelles qu’on eut, que les ennemis étaient reculés.
Laquelle délibération justifie encore que la maison de Maître Jean Lombard,
notaire, était bâtie. Et par les protestations faites par Honoré Lieutaud,
Pierre Martinenq, Arnaud Lombard, Honoré Crestien, Estiene Vicard, Jacques
Martinenq dit Courchet, tant pour eux que pour leurs adhérents, justifient que
leurs maisons étaient lors la ville. Cependant, par autre délibération du
conseil du 30 novembre audit an, fut dit qu’il serait supercédé à barricader la
borgade, à cause que l’ennemi avait reculé.
En fait, l’ennemi ne reculant
point, on commanda de clore ladite borgade. Et par délibération du 7 décembre
de ladite année 1578, fut ordonné que soit continué de clore la borgade, avec
la plus grande diligence que faire se pourrait et que tous les habitants ayant
portes à leurs maisons, sortant hors des murailles de la borgade et barricades,
les feraient fermer à chaux et sable dans quatre jours. Plus, que la garde
serait continuée, jour et nuit, par quarante hommes. En sorte que audit temps,
les maisons qui étaient bâties à la grande place et à la borgade, furent
fermées par trois portes, qui sont : celle du mollin, celle de St Roc et
celle de Ste Croix. N’y ayant au-dessous de cette dernière encore aucune
maison, maison, y en ayant été à la suite bâties, elles furent fermées par la
porte qu’on appelle de Noradon, et en suite les maisons qui furent faites
au-dessous de ladite porte et tous ce que contient la seconde bâtisse fut fermé
ainsi qu’il a été dit, ci-devant à folio 13.
ANCIENNES COUTUMES :
Il y avait anciennement une
très grande amitié parmi les habitants de S-F. Il ne faut, pour justification
de l’union que nos anciens avaient entre eux, que savoir leurs coutumes, qu’ils
observaient depuis divers siècles, et dont une partie ont continué jusques à
nos jours, y en ayant même quelques unes qui ont été observées n’y a pas dix
ans. J’en rapporterai ici neuf, qui sont , savoir :
la première : que tous
les ans, aux fêtes de Noël, toutes les familles, pauvres et riches, faisaient
pétrir du pain blanc, pour en manger pendant les trois fêtes de Noël,
la seconde coutume : que
toutes les familles qui étaient en deuil, par le décès de quelqu'un des leurs,
dans l’année de deuil, ne faisaient point pétrir de pain blanc. Auxquels, la
veille des fêtes, leurs parents et bons amis, leur mandaient chacun un pain
blanc et quelque fois deux, en sorte que ceux qui n’avaient pas fait pétrir, à
cause du deuil, le plus souvent, avaient plus de pain que ceux qui en avaient
fait pétrir. Et ce qu’il y avait de particulier, c’est qu’ils faisaient porter
le pain de S-F à
Troisième coutume : on
observait aux hameaux ou bastides de la campagne, que tous les habitants du
quartier, hommes, femmes et enfants, allaient le soir de la veille de Noël, à
la bastide du plus ancien du quartier, et là était allumé un grand feu, qu’on
appelait le feu de Callenes. Et après, y ayant à la salle, une table à
rallonges, couverte de tout ce qui sert à la collation, là, toute la compagnie
commençait de faire collation, avec permission aux enfants de mettre la main au
plat. Et après avoir mangé quelque peu, le plus ancien en tête, allaient à
toutes les autres bastides où ils continuaient leur collation
Quatrième coutume :
presque toutes les familles le jour des Innocents, ayant du pain blanc de
reste, le mettait en tranches et le faisait sécher au soleil, pour le manger en
pain bouilli. Et ce même jour reprenaient de manger le pain brun. Ce qui donna
lieu à deux proverbes provençals (provençaux), qui sont assez vulgaires
(communs) en ce pays, le premier, « lou jour des inocens, lou pan brun
tourne à ley denes », et lou second, « va tan mau, comme près
callènes ».
Cinquième coutume :
anciennement, le jour que quelque personne ou femme était porté à la sépulture,
les parents donnaient à dîner aux Sieurs prêtres qui assistaient au convoi. Ce
qui est justifié par un grand nombre de testaments, portant que le jour de
l’enterrement sera fait un chant et donné à dîner aux prêtres.
Sixième coutume : Celle
ci-dessus ayant été discontinue, le jour de l’enterrement d’un mort, il ne se
faisait aucun apprêt pour le dîner, à la famille de la maison de deuil, à
laquelle était mis seulement la table, couverte de linge et de pain, et aucuns (chacun)
des parents, amis et voisins, chacun avec son plat, allaient dîner avec la
famille de deuil.
Septième coutume : tous
les habitants de chaque quartier des bastides nourrissaient un porceau, ainsi qu’une
grande partie font encore. Et lors que le temps de les tuer était venu, celui
qui était le premier de les tuer, donnait à tous les voisins des boudins et
chair de son porceau. Qu’ils n’étaient tués que un à chaque semaine, en
continuant les présents qu’ils se faisaient réciproquement les uns aux autres.
Et qui, par ce moyen, mangeaient de chair fraîche et des boudins, jusqu’à la
fin du Carnaval.
Huitième coutume : lors
qu’un particulier empruntait une somme d’argent modique, celui qui faisait le
prêt, le faisait à la cachette et à l’insu de toute personne. Et si lors que le
terme convenu de rendre la somme prêtée était échu, le débiteur ne la rendait
pas, le créancier n’avait qu’a lui dire qu’il ferait savoir son emprunt. Cette
menace ainsi faite obligeait si fort le débiteur de satisfaire à son
obligation. Parce que lors, ce sorte de menace opérait et donnait plus de
crainte qu’à présent celle des sergents.
Neuvième coutume : aux
bastides où il y avaient des filles à marier, on y faisait faire à la façade
par dehors, un trou à la muraille, en forme d’armoire, et le samedi ou dimanche
au soir, le père ou la mère de la fille, avant que de s’aller coucher,
mettaient dans cette armoire une cruche remplie d’eau, un demi-pot étant rempli
de vin, un verre et une fogasse (fougasse). Et après que toute la famille était
couchée, la jeunesse venant devant la bastide, faisait jouer avec le tambour et
le fifre, une sérénade, ou bien faisait chanter des chansons et très souvent
récitaient des vers. Et après avoir fini et pris une pièce de la fogasse et bu,
ils se retiraient, et très souvent, comme ils allaient à diverses bastides, ne
touchaient rien au manger, ni au boire. Ce qui surpasse l’imagination, c’est
que cette coutume a duré pendant un temps immémorial et jusqu’à environ l’année
1612, que la jeunesse commença de faire du désordre en rompant ou emportant ce
qui était laissé à l’armoire, ce qui n’avait (n’était) jamais arrivé jusqu’à
lors. Il paraît encore à présent, à diverses bastides, ce sorte de trou ou armoire.
Ces coutumes, quoi qu’elles
semblent ridicules, si pourtant à les bien considérer, marquent qu’il y avait
parmi ces habitants une véritable amitié et une sincère bonne foi entre eux.
Cette amitié et bonne foi a
quelque chose de particulier, mais l’associété qu’ils avaient entre eux,
particulièrement pour le négoce de la mer, surpasse l’imagination, et peut
être, on n’en saurait trouver aucun exemple à toute
Le lendemain, 28 mai 1569,
plusieurs autres particuliers, au nombre de 36 ont été reçus et associés à
ladite compagnie, faisant en tout, cette associété, le nombre de 206, comme
apert de l’acte reçu par ledit Maître Lombard, notaire.
Cette seconde associété étant
finie, serait (aurait) été passé autre acte d’associété, pour trois ans, entre
plusieurs particuliers au nombre de 93. Reçu, ledit acte, par ledit Maître
Lombard, notaire, le 22 octobre 1572, semblable à celui passé le 28 mai 1569,
ci-devant noté à folio 215, avec cette différence que les limites furent depuis
Naples jusqu’à Valance, et que le prix du rachat fut fixé à 93 écus de quatre
florins.
N’y ayant point de prison à
S-F, le premier mars 1573, par délibération du conseil de la communauté, fut
donné pouvoir aux consuls de faire sommation aux Sieurs rentiers de Monseigneur
l’abbé, de pourvoir audit lieu, d’une prison bonne et suffisante.
En l’année 1623, les
vaisseaux turcs, bien armés, firent des courses à la cote de Provence, et
notamment à celle du rivage de la mer de S-F. Lesquels, ayant mis des troupes à
terre, pillèrent des villages, y faisant des esclaves, prenant des barques et
autres bâtiment de mer, ce qui dura quelques jours. Ils saccagèrent le fort de
Porqueiroles, et fait quelques esclaves, tant audit Porqueirolles que à Giens.
Entre autres, ils auraient pris audit Giens, le nommé patron Dodon, de Tollon.
Lequel, quelques jours après, ayant eut moyen de se racheter, aurait rapporté
que lesdits corsaires étaient au nombre de 12 vaisseaux, bien armés et équipés,
et qu’ils entendaient de faire descente à terre avec des échelles et pétards,
voulant prendre S-F, Saint Nazaire ou autres lieux qui leur serait plus
convenable. Dequoi, Messieurs de la cour du parlement, en ayant eut notice, par
une lettre circulaire, ordonnèrent à toute la cote de se garder, sans que les
consuls dudit S-F, se mettent en peine ou en état de le faire. Ce qui donna
lieu à Sieur Joseph Beaussier, Louis Tortel et plusieurs autres leurs
adhérants, au nombre de plus de cent des principaux dudit S-F, de faire
sommation auxdits consuls, aux faire de mettre des gardes au quartier de
Ballaguier, la plage près St Honoré, Fabrégat et autres lieux de la cote de
leur terroir. Cette sommation fut (entériner) par Maître Nicolas Martelly,
notaire d’Ollioulles, le 9 décembre, année susdite, 1623.
Les turcs continuant leur
course à la cote de Provence et singulièrement à celle de S-F, les consuls
dudit lieu, pour se garantir de leur ravage et donner un meilleur moyen de
faire la garde avec moins d’incommodité, par acte reçu par Maître Lieutaud,
notaire, le 18 mars 1638, aurait donné à prix fait, à Jacques Jougla et Honoré
Beaussier, maçons, de faire quatre loges pour y faire la garde aux avenues de
la mer, de 10 pans de long, huit de large et neuf de hauteur, chacune crottées
(voûtées) par dessus et aplanies de mortier, avec leurs portes. Savoir :
la première au Passage, la seconde à Fabregat, la troisième à la Gardiolle et
la quatrième à Camegie. Et parce que ceux qui étaient commandés pour faire la
garde au rivage de la mer, lors qu’ils découvriront quelque bâtiments de mer
qui leur paraissait suspect, ils en donnaient le signal à un garde qu’on
mettait vers la chapelle Saint Roc, par un feu qu’il allumait. Et pour lors, le
garde qui était vers ladite chapelle, qui est hors des murs et proche dudit
S-F, en donnait avis à tous les habitants du terroir en faisant battre le
tambour. Et comme audit endroit de St Roc, n’y avait point de loge pour mettre
à l’abri le gardien, lors que du mauvais temps et des pluies, en l’année 1556,
fut fait aux frais de la communauté, la halle qui est devant ladite chapelle,
pour servir de loge au gardien, lors du vent et pluie.
Le vaisseau nommé Saint
Pierre, commandé par capitaine Pierre Guigou, étant arrivé au port de Sepet,
ayant la contagion dedans, et le capitaine décédé, Monsieur maître Gaspard de
Glandeves, conseillé du roi en la Cour du Parlement, commissaire à cette partie
député pour l’exécution de l’arrêt de ladite Cour du 13 mai 1619. Suivant
l’ordonnance dudit Sieur commissaire, du 17 dudit mois, portant que toutes les
marchandises qui étaient dans la chambre de poupe dudit vaisseau, seraient
brûlées, Sieur Pierre Vidal, premier consul, Barthelemy Aycard et Charles
Vidal, intendants, se seraient portés, avec Maître André Denans, notaire, audit
quartier de Sepet, port de mer, où le vaisseau était ancré. Et ils auraient
fait brûler toutes les marchandises qui étaient à ladite chambre, désignées et
mentionnées par le verbal qui fut dressé par ledit Maître Denans,
notaire, le 24 dudit mois de mai.
A raison des droits qu’on a
de donner l’entrée aux bâtiments de mer, il a été rendu un arrêt de la Cour du
Parlement, que nul bâtiment de mer, venant de la cote de Barbarie ou du levant,
ne pourraient prendre leur entrée que à la ville de Marseille, ou celle de
Tollon. Comme aussi ceux que leurs patentes seront touchées et suspectes de
contagion, ne pouvant aussi faire leurs quarantaines que auxdites villes. Ce
qui a été ainsi ordonné par le susdit arrêt, rendu le dixième mai 1622. Sous
prétexte duquel arrêt, les consuls de Tollon, ayant entrepris de vouloir
empêcher les consuls de S-F de donner l’entrée à toute sorte de navire et
bâtiment de mer dans leur port, et de faire les embarquements que besoin
serait. Cela donna lieu, auxdits consuls de S-F, de se pourvoir, par-devant
Monseigneur le cardinal de Richellini, grand maître, chef et surintendant
général de la navigation et commerce de France. Lequel par son
ordonnance, rendu en contradictoire jugement, aurait maintenu lesdits consuls
de S-F à donner l’entrée à toute sorte de navire dans le port de la Seine, et
de faire faire les embarquements que besoin serait, en payant les droits
ordinaires à sa majesté. En date, ledit jugement, du 12 août 1634. Lequel fut
confirmé par Monsieur le président de Séguiran, lieutenant général en mer de
Provence, par son ordonnance du 9 janvier 1653. Et encore, par un jugement de
Monseigneur le Duc de Breze, grand amiral, du 28 janvier 1645. Et par ainsi, toutes
les villes et lieux de Provence, qui sont en port de mer, sont en droit de
donner l’entrée à ceux qui viennent d’ailleurs que de la cote de barbarie, du
levant, qui n’ont pas les patentes touchées et suspectes de contagion et n’ont
pas pratiqué avec des bâtiments suspects. Ce qui a toujours été observé.
En l’année 1621, feu Louis
Crestien, dit Ventreu, étant venu du levant et arrivé à S-F, fit présent de
quelques toiles et autres marchandises aux filles de feu Hugues Guigou dit
Aussen, ses proches parentes. Lesquelles marchandises se trouvèrent
malheureusement pestiférées, ce qui causa la contagion audit S-F et
singulièrement à la bastide et famille dudit Guigou, dont en moururent diverses
personnes. Ayant du depuis, quand on aparle de ladite peste, nommée icelle, la
peste de Ventreu. Cette contagion est justifiée par un acte qui fut passé le 14
août 1621, reçu par Maître Lombard, notaire, par lequel Jeanne Ponce, femme de
Jean Lion, dit Sautilhan, en Piémont, habitant à S-F avec son mari, tous deux
ensemble, s’obligèrent en faveur des consuls et communauté dudit S-F, présent
Honoré Vidal, un d’iceulx, que ladite Ponce, nourrirait et entretiendrait Jean
Crestien, fils dudit Louis, durant le temps qu’elle demeurerait en quarantaine,
attendu le soupçon du mal contagieux audit lieu. Et que pour ladite nourriture
et quarantaine, que la communauté lui payerait nonante livres, et outre ce, de
lui payer l’entretient d’une fille qu’elle avait chez Gabriel Cucoret, durant
ledit temps.
Quelques particuliers de S-F,
étant d’intelligence avec des patrons, faisaient venir le vin étranger, qu’ils
reposaient à des magasins, tant audit S-F qu’à la Seine. Ce qui donna lieu, aux
consuls dudit S-F, de faire une délibération de leur conseil, le 28 octobre
1646, par laquelle, sur le fondement que le principal revenu des habitants
consistait au vin qu’ils percevaient à leur terroir, et que à cause que depuis
quelque temps, quelques particuliers du lieu, d’intelligence avec les patrons,
ainsi qu’il a été dit ci-dessus, faisaient venir le vin étranger en grande
quantité. Au moyen dequoi, le vin du cru resté aux habitants, ne pouvant pas, à
cause de, subvenir au paiement des charges du roi, ils auraient imposé 12 sols
sur chaque millerole de vin étranger qu’on reposerait auxdits lieux de S-F et
la Seine. Laquelle fut autorisée par arrêt de la Cour des Comptes, du mois de
décembre audit an 1646.
Où est présentement la halle,
il y avait quelques magasins. Et la communauté ayant fait dessein de faire
ladite halle, le 28 avril 1642, Sieur Charles Vicard et Louis Tortel, consuls,
par acte reçu par Maître Denans, notaire, suivant le pouvoir, à eux donné par
délibération de leur conseil, ont acquis de Pierre Cauvet, une boutique à la
place du Marché, dans l’enclos dudit lieu. Confrontant : de midi, la
citerne, de levant, la rue, de tramontane, boutique d’Honoré Martinenq, pour
prix de (en blanc). Laquelle boutique et celle des hoirs d’Honoré Martinenq,
qui fut aussi acquise par la communauté, ayant été abattues. Par autre acte du
20 juin, même année, lesdits Sieurs consuls donnèrent à prix fait à Honoré
Beaussier, maçon, de faire tous les piliers qu’il convenait faire pour la
halle. Qui pour lors, fut faite de pierre de la Couronne, à raison de deux
livres pour chaque pan d’hauteur de deux pans et demi de large, en carré.
En exécution de l’arrêt du
conseil du 22 mars 1639, rendu entre les communautés de cette Province et les
créanciers d’icelle, portant que lesdites communautés payeront les créanciers.
Savoir : celles qui seront insolvables ou impuissantes, en fonds de terre,
et les autres, en premier lieu, en leurs domaines et pour le restant, qu’il
serait fait un département sur les particuliers habitants et possédants biens
auxdites communautés, pour être payé en argent, en huit années et huit
payements égaux, avec les intérêts au denier vingt. En vertu duquel arrêt, la
communauté de S-F, faisant ledit département, aurait fait procéder à l’entière
liquidation et obtion de ses créanciers par-devant Maître Anibal Chabert,
avocat de la ville de Tollon, et député par la Cour pour procéder au rangement
desdits créanciers, avec l’assistance de Sieur Melchior Crestien, bourgeois
dudit S-F, syndics subrogé par ordonnance de Monseigneur l’intendant des
créanciers de la communauté, avec Maître Jacques Denans, greffier d’icelle.
Ainsi qu’apert de l’acte sur ce, passé par-devant Maître Daniel, notaire. Et
trouve que le capital de toutes les dettes de la communauté se montait quinze
mille six cent soixante six livres, neuf sols, quatre deniers (
à Monseigneur l’abbé de St
Victor, mil six cent livres (
cent quinze (115) livres,
quatre sols à Messire Honoré Crestien, prêtre, recteur de la chapellanie, Saint
Laurens, par acte de fondation reçu par Maître Pierre Garnier, notaire de
Tollon, le dernier (mois en blanc) 1558,
cinq mil cent livres à
Messire Joseph Martinenq, recteur de la chapellanie, Notre Dame des (neiges)
dudit Tollon, à laquelle somme, ladite communauté était obligée, à feu Arnaud
Martinenq, son père, par acte reçu par Maître Mestre, notaire de S-F, le 22
août 1611,
deux mil quatre cent livres,
aux dames religieuses du couvent de Saint Bernard d’yéres, comme cessionnaires
de Jean Martinenq, par acte du 23 août 1611, notaire, Maître Mestre, et ladite
cession du 21 avril 1635,
cent livres à Messire
Estienne Martinenq, prêtre, recteur de la chapellanie Saint Cler (Clair),
par-devant Maître Denans, notaire, le 5 décembre 1636,
mil trois cent trente cinq (1
335) livres à l’économe du clergé de l’église paroissiale Saint Pierre dudit
S-F,
sept mil cent cinquante (7
150) livres au couvent des révérants pères Minimes de Tollon, par actes reçu
par Maître François Cogorde, notaire de ladite ville, en l’année 1632 et 33,
mil deux cents livres à
François Chabert de Marseille, empruntées sous le nom de plusieurs
particuliers, par acte, Maître Le Bon, notaire de ladite ville, le 17 août
1635,
quatre mil cinq cents livres
à Sieur Anthoine daugustini (d’Augustini), Sieur de Septèmes, tuteur des hoirs
de Jean Darine, sous le nom de particuliers, dudit jour, notaire Lebon,
ayant pour le payement des
susdites quinze mil six cent soixante six livres, neuf sols, quinze deniers,
fait département sur tous les possédants biens audit S-F et son terroir, non
affranchis, sur la somme de deux cent trois mil cent cinquante huit florins
cadastrals (cadastraux). Aquoi ce trouve montrer ( l’alliurement ) de leurs
biens, couchés au cadastre, fait en l’année 1639, et trouve revenir neuf sols,
onze deniers, pour florin, sans y comprendre aucun intérêt.
Est parlé ci-devant à folio 299
de la nouvelle bâtisse de S-F, pour preuve qu’elle n’est pas ancienne et pour
en donner de plus ample justification, c’est que, par acte du 20 mars 1619,
reçu par Maître (en blanc), notaire, Sieur Pierre Vidal et Honoré Aycard,
consuls, suivant le pouvoir à eux donné par délibération de leur conseil , ont
donné à prix fait, à Louis et Laurens Crestien, maçons, la maison servant de
boucherie, qui est proche et au-dessous la rue du Mollin, attenante à
l’hôpital, pour cent douze (livres) cinquante deux sols. Cet acte et celui
ci-dessus rapporté, de l’hôpital justifie toujours mieux que la seconde bâtisse
de S-F, n’a été faite que au seizième siècle.
A l’égard du privilège des
forains, par transaction passée entre les consuls et communauté de S-F, et les
habitants de Tollon et de Saint Nazaire, possédants biens au terroir dudit S-F,
reçue par Maître Denans, notaire, le 6 avril 1645, lesdits habitants seraient
(auraient) été déclarés forains. Et qu’à l’avenir, à leur égard, les
impositions seraient faites comme celles des anciens forains, des particuliers
d’Ollioulles, possédants biens au susdit terroir de S-F. En sorte qu’ils ne
payeront que les impositions du Roi, du pain, et autres concernant l’utilité des
fonds. Et que tous les domaines qui sont en état, appartiendront à la
communauté, sans que les forains n’y puissent à jamais prétendre aucune chose,
et que, à l’occasion de ce, ladite communauté demeurera chargée de payer toutes
les dettes passives qui n’ont pas été comprises au département d’iceulx.
Après cette transaction, par
arrêt du Conseil d’état du Roi, du 23 juin 1666, serait (aurait) été dit que
les forains contribueraient, à l’avenir, à toutes les charges des communautés,
foulle de gens de guerre, dettes, comme les habitants sans déduction
d’imposition. Au moyen de quoi, tous lesdits forains ont été rendus
contribuables à toutes les charges de la communauté, ce qui est suivi et exécuté.
Le Roi, par ses lettres
patentes du mois d’avril 1674, au sujet des droits des nouveaux acquêts,
amortissement, (indemnité) et autres, généralement quelconques, a déchargé,
quitté, et exempté, les consuls et communauté de S-F. Avec pouvoir de tenir et
posséder : une moitié de montagne appelé Siciech, une maison de St Esprit,
la sixième partie des fours. Portant, lesdites lettres patentes, quittance du
droit, ayant icelle été remise aux archives de la communauté par Sieur Louis
Martinenq, André Daniel et Pierre Cotollenq, consuls. Apert de la quittance
reçue par Maître Pierre Denans, notaire, le premier juin 1675.
Pour servir de règlement de
la manière que le vallat de Berte doit être entretenu, Maître Joseph Lieutaud,
notaire, André Audibert et Hercules Vidal, estimateurs de la communauté de S-F,
à la réquisition des Sieurs consuls dudit lieu, pour raison de la visite et
termenages des fontaines. S’étant portés à celle de Berte, ils auraient limité
et réglé le vallat dudit quartier, qui va jusqu’à la mer. Et déclarés savoir,
que depuis ladite fontaine, tous les voisins aboutissant et joignant ledit
vallat, seront tenus, à leur frontière, de le tenir net et creusé, sans aucun
empêchement, de la profondeur et à niveau de ladite fontaine. Et de la largeur,
savoir : depuis icelle, jusques et ci avant que le coin du pré de
Silvestre porquier, du coté de midi d’icellui, joignant ledit vallat et pré des
hoirs de Anthoine Daniel, de huit pans. Et de là, jusqu’à la mer, de onze pans
de largeur. Ainsi qu’apert de leur rapport, reçu par Maître Daniel, notaire. Le
règlement du susdit vallat de Berte n’ayant pas été obtenu aux formes portées
par le susdit rapport, sur diverses plaintes faites par des particuliers des
biens joignant le vallat du susdit quartier de Berte. A la réquisition des
consuls, Jean Collomb et André Daniel, estimateurs dudit S-F, et Dominique
Crestien, pris pour adjoint, s’étant portés audit vallat, après avoir parcouru
icellui, depuis la mer jusqu’au bout, pour la séparation, firent planter
plusieurs et divers termes, et auraient déclaré que ledit vallat doit avoir
onze pans de largeur. Ainsi que amplement apert de leur rapport du onze
décembre 1629, reçu par Maître Lieutaud, notaire.
Sur les contantions
(contentieux) entre les consuls et communauté de S-F, et Anthoine et hoirs de
Jacques Guigou dit Bastians, à raison de la propriété de terre qu’iceulx
possédaient au quartier du Crotton, serait (aurait) été passé transaction entre
Sieur jean Martinenq et Mathieu Denans, consuls, et ledit Anthoine Guigou, tant
à son nom, que des hoirs dudit Jacques Guigou. Reçue par Maître Lieutaud,
notaire, le 27 octobre 1626. Par laquelle, entre autres, est porté que lesdits
Guigous laisseront le chemin qui est à leur pièce, et un patec tout au tour de
la fontaine, de douze pans, sans que, à l’avenir, puissent l’occuper en aucune
façon. Ainsi le laisser en cet état, afin que, commodément, chacun puisse
passer, aller et revenir, à ladite fontaine d’eau. A raison de quoi, sur les
nouvelles contentions, il y a eut rapport, reçu par ledit Maître Lieutaud,
notaire, le 24 juillet 1638, qui confirme la susdite transaction.
Le chemin du quartier du
Négadou, tirant de S-F à Ollioulles, ayant été rétréci, et les éguilles qui
devaient recevoir les eaux pluviales et les empêcher de tomber sur ledit
chemin. A la réquisition de Sieur Barthelemy de Lombard, François Denans et
Esprit Martinenq dudit S-F, Sieur Jean Martinenq, bourgeois, Barthelemy Daniel
et Sauveur Tortel, estimateurs dudit lieu, s’étant portés sur ledit chemin, par
leur rapport, reçu par Maître Denans, notaire, du 19 juin 1623, ont déclaré s’y
être transportés, le 20 mai audit an pour connaître si les voisins d’icellui,
où étaient les eguilles, s’y occupaient aucunement icellui. Où arrivés, en
présence de François Denans et Esprit Martinenq, consuls et divers autres
particuliers, voisins dudit chemin, ils ont connu qu’icellui doit être de seize
pans de large, en tous endroits, franc de toute éguille d’eau. Et qu’elles
seront ouvertes par tous les propriétaires desdites pièces, chacun selon la
teneur d’icelle, de la largeur, savoir : celles de ponant, de cinq pans,
et du coté de levant, de trois pans, avec la profondeur requise. Et pour régler
icelles, ont placés divers termes, comme apert dudit rapport.
Par un rapport, fait le
premier mai 1632, reçu par Maître Lieutaud, notaire, fait par Barthelemy
Collomp et Herculles Vidal, estimateurs de la communauté de S-F, et Bernabé
Fabre, adjoint, au requis des Sieurs consuls dudit lieu, sur les plaintes à eux
faites par quelques particuliers, intéressés au chemin et passage du Gourt
Pourrit, jusques au grand chemin tirant à St Nazaire, du coté de Gallet. En
présence de Sieur Laurens Martinenq, un des consuls, ont déclaré que le jour
auparavant, s’étant portés audit chemin, auraient vu l’entrée d’icellui,
commençant entre mi les pièces de Sieur Melchior Martinenq et de Pierre
Gerimian, qu’ils ont trouvé être de 14 pans de large et à quelques autres
endroits d’icellui, trouvé la même largeur, suivant quelques termes anciens
qu’ils ont trouvé. Et par ainsi, que ledit chemin doit être de la largeur
desdits quatorze pans. Et à ces fins, que tous les particuliers possédants
biens qui aboutissent audit chemin, tant de ponant, que de levant d’icellui, et
qui l’occupent, seront tenus de se retirer pour donner audit chemin, la largeur
desdits quatorze pans. Et pour cet effet, ont planté seize termes au mitan
dudit chemin, devenant agachones, suivant lesquels, tous les voisins qui se
trouvent nommés par ledit rapport, seront tenus de laisser, chacun de leur
coté, sept pans de largeur, franc desdits termes, afin qu’à l’avenir, ledit
chemin soit de 14 pans franc.
La montagne de Siciech, de
toute ancienneté, a été fort peuplée d’un grand bois touffu de pinqs (pins) blancs,
qui était au nombre d’un des plus beau bois de ce pays. Lequel, à la réserve de
tout ce qui est à présent du coté de midi, vers levant, qu’on appelle le deven,
fut vendu par la communauté, en suite de la permission qui fut donnée par
Monseigneur l’intendant de justice, aux enchères publiques qui furent faites
par-devant Maître Melchior Chautard, juge royal de la ville de, dont la
délivrance en fut faite à Jacques Collomp. Auquel l’acte de vente lui en fut
passé le 26 mars 1642, au prix de neuf mil livres, reçu, ledit acte, par Maître
(en blanc).
Sur l’indication faite par le
nommé Jean Aubert, dit Jouget, qui faisait profession de trouver des sources
d’eau sous terre, et suivant le pouvoir donné par délibération du conseil de la
communauté, Maître Jacques Denans, notaire royal, et Anthoine Vidal, consuls de
ladite communauté, par acte reçu par Maître Lieutaud, notaire, le 30 mars 1656,
auraient donné à prix fait à Jean Jaubert et Joseph Sicard, travailleurs du
lieu d’Ollioulles, de creuser le puits, qui est dans la terre qui appartenait à
Pierre Lieutaud, maître apothicaire, proche les murs ou Barris de S-F, du
quartier du Mollin allant au Claffart, de douze pans d’ouverture et cinquante
pans de profondeur, à raison de
Par acte du 9 décembre 1658,
reçu par Maître Denans, notaire, Sieur Melchior Crestien, bourgeois de S-F, a
confessé être vrai débiteur envers le révérend père en dieu, Messire Jacques
Danis ; évêque de Tollon, de mil (1 000) livres. Qu’il tiendra, suivant
l’ordre qu’il a dit avoir dudit Seigneur évêque, tant que bon lui semblera, en
payant les intérêts au denier vingt, à tel Sieur chanoine ou prêtre originaire
de S-F, et non d’ailleurs, agrégé dans le collège de l’église Saint Pierre que
mondit Seigneur nommera pour la première fois sur l’acte de ratification de ce
contrat. Lequel prêtre ou chanoine fera le service, ci-après écrit, durant une
année. Et en après ; sera nommé annuellement un autre prêtre, par ledit
Sieur Crestien, durant sa vie. Et venant, le nommé, a décédé ou s’en démettre,
à tel cas sera choisi un autre Sieur chanoine ou prêtre, natif et agrégé à la nomination
dudit Sieur Crestien. Et après lui, la nomination sera transmise aux pères de
l’oratoire, qui ne pourront nommer ni élire autre qui ne soit originaire de
S-F. Et advenant le cas, que de la famille dudit Sieur Crestien, des enfants
mâles ou filles, y eut un prêtre célébrant, soit chanoine ou autre, natif dudit
S-F, à tel cas, telle est la volonté de Monseigneur l’évêque, qui soit préféré
à toute autre. Lequel prêtre sera tenu enseigner le catéchisme et doctrine dans
ladite église, et puis à la chapelle du terroir en dépendant ou autre lieu
qu’il avisera. Lequel acte, mondit Seigneur l’évêque a ratifié, par acte reçu
par Maître Deydier, notaire de Tollon, le 21 dudit mois de décembre.
Mondit Seigneur Jacques
Danis, évêque de Tollon, par acte reçu par Maître (en blanc), notaire de la
dite ville, du (en blanc) mil six cent (en blanc), aurait logé sur la
communauté dudit Tollon, la somme de 4 000 (quatre mil) livres, à pension
perpétuelle, pour être payée et distribuée pour secourir les pauvres de la
miséricorde dudit Tollon, d’Yères et de S-F. De laquelle somme, par acte du 4
avril 1668, en fut logé 1 000 (mil) livres sur la communauté dudit S-F, pour
les pauvres dudit lieu. A raison de quoi, ayant été formé demande par les
consuls de la Seine, par-devant Monsieur l’officier en l’évêché de Tollon, par
sa sentence du 22 juin audit an, fut ordonné, que lesdites
Après ce qui a été dit,
touchant l’église paroissiale et à présent collégiale, sous le titre Saint
Pierre, ci-devant à folio 7, de la forme de sa situation et de sa bâtisse, il
ne sera pas nécessaire de le répéter à cet endroit. Tout ce qu’il y a de plus
certain, est qu’elle a été fondée et bâtie long temps après la fondation de
S-F, et selon toutes les apparences, peu de temps après que l’évangile fut
prêchée en ce pays. Etant constant qu’il n’y a jamais eut audit S-F, autre
paroisse que ladite église, n’ayant, la chapelle de Saint Jean de Crottes,
jamais été paroisse, ainsi que quelques particuliers l’ont voulu croire sans
aucun fondement. Ce qui sera justifié par la fondation de ladite chapelle St
Jean, qui sera rapporté ci-après, et dont son ancienneté est postérieure à
celle de la susdite église, de plusieurs siècles.
Cette église, qui ne
contenait qu’une seule nef, tirant de ponant à levant, depuis la chapelle Saint
Jean Baptiste où sont les fonds baptismaux, et à présent du St Esprit, de la
largeur seulement de ladite chapelle St Esprit, outre les deux chapelles de
Notre Dame du Mont Carmel et de St Alloi, qui formaient la croix, comme a été
dit ci-devant. Ce trouvant à la suite du temps, par moyen de l’augmentation des
habitants trop petite et ne pouvant pas contenir la moitié des paroissiens,
elle fut agrandie et fort augmentée, ainsi qu’elle paraît au jourd’hui. Et sur
le dessin qui en fut dressé, ayant le prix fait été mis à l’enchère par-devant
Monsieur le lieutenant de sénéchal au sièges de la ville d’Yères. Lequel après
avoir fait procéder à toutes les enchères et reçu les offres qui y furent faites,
l’aurait délivré à Jacques Pascal et Guilheames Borrelli, maîtres maçons de la
ville de Marseille, au prix de six mil quatre cents (6 400) écus. Auquel l’acte
leur fut passé, par-devant ledit Sieur lieutenant, le 16 novembre 1610. Au
moyen duquel agrandissement, elle a présentement une grande nef et quatre
chapelles de chaque coté, outre celle de St Alloi, qui est comme détachée de
ladite église. Ayant la nouvelle sacristie du coté de ponant du presbytère de
ladite nouvelle église, et l’ancienne sacristie, du coté du presbytère, et tout
proche l’autel de St Pierre le vieux. Laquelle est très forte, étant fermée par
deux bonnes portes, une devant l’autre, la seconde desquelles est doublée de
fer, l’une, et l’autre avec leurs ferrements et serrures proportionnées.
Messieurs du chapitre y tiennent leurs ornements, qui sont très beau, et dont
une partie sont en broderie d’or et d’argent, et la communauté y a ses
archives.
Ayant été trouvé nécessaire
de faire quelques augments (augmentation) à ladite église, par acte reçu par
Maître (en blanc) du 18 mars 1614, Sieur Georges Vicard et Jacques Audibert,
consuls, suivant le pouvoir à eux donné par délibération de leur conseil, en
donnèrent le prix fait à Jacques Pascal, maître maçon de la ville de Marseille,
moyennant le prix de mil quatre cent trente sept (1 437) livres.
A cause que des vitres qui
sont du coté de levant de la grande nef, en temps de pluie, il entrait beaucoup
d’eau dans la susdite église, Bernard Martinenq et Charles Vidal, consuls,
suivant le pouvoir à eux donné par délibération de leur conseil, du 20 août
1617, ils donnèrent à prix fait à Barthelemy Jougla, la réparation (sine )
auvent de la susdite église paroissiale Saint Pierre, et du coté de levant
d’icelle, pour empêcher le dommage que les eaux pluviales lui faisait. Et pour
cet effet, y faire quatre arcades suffisantes, de midi à tramontane, le long de
ladite église, d’une ancoulle à l’autre, et pour le soutien dudit auvent,
avancer l’encoulle du coté de midi , si avant que les autres. qu’ils fourniront
les chevrons de la longueur de 10 pans, pour même grandeur, qu’il sera tenu
faire ledit auvent, et le couvrira de tuiles et autrement, ainsi qu’il est
porté par l’acte reçu par Maître Daniel, notaire, le second septembre 1617,
moyennant cent vingt (120) écus et demi, valant trois cent soixante dix
(370) livres, dix sols.
Par la bulle de notre Saint
Père le pape, qui est enchâssée à une niche de bois de noyer, pendue sur la
banque des recteurs de Corpus Domini, à la susdite église et dont je n’ai pas
put déchiffré le temps d’icelle, ni le pape qui l’a concédé, pour être fermée à
clef et ladite clef perdue, la confrérie de Corpus Domini, qui est fort
ancienne, a été érigée à ladite église.
Le 24 mars 1617, le
révérend-père Louis Tournery, docteur en sainte théologie, religieux de l’ordre
Saint Dominique, du couvent de Grace, en suite de la permission de
Illustrissime et Révérend père Séraphin Sicas de Pavie, général de tout l’ordre
Saint Dominique, de fonder la confraternité de Notre Dame du Saint Rosaire, par
tous les lieux où il jugera à propos, ainsi qu’il a fait aparoir par les
lettres patentes, signées dudit père général, et scellées, en date du 24
février 1616, données à Boulloigne (Boulogne ?), à fondé et institué, à
l’église paroissiale Saint Pierre, dudit S-F, ladite confrérie de Notre Dame du
Saint Rosaire, à perpétuité, pour jouir, par les confrères, des prérogatives,
pardon et indulgence, portées par les bulles concédées à cet effet. Laquelle
fondation a été acceptée par Messire Jacques Lombard, curé de ladite église,
tant pour lui, que pour l’église d’icelle, ainsi qu’apert de l’acte reçu par
maître Lieutaud, notaire, du susdit jour.
Il a été rapporté ci-dessus,
à folio 8, que l’église paroissiale Saint Pierre fut bâtie à la forme de celles
des templiers, et que une des chapelles qui formait la croix, et qui est à
présent celle de Notre Dame du Mont Carmel, était sous le titre de Sainte
Catherine. Et parce qu’à la suite Messire Raisson, prêtre de Tollon, prieur de
Sainte Catherine, négligea de faire ou de remettre l’autel de ladite sainte
dans la susdite chapelle. Sieur Jean Martinenq, consul, suivant le pouvoir
donné par délibération du conseil de la communauté de S-F, du 25 août 1619,
aurait fait procuration à Messire Louis Bernard, prêtre, le 30 dudit mois
d’août, reçue par Maître Lieutaud, notaire, aux fins de poursuivre ledit Messire
Raisson, de faire faire un autel, dans la susdite église St Pierre, sous le
titre de Ste Catherine, suivant l’ordonnance rendue par Monseigneur l’évêque de
Tollon, en injonction à eux faite, de la part dudit Seigneur évêque, de le
faire faire.
Par sentence rendue par
Monseigneur l’archevêque d’Arles, le huitième février 1621,est porté que le
droit de nommé le prédicateur de l’aven et de carême de l’église paroissiale St
Pierre, appartient à Monseigneur l’abbé de St Victor. Puis lequel temps, le
droit dudit Seigneur abbé, de la nomination du prédicateur, ayant été cédé au
chapitre de ladite église, lors qu’icelle fut érigée en collégiale. Ladite
nomination fut donnée à ternative (alternativement) à Monseigneur l’évêque de
Tollon et ledit chapitre.
Après l’agrandissement et
augmentation faite à l’église paroissiale St Pierre, il y eut procès entre la
communauté et Monseigneur l’abbé de St Victor, pour obliger ledit Seigneur
abbé, à fournir et contribuer la portion de la dépense faite par ladite
communauté audit agrandissement, et pour les ornements. Lequel procès fut
terminé par transaction, reçue par Maître d’Aubert, notaire d’Aix, le 13 mars
1621, par laquelle la communauté, ayant déchargé ledit Seigneur abbé, icellui
accorda que la communauté lui présenterai, de trois en trois, un particulier à
leur charge, pour exercer la charge de viguier. En vertu de quoi, Sieur George
Vicard, ayant été nommé le premier pour viguier, après qu’il eut exercé les
trois premières années, quelques particuliers de S-F, voulant nommer un autre,
il y eut parti pour confirmer ledit Sieur Vicard encore pour trois ans. Et
après diverses contestations, le Sieur Grand Vicaire de mondit Seigneur l’abbé,
qui était pour lors audit lieu, soutenant ledit Sieur Vicard, il fut confirmé
et de nouveau nommé à ladite charge, sans que pour lors, ce soit jamais rien
fait pour soutenir le droit de la communauté, ayant, ledit sieur Vicard, exercé
plus de trente ans, et jusqu’à sa vieillesse et décrépitude .
Le tableau du maître autel,
ayant été fait très beau, Sieur Barthelemy de Lombard, François Denans et
Esprit Martinenq, consuls, firent mettre à l’enchère le retable dudit maître
autel, qui fut délivré à Laurens Lieutaud, maître menuisier. Auquel l’acte de
prix fait lui en fut passé le 20 mars 1623, moyennant le prix de six cent vingt
six (626) livres, reçu, ledit acte par Maître Denans, notaire.
Le 22 juin 1624, Sieur Michel
Sabatier et Jean Alphand, consuls, en suite des enchères qu’ils firent faire,
ils donnèrent à prix fait à Jean Ponchoni, maître doreur de la ville de
Marseille, de dorer le retable du susdit maître autel. Par acte reçu par Maître
(en blanc), notaire, moyennant le prix de douze cent (1 200) livres .
Le retable de l’autel du
purgatoire, dans la susdite église, fut aussi donné à prix fait audit Laurens
Lieutaud, par Barthelemy Vicard et Jacques Audibert, recteurs de la confrérie, par
acte reçu par Maître Denans, notaire, le 27 octobre 1625, moyennant cent quatre
vingt dix (190) livres. Et par autre acte du dernier juillet 1628, reçu par
Maître Lieutaud, notaire, fut donné à prix fait, par Messire Barthelemy
Martinenq, prêtre et Charles Martinenq, bourgeois, recteurs du purgatoire, le
prix fait de dorer ledit autel, à Jean Ponchoni, maître doreur, pour cent
quatre vingt (180) livres.
Le 3 juin 1634, feu Monseigneur
Auguste de Forbin de Solliers, évêque de Tollon, accompagné de Messire Joseph
Martinenq, et icellui chanoine à la cathédrale de ladite ville, Messires Pierre
Martinenq, bénéficier, François Garnier, théologal, Jacques Florens, prêtre, et
Messire Florens, aumônier dudit Seigneur évêque, et de plusieurs autres
personnes à sa suite, ayant douze chevaux, et fait son entrée à S-F, sur
l’heure de quatre après midi. Etant allé au rencontre dudit Seigneur évêque,
Sieur Jean Martinenq, premier consul, portant son chaperon, accompagné des
Sieurs Pierres et Charles Martinenqs, frères, Sieur Melchior Crestien,
Barthelemy Vidal, Urbain Curet, Gaspard Allemand, Laurens Vidal, Anthoine
Vidal, Jacques Daniel et Maître Jacques Lieutaud, notaire, jusques à l’extrémité
du terroir du quartier de la Goubran. D’où l’ayant rencontré et fait la
révérence, s’étant mis à sa suite, et arrivés audit S-F, Sieur Bertrand Denans
Catellan et Anthoine Vicard, autres consuls, accompagnés de tous les chefs de
maison et principaux du lieu, étant allés à sa rencontre vers la chapelle
Sainte Croix, après leur avoir fait la révérence, ledit Seigneur évêque aurait
pris logis à la maison de Maître Jean Lombard, notaire. Et là, ayant pris ses
habits épiscopaux, se serait porté à la susdite chapelle Sainte Croix, vu le
clergé, procéssionablement (en procession) suivis des consuls et principaux
habitants. Après avoir fait sa prière sur un prie-Dieu ou coudoir, que pour cet
effet on avait mis devant la porte de ladite chapelle et entonné le Te Deum,
serait (aurait) été conduit à l’église paroissiale St Pierre, où après avoir
dit diverses prières et oraisons, il aurait fait une prédication d’environ
trois quart d’heures et fait faire après, la soute des morts, après quoi,
s’étant retiré à son logis. Le lendemain, quatrième dudit mois de juin, jour et
fête de la Pentecôte, étant retourné à ladite église, le Sieur chanoine
Martinenq aurait célébré la Grande Messe et ledit Seigneur évêque fit faire,
lui même, l’offrande à tout le peuple et donna la communion à tous ceux qui se
présentèrent à la Sainte Table. L’après dîner fit la confirmation aux enfants,
et donna la bénédiction du saint sacrement. Et après vêpres, ayant fait sonner
les cloches, tout le clergé, portant la grande croix seraient allés au logis
dudit Seigneur évêque. Et là, son aumônier, prenant les saintes reliques, que
ledit Seigneur évêque avait apporté de Tollon, lesquelles, après avoir été par
lui scellées de son sceau ou cachet dans le parchemin et remises dans un petit
vase de verre en façon de ventouse, bouché de liège, où il y a des reliques de
Saint Mandries et de Saint Ciprien. On les porta à ladite église et reposé sur
le grand autel vieux, où elles ont demeurées jusqu’au lendemain, avec plusieurs
cierges et flambeaux allumés. Et le lendemain, cinquième juin, seconde fête de
Pentecôte, ledit Seigneur évêque, assisté comme dessus, aurait commencé la
consécration de ladite église, sur les quatre à cinq heures du matin, après
avoir fait dépouiller tous les autels et couvrir iceulx, même le crucifix, de
crêpe comme au jour du vendredi saint, tourné par trois diverses fois, toute
ladite église, avec un asperge. Et après cela, les portes fermées, disant
beaucoup d’oraisons, faisant diverses cérémonies devant le grand autel, pendant
plus d’une heure. Ensuite fait ouvrir lesdites portes, avec les cérémonies à
peu près comme on fait le jour des rameaux, et après, étant entré dans
l’église, a fait fermer toutes les portes, à la réserve de celle de Saint
Alloi, dit plusieurs oraisons devant le grand autel, aurait descendu avec deux
cribles et fait une croix de Saint André tout au long de ladite église.
Commençant au premier pilier vers Sainte Anne, jusqu’au dernier pilier du grand
autel vieux, et après, de l’autre pilier, vers purgatoire, jusqu’à l’autre
dernier, vers les fonds baptismales. Cela fait, avec sa crosse, y inscrivit les
lettres de l’alphabet à chacune, tant latines que grecques. Après cela,
tournant ladite église par dedans, trois fois, prenant dudit coté de Ste Anne,
faisant le même asperge, tant en bas que en haut, toujours avec les même herbes
d’hysope, et après, tournant au rebours, icelle asperger comme dessus . Et
fait le même asperge au milieu et long de ladite église, d’un bout à l’autre,
et après au travers, d’un pilier à l’autre. Cela fait, sortant de la grande
porte, entrant par l’autre petite porte de St Alloi, et fait prendre les
susdites reliques à Messire Guilheaumes Collombi, prêtre, habillé avec sa
chasuble, et après, tournant toute la dite église, revenant à la grande porte,
icelle étant fermée, prenant de crème dans un petit vase, fit par trois
diverses fois la croix à ladite grande porte, avec son gros doigt, et essuyer
ladite crème avec du coton. Et entré à ladite église, fait porté lesdites
reliques sur le grand autel, où après plusieurs sermons, s’étant mis à genoux,
prend ledit vase de verre où lesdites reliques sont, et les met dans un trou
qui fut fait au mitan dudit autel, prés de la grande pierre, et l’ayant mise
dedans, la fit bâtir et boucher par Jacques Jougla, maître maçon, cela fait,
étant derrière le grand autel, monta sur une échelle, et là, en trois croix
qu’on y avait fait, à chacune d’icelles, fait brûler un cierge blanc et
applique la crème. Et après, en a fait autant à neuf autres croix qui ont été
faites. Savoir : aux trois piliers, tant d’un coté que d’autre, et trois
au fond de l’église, sur la grande porte, y ayant à chacune, un cierge blanc
allumé, étant l’échelle large, en sorte que avec ledit Seigneur, y monta deux
prêtres de front. Cela fait, il consacra le grand autel, y faisant allumer
plusieurs cierges. En suite, ledit Sieur théologat monta en chaire et fit une
prédication d’une demi heure, par laquelle expliqua tous les mystères de ladite
consécration, et après il dit que ledit Seigneur évêque à transféré la dédicace
de ladite église au second dimanche de juillet.
Par les soins de feu Messire
Jacques Lombard, curé de la susdite église St Pierre, fut concédé par une bulle
de notre Saint Père, le pape, le pouvoir des clefs de Saint Pierre, pour en
toucher, dans la susdite église, les personnes et bêtes lors qu’ils sont mordus
des chiens enragés. Laquelle bulle se trouve égarée, mais il ne serait pas
difficile de la trouver, car ayant été annexée par arrêt du parlement, elle
aura été enregistrée au greffe de la Cour. Ce qui à été fait peu de temps après
1634, auquel temps ce privilège n’avait pas encore été accordé à cette église.
Ce que je puis témoigner sur ce, qu’étant né à la susdite année 1634, je fut
porté, étant au lait, par ma feue mère, au lieu de la Cadière, pour me
faire soigner et ma mère, et toucher des clefs qui sont accordées depuis long
temps à l’église dudit lieu de la Cadière. A cause que ma mère avait été mordu
par un chien enragé, ce que mon aïeule paternelle m’a dit très souvent.
Dans la susdite église, il y
a une chasse de St Pierre apôtre, toute d’argent, très belle, avec des reliques
de St Pierre, le martyr. Le prix fait de laquelle fut donné à Jean Beaumon,
maître orfèvre de Marseille, par acte reçu par maître Poney, notaire de ladite
ville, le 22 janvier 1644. Lequel Beaumon étant après décédé, damoiselle Clere
Roubaude, sa veuve, aurait fait procuration, le neuf mars 1646, reçu par Maître
Thomas Laure, notaire de ladite ville, à Maître Claude Jausseron, huissier
résidant au lieu d’Aubaignes (Aubagne), pour exiger le restant due du susdit
prix fait. Lequel, en vertu de son pouvoir, aurait reçu trois cent quinze
livres qui étaient encore dues dudit prix fait. Apert de la quittance reçu par
Maître Lieutaud, le 14 mars susdit mois (an), passée en faveur de la
communauté.
En suite du pouvoir donné par
les délibérations du conseil de la communauté des 19 novembre 1648 et 6 décembre
1649, Messire François Garnier, chanoine théologat en l’église cathédrale, et
vicaire général et officiat en l’évêché de Tollon, pour Monseigneur,
Illustrissime et Révérendissime père en dieu, Messire Jacques Danis, évêque de
Tollon, sur la remontrance à lui faite par Maître Jean Daniel, notaire royal,
mon aïeul maternel et par Michel Lombard, bourgeois, consuls dudit S-F, et
encore par Maître Louis Aycard, procureur spécialement fondé de Messire Jacques
Lombard, curé, et autres prêtres et particuliers, juspatrons des chapellanies
fondées dans l’église paroissiale St Pierre, et terroir dudit S-F, par les
actes, y mentionne même par Maître Jacques Denans, mon père, un des syndics des
habitants du village du même lieu, en vertu de son pouvoir, du susdit jour 6
décembre. A leur réquisition, et des autres plus apparents du lieu, du
consentement du Révérend Messire François de Valbelle, docteur en sainte
théologie, religieux sacristain du monastère St Victor, vicaire général de
Monseigneur de Richelieu, Comte de Morel, frère naturel du roi, cardinal de
Lion (Lyon), abbé dudit monastère, adhérant à la prière desdits consuls,
syndics, prêtres et autres particuliers, a érigé l’église paroissiale St Pierre
dudit S-F, en collégiale, et unie à icelle, diverses fondations mentionnées en
l’acte de ladite érection. Sous les conditions, entre autres, que ladite
collégiale sera composée d’un doyen et onze chanoines, que la nomination dudit
doyen et des deux premiers chanoines appartiendra au Seigneur abbé. Qu’ils pourrons
être admis, savoir : le doyen, à l’âge de 21 an, et les chanoines, ne
seront que simples clercs dans la quatorzième année de leur âge. Lui,
Monseigneur l’évêque, aura la nomination, juspatronat et entière disposition
des trois autres chanoines, après le doyen et les deux premiers dudit seigneur
abbé. Et qu’il sera tenu de pourvoir, à perpétuité, les enfants originaires
dudit lieu de S-F, et les autres chanoines seront de la nomination et
juspatronat desdits consuls, avec cette condition aussi, qu’ils ne pourront
nommer que des enfants du lieu. Ledit acte fut passé dans la maison de Sieur
Melchior Crestien, bourgeois dudit S-F, le 24 janvier 1650, reçu par Maître
André Deydier, notaire royal et greffier épiscopal à Tollon.
Le lendemain, 25 dudit mois
de janvier, le susdit Messire Garnier, chanoine théologat, ayant homologué le
susdit acte d’érection de l’église collégiale, comme a été dit ci-dessus, d’un
doyen et onze chanoines. Et ensuite Messire François de Valbelle, vicaire
général de Monseigneur l’abbé de St Victor, ayant expédié ses provisions au
doyen et aux deux premiers chanoines, ledit Messire Garnier, aux trois autres
après les deux premiers, et les consuls ayant nommé les autres chanoines,
désirant d’achever le tout, a rangé du coté droit Messire Jacques Lombard,
doyen, Messires Guilheames Collomb, André Daniel, Anthoine Estienne, Pierre
Lombard et Laurens Castor, et du coté gauche, Messires Guilheames Denans,
Pierre Isnard, Pierre Vicard, Jean Martinenq de Charles, Jean Martinenq de
Pierre, et Jacques Daniel, tous lesquels mis en possession, par acte reçu par
Maître Denans, notaire.
Après l’acte d’érection de la
susdite collégiale St Pierre, portant entre autre, démission faite par Messire
Guilheames Denans, dernier recteur de la chapellanie Notre Dame de Cortines, en
faveur du chapitre, fondée, ladite chapellanie par Dame Cellete de Rotis.
Messire Pierre Martinenq, prêtre et bénéficiaire en l’église cathédrale de la
ville de Tollon, aurait jeté un « devollen » et impetré ladite
chapellanie, et obtenu ses provisions par une bulle de notre Saint Père le
pape, en vertu desquelles, s’étant mis en possession de ladite chapellanie, et
donné requête à Monsieur le lieutenant général, au siège de sénéchal de la
ville de Tollon, pour y être sauvegardé. Sur quoi, l’économe du chapitre de
ladite collégiale ayant formé opposition, la cause serait (aurait) été portée
par-devant la Cour du Parlement. L’affaire dans cet état, les parties, pour
éviter les frais et dépends qu’ils étaient en état de souffrir, auraient passé
acte de concordat, le 10 octobre 1651, reçu par maître Lieutaud, notaire, entre
messire Guilheaumes Collomb, André Daniel, Guilheaumes Denans, Pierre Vicard,
Antoine Estienne, Laurens Castor, Pierre lombard, Jacques Daniel, Jean et autre
Jean Martinenq, tous prêtres et chanoines en ladite collégiale, d’une part, et
Messire Pierre Martinenq, aussi prêtre et bénéficier en l’église cathédrale de
Tollon, d’autre. Par lequel Messire Martinenq se serait départi de tous les
droits qu’il pouvait avoir à la susdite chapellanie, par moyen de son
impétration ou autrement, en faveur de ladite collégiale. Et lesdits Sieurs
chanoines, en considération de ce, pour aucunement indemniser les juspatrons de
ladite chapellanie, présents audit acte, Sieurs Esprit Martinenq et Louis
Audibert, consuls de la communauté du lieu, suivant le pouvoir à eux donné par
délibération de leur conseil, du 8 dudit mois de décembre, se seraient déportés
en faveur des juspatrons de la susdite chapellanie Notre Dame de Cortines,
absents. Ledit Messire Pierre Martinenq, pour eux acceptant et stipulant de la
nomination et juspatronat du premier chanoine qui vaquerait à l’avenir, des six
que la communauté et consuls ont droit de nommer et présenter à leur lieu et
place, à perpétuité, et que ledit chanoine, après le décès dudit Messire
Guilheames Denans, aura de préciput, une pension que le corps du chapitre lui
baillera, de trente livres par an, au-dessus de sa distribution. Laquelle ne
commencera d’être payée que dans un an après le décès dudit Messire Denans. Et
pour demander l’autorisation et homologation dudit acte de concordat, a été
nommé par les parties, des procureurs à la Cour du Parlement et encore à la
cour de Rome ou la légation d’Avignon.
Monseigneur Danis, évêque de
Tollon, étant revenu à son diocèse, sur le comparant qu’il lui fut tenu par
Messire Pierre Martinenq, doyen de la susdite collégiale St Pierre, et par
Messire Anthoine Estienne, chanoine, ayant charge de tous les autres sieurs
chanoines de la susdite église, le second mai 1653, ledit Seigneur évêque,
après avoir vu le susdit comparant et l’acte d’érection de la collégiale faite
par le sieur Garnier, chanoine théologal, et un de ses grands vicaires, a
approuvé et confirmé le susdit acte d’érection, pour être exécuté et observé
selon sa forme et teneur et disposition des saints conseils et autres lois
ecclésiastiques, sous le bon plaisir de sa sainteté.
Après le décret ci-dessus, de
Monseigneur l’évêque de Tollon, portant confirmation de l’acte d’érection de la
collégiale, à la réquisition des Sieurs doyen et chanoines d’icelle,
Monseigneur Augustin Fraciolty, archevêque de Trapezonte, vice-légat de notre
Saint Père le pape à la légation d’Avignon, leur aurait accordé la bulle donné
à ladite ville d’Avignon, dans le palais épiscopal, le dixième décembre 1654, et
du pontificat de notre Saint Père le pape Inocent Dixcisme, le onzième, par
laquelle leur aurait accordé l’érection de la susdite église paroissiale St
Pierre en collégiale, et l’union des chapitres, aussi bien que les réserves des
juspatronats, le concordat, et tout ce qui en suite d’icellui, a été fait, et
toutes choses mentionnées, licites et honnêtes, conformément au Saint Concile
de Trente, avec cette clause néanmoins, que le doyen et cinq chanoines pourront
être razignés, donnés, permutés, et venant icellui a vaquer par décès, omission
ou démission, ou en quelques autres façon que ce soit, puissent être conférées
cumulativement, aussi par tels colléteurs apostoliques qui se trouveront que
par l’ordinaire, savoir, le seigneur évêque et abbé. Toutefois avec cette
clause, que les trois Canonicats de la collation du Sieur évêque, en quelque
façon que se soit, qui venant à vaquer, ne pourront être conférés que aux
enfants originaire du lieu, par les collotimes, réservé aussi le juspatronat
laïcal pour les six derniers canonicats, comme est porté ci-dessus. Et le
juspatronat touchant le doyen et les cinq premiers chanoines ja (déjà)nommés et
le droit de les conférer , seront (cumulatif) selon la forme du Saint Concile
de Trente et des saints canons, en faveur des Seigneurs évêque et abbé et de
leurs successeurs, et toujours a érigé à perpétuité, la même église paroissiale
St Pierre en collégiale. Et le premier canonicat venant à vaquer des six de la
communauté, le donner aux juspatrons de la chapellanie Notre Dame de Cortines,
selon le concordat qui en a été passé, et les autres cinq aux consuls. Veut que
le Sieur évêque, abbé, consuls, habitants et particuliers dudit lieu, les
syndics, juspatrons, recteurs, doyen, chanoines et tous les autres qui pourront
y prétendre de l’intérêt et leurs successeurs auxquels, dés à présent, y
appartient ou pourra appartenir, ne puissent réclamer des articles passés et
concordat passé, et qu’à perpétuité soient obligés à l’observation de tout ce
que dessus a été fait, ni à jamais y puissent réclamer, sous quel prétexte que
ce soit, et autrement, comme mieux apert de ladite bulle.
Pour la dévotion de l’église
collégiale Saint Pierre et à l’honneur du chapitre, par acte reçu par Maître Lieutaud,
notaire, le 3 janvier 1656, Maître Jacques Denans, notaire, Anthoine Vidal et
Jean Sabatier, consuls de la communauté de S-F, suivant le pouvoir à eux donné
par délibération du 17 octobre 1655, ont donné à prix fait à Pierre Arnaud,
maître menuisier de la ville de Tollon, de faire le cœur ou banquerie de ladite
église, et encore le tabernacle du maître autel, aux conditions portées par
ledit acte, moyennant deux mil deux cent quatre vingt (2280) livres.
Serait (aurait) encore été
donné à prix fait, les orgues de la susdite église, par lesdits Maître Denans
et Anthoine Vidal, consuls, suivant le pouvoir à eux donné par délibération de
leur conseil du 23 janvier 1656, par acte reçu par ledit Maître Lieutaud, le 24
avril audit an, assistés de plusieurs particuliers, des plus apparents du lieu,
à Estienne Senault, organiste de la ville de Bourges, capitale du Berri,
moyennant le prix de 1 350 (mil trois cent cinquante) livres).
Maître Jacques Denans, mon
père, ayant résolu de fonder à la susdite église collégiale une octave des
morts, sur la proposition qu’il en fit, il en fut empêché. Toutefois, pour
parvenir à son pieux dessein, en l’année 1663, il aurait obtenu de faire
prêcher ladite octave par le Révérend père Ambroise de Tollon, prédicateur
capucin, envoyé par ses supérieurs aux fins de donner commencement et établir
une nouvelle dévotion à ladite église, sans y avoir put réussir aussi tôt qu’il
l’aurait voulu. Cependant, père étant toujours à son pieux dessein, par
permission expresse de Messire Guilheaumes Montaigne, prévôt en l’église
cathédrale de Tollon, vicaire général et officiat de Monseigneur l’évêque de
ladite ville, par acte reçu par moi le 11 mai 1670, ledit Maître Jacques Denans
et Damoiselle Honorade Denance, sa femme du second lit, ont fondé l’octave de
prédication pour les morts, dans la susdite église collégiale St Pierre, à
perpétuité et à chaque jour, durant l’octave des morts, portant que le
prédicateur sera tenu tous les jour de l’octave de célébrer ou faire célébrer
une messe de requiem dans ladite église, pour les plus proches parents décédés
desdits fondateurs et pour eux, après qu’ils seront décédés. Que le prédicateur
sera présenté à Monseigneur l’évêque toutes les années, par ledit Maître
Denans, sa vie durant, et après son décès par ses héritiers et successeurs ou
par tel d’iceulx que bon lui semblera en disposer, pour laquelle ils ont donné
et assigné la somme de trois cents livres (300), à raison de la moitié chacun.
Il a été encore fondé une
octave à la susdite église du très saint sacrement de l’autel par Messire
Jacques Daniel, chanoine et vicaire à icelle, par acte reçu par Maître Pierre
Denans, notaire, le 4 mars 1704, laquelle fondation il a dotée de quatre cents
(400) livres.
André Fabre, Esprit Portanier
et André Gueit, recteurs de la confrérie de St Joseph, par acte reçu par Maître
Vidal, notaire, le sixième décembre 1671, ont donné à prix fait à Toussaint
Castillon, maître doreur, de surdorer le retable de l’autel de leur confrérie,
moyennant le prix de quatre cent quatre vingt une (481) livres.
Rolland Martelli et prêtre
Estienne, margaillers (marguilliers) de la luminere de purgatoire, André
Audibert à feu François et Louis Audibert, prieurs de la confrérie de Corpus
Domini, le tout érigé dans l’église collégiale St Pierre avec l’avis et
consentement d’Anthoine Vidal, Michel Martinenq et François Porquier, consuls,
par acte reçu par Maître Vidal, notaire, ont donné à prix fait à Anthoine
Voch-Beaumon, orfèvre de la ville de Marseille, de faire la grande croix
d’argent de ladite église, savoir qu’elle sera de trois pans de hauteur et deux
pans de large, avec un christ de cuivre surdoré d’un coté, et de l’autre,
l’image de la sainte vierge d’argent et autres ornements, le tout du poids
d’environ vingt deux marcs, plus le manche d’argent commun du poids d’environ
cinq marcs, ayant reçu trois sainturies d’argent desdits recteurs de la
chapelle St Pierre, et des veuves de Ste Anne, un calice et patine profane de
la sacristie et quelques pièces d’argent d’une vieille croix, et ce moyennant
le prix de trente trois (33) livres chaque marc.
Outre la paroisse, il y a
encore audit S-F, et encore proche les murs, et au-dehors d’icelles des
chapelles. La plus ancienne desquelles est celle de Notre Dame de Cortines,
laquelle est si ancienne qu’il n’y a pas mémoire d’homme qui puisse savoir le
temps de sa fondation, ni s’il y a aucun titre. Au commencement du dernier
siècle n’était qu’une petite chapelle qui avait eut anciennement pour premier
titre Notre Dame de l’annonciade, auquel succéda, il y a plusieurs siècles
celui de Notre Dame de Cortines, à cause qu’elle est au plus haut du village.
La plus forte preuve de son ancienneté est la fondation qui fut faite par feue
Dame Cellete de Rotis, laquelle par acte du 10 avril 1391, reçu par Maître
Aycardi, notaire, a fondé à la susdite chapelle Notre Dame de Cortines, une
messe quotidienne à perpétuité, à célébrer tous les matins à l’aurore, laquelle
fondation a dotée de la somme de huit mil neuf cent cinquante deux (8 952)
livres et a donné le juspatronat à Jacques Denans, dit Bourre, et les siens, et
aux recteurs de la confrérie du purgatoire, érigé dans la susdite église
paroissiale St Pierre, à présent collégiale. A laquelle fondation y fut compris
la vingtième parties des fours banaux dudit lieu, et que, depuis lors, les
recteurs ont toujours joui, jusque au mois de janvier 1650, que Messire
Guilheaumes Denans, dernier recteur de ladite chapellanie en fit sa démission
et fit unir au chapitre, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, à l’article de la
fondation de la collégiale.
Cette église se trouvant trop
petite, elle fut fort augmentée et agrandie, et faite dans l’état qu’on la voit
à présent, environ l’année 1624, dont le prix en fut donné, par un écrit privé,
à Jullien Rollet, maître maçon de la ville de Tollon, sur les articles et devis
que ledit Rollet dressa. Et parce que, pendant l’ouvrage, fut trouvé à propos
de faire des augments à ladite église, iceulx furent fait par ledit Rollet.
Lesquels étant finis, pour en savoir le montant, serait (aurait) été accordé et
convenu pour experts, entre Sieur Pierre Martinenq et Barthelemy Vidal,
bourgeois, recteurs de la dite église Notre Dame de Cortines, et par ledit
Rollet, des personnes de Mathieu Jauffret et Raphaël Sauvaire, aussi maîtres
maçons dudit Tollon, aux fins de connaître et juger des différents entre les
parties, pour raison des susdit augments fait par ledit Roullet, soit en
élevant ladite église de onze pans de maçonnerie au dessus de son obligation,
de la pierre de taille aux lieux nécessaires ou celui pour soutenir les arcs
doubleaux, formarets, vitres, portes et autres, suivant le susdit dessin qui
fut remis par ledit Roullet auxdits recteurs, et conforme aux articles qui
furent écrits et signés de la main dudit Roullet, que encore de l’arc soutenant
le gril et treillis de fer, et autres augments qu’il avait fait. Lesquels
experts, par leur rapport du 4 juillet 1625, reçu par Maître Lieutaud, notaire,
auraient estimé tous les susdits augments à la somme de neuf cent cinquante une
(951) livres, lequel rapport fut acquitté et signé par les parties.
En l’année 1632, Urbain et
Anthoine Curet, recteurs de la susdite église Notre Dame de Cortines, par acte reçu
par Maître Denans, notaire, le 13 juillet audit an, donnèrent à prix fait à
Barthelemy Porquier de S-F, et Anthoine Mitivié, habitant, maître menuisier, et
à Henry Canuas, flamenq (flamand) de nation, escurteur (sculpteur), aussi
habitant, de faire le retable du maître autel de ladite chapelle, avec une
niche de chaque coté, et y faire en bosse, St Jacques et St Isidore, qui seront
dans lesdites niches, moyennant le prix de sept cent cinquante (750) livres.
Les recteurs ayant voulu
faire surdorer le susdit autel, le prix fait en fut donné par Anthoine Daniel,
marchand, un des recteurs de ladite église ou chapelle notre dame de Cortines,
à Jean Ponchoni, maître doreur de la ville de Marseille, par acte reçu par
Maître Lieutaud, notaire, du dernier juillet 1640, par lequel ledit Ponchoni
s’obligea de dorer le susdit autel ou retable, moyennant la somme de neuf cents
(900) livres. Laquelle somme a été entièrement payée par quittance reçue par
ledit Maître Lieutaud, du 24 juin 1650.
Il y a, proche les murs du
lieu et au-dehors d’icelles, la chapelle de St Roch, laquelle fut bâtie et
fondée en l’année 1521, ce qui est justifié par un acte de fondation, qui fut
fait par Messire Gilles Lombard, originaire dudit S-F, moine de l’abbaye St
Victor lez Marseille, reçu par Maître Anthoine Martinenq, notaire dudit lieu,
du 8 juillet audit an, par lequel est porté qu’il fonde une messe quotidienne
et perpétuelle à la chapelle qui devait être bâtie sous le titre de St Roch,
qui fut dotée de quatre cent trente cinq (435) florins provençaux de seize (16)
sols pièce.
Quelques habitants de S-F
ayant voulu entreprendre de faire une confrérie ou compagnie de pénitents
blancs, sous le titre de St Elme, pour y parvenir auraient élu pour premier
prieur, Germain Audibert, quoi que pour lors n’eussent pas encore rien bâti de
ladite chapelle. Et pour cet effet, par acte reçu par Maître Lombard, notaire,
le 24 février 1566, ledit Germain Audibert, avec patron Estienne Alphand,
confrère, tant à leur propres, que pour et au nom des autres confrères et
successeurs, auraient acquis d’Anthoine et Honoré Denans, frères, une partie ou
place de terre, proche les murs dudit S-F et au-dehors d’icelles, et au lieu
dit St Roch, pour y faire et édifier une église et cazette pour ladite
confrérie, contenant quatre cannes de largeur et de longueur. Tout ainsi que
porte ladite terre, de midi à tramontane, confrontant ladite place ou luigue,
de levant, vers le chemin tirant audit St Roch, de tramontane aussi, avec le
chemin, de ponant, terre restante aux vendeurs, de midi, le patec de St Roch,
pour le prix de quatre (4) florins provençaux, que lesdits Denans ont reçu.
Le retable de l’autel de
ladite chapelle, à cause de son ancienneté, se trouvant en mauvais état, Pierre
Vidal, Anthoine Guigou, Louis Audibert et Maître Esprit Aycard, recteurs et
banquiers de ladite chapelle St Elme, par acte reçu par Maître Vidal, notaire
du 14 janvier 1672, auraient donné à prix fait à Laurens Portanier, maître
menuisier, de faire ledit retable, moyennant la somme de cinq cent dix (510)
livres.
Le premier août 1676, Louis
et Honoré Aycards, recteurs de ladite chapelle St Elme, assisté de divers
autres, ont donné à prix fait, à Joseph Benoît, maître doreur de la ville de
Cuers, de surdorer le retable de l’autel de ladite chapelle, moyennant la somme
de quatre cent vingt (420) livres, comme apert de l’acte reçu par Maître Vidal,
notaire.
Du temps de la nouvelle
bâtisse de S-F, et au seizième siècle, à mesure qu’on continuait de bâtir les
maisons de la bourgade, fut fait la chapelle sous le titre de Sainte Croix, à
laquelle, quelque temps après, suivant la permission de Monseigneur l’évêque de
Tollon, céant (siégeant) à Rome, Urbain 8°, sous le règne de Louis XIII, Roi de
France, fut fondé à ladite chapelle, les frères pénitents gris, le 21 avril
1624, sur les septante deux (72) disciples de notre seigneur Jésus Crist, et le
même jour, fut élu pour prieur Messire Jacques Lombard, curé de la paroisse, et
sous-prieur, Pierre Martinenq. Lesquels furent mis en possession, avec tous les
autres frères pénitents, le même jour, par Messieurs du clergé, assistés des
frères pénitents blancs de la chapelle St Elme, venant tous en procession, de
l’église St Pierre dans ladite chapelle, accompagnés de Messieurs les consuls
et leur conseil et de beaucoup d’autre personnes.
Divers particuliers de S-F
étant résolus d’ériger la confraternité des frères pénitents bleus, sous le
titre de Ste Anne, Pierre Denans, maître maçon, tant à son propre, que de son
frère, autre Pierre Denans à feu Charles, et autres propriétaires, qu’ils
peuvent être à une place de maison au quartier de Cortines, dans l’enclos dudit
lieu, par acte du 22 juin 1639, reçu par Maître Lieutaud, notaire, firent vente
aux frères pénitents bleus de Ste Anne, qui devaient être érigés audit lieu,
sous la présence et stipulation de Messire Laurens Sellon et Anthoine Estienne,
prêtres. Confrontant, ladite place : de ponant, les murs du lieu, de
levant, hoirs Estienne Sellon et Honoré Aycard, de midi, la crotte de Curet,
pour le prix de neuf (9) livres.
D’autre part, par acte reçu
par le même notaire, le 9 novembre 1640, Messire Anthoine Estienne, prêtre et
recteur des susdits pénitents bleus, Ste Anne, a acheté de Nicolas Martinenq,
une maison à la rue de Cortines, joignant la chapelle Ste Anne,
confrontant : de ponant, les murs, de levant, maison de Patron Gabriel
Roux, de tramontane, la rue, au prix de soixante quinze livres.
Le 4 mars 1674, André
Audibert à feu François et André Denans à feu Mathieu, recteurs de la susdite
chapelle Ste Anne, suivant le pouvoir à eux donné par délibération de la banque
dudit jour, ont agrégé dans ladite chapelle, la confrérie qui a été tout
nouvellement établie par Jacques Martinenq, Anthoine Martinenq, Jacques
Sabatier, André Lombard, Esprit Carle, André Vidal, canonniers et pilotes, et
autres, sous la protection de Sainte Barbe.
Outre les églises et
chapelles qui sont dans l’enclos de S-F et proche les murs, dont mention est faite
ci-dessus, et encore de celles qui sont obvenues au terroir de la Seine par le
partage des communautés,( ce qui sera reporté à l’histoire dudit la Seine), il
y en a plusieurs au terroir dudit lieu S-F. La plus ancienne desquelles est
celle de Notre Dame de Pépiolle. L’origine et la fondation de laquelle, à cause
de son ancienneté, est inconnue, étant néanmoins certain qu’elle fut bâtie à la
forme de celles des templiers, et qu’il y avait beaucoup plus de bâtiments
qu’il ni en a pas présentement. Pour aucunement justifier son ancienneté, c’est
que en l’année 1268, par la première division des bénéfices de l’église
cathédrale de Tollon, il est fait mention que le prieuré de Pépiolle, terroir
de S-F, et celui de Notre Dame d’Entrevigne, terroir de Tollon, furent donné
pour prébende, à un des Sieurs chanoines de ladite église cathédrale. Par la
seconde division du même bénéfice, de 1306, et par la troisième de 1325, il est
encore fait mention dudit prieuré Notre Dame de Pépiolle. En suite, le 20
février 1450, Messire Jean Giraud, chanoine dudit Tollon, et prieur prébende
dudit prieuré de Pépiolle, donna en accap et emphytéose, deux terres dudit
prieuré à Anthoine Albin au terroir dudit S-F et quartier vulgairement dit
Pépiolle, par acte reçu par Maître Barthelemy Alphanty notaire de Tollon. Par
lequel acte, il reconnaît être sansine audit prieuré, moyennant un sétier de
blé. Le 24 octobre même année 1450, ledit Messire Jean Giraud, chanoine, donna
encore audit Albin, une terre audit quartier du camp de Pépiolle, confrontant
la rivière de la Repe, moyennant un denier de cense, et donna encore d’autres
biens, sous la réserve ou rétention de cense et droits de lods.
On a toujours cru, et j’ai
appris par tradition, depuis mes jeunes ans, suivant à ce que j’ai ouï dire à
diverses personnes anciennes, que les églises de St Jean d’Aix, de St Jean de
(Garguiers) au terroir de Genemes (Gémenos), et celle de St Jean de Crotte, au
terroir de S-F, toutes bâties dans leur commencement à la façon de celles des
templiers, furent édifiées et bâties dans un même temps, et sous un même Comte
de Provence ou commandeur. Or, cela étant, pour savoir la fondation et
ancienneté de l’église ou chapelle de St Jean de Crotte, j’ai eu recours de m’instruire
des titres de celle de St Jean d’Aix. Sur quoi j’ai trouvé que les historiens
de Provence prônant que cette église a été bâtie des derniers des Comtes de
Provence, rois d’Aragon, de Naples et de Cicilles, et que Monsieur Peton, dans
ses annales de la Ste église d’Aix, sous Pierre troisième, archevêque d’Aix,
dit que l’église St Jean fut commencée du vivant de Raymond Bérenger, Comte de
Provence, qui en pu être le fondateur à cause des grands revenus qu’il a laissé
à cette maison. Lequel Peton, dans son histoire de la ville d’Aix, en Bérenger
troisième, l’explique en ces termes : « la ville d’Aix est redevable
à ce prince, de ce magnifique édifice de l’église St Jean, puis qui (puisse
qu’il) laissa des moyens pour la faire bâtir ». Il est constant que ledit
Raymond Bérenger III régnait au douzième siècle, ce qui est justifié par le
grand cartable des archives du monastère St Victor, cité ci-devant à folio 19,
portant que l’année 1056, du temps que Raymond Bérenger III° du nom, surnommé
le jeune, était Comte de Provence et de Barcellone, il y eut un procès à sa
cour entre l’abbé de St Victor et Raymond Gauffredi, Vicomte de Marseille, qui
fut transigé. Et par ainsi, on peut dire, avec une grande probabilité, que la
chapelle St Jean de Crotte a été fondée au douzième siècle, ledit Raymond
Bérenger était beau-père du Roi Saint Louis, au moyen du mariage qui fut fait
avec Marguerite, fille dudit Raymond, avec ledit Roi Saint Louis.
Dame Hellène de Vallavoye,
veuve de Noble Barthelemy de Lombard, Sieur de Sainte Cécille, Noble Cipion et
Pierre de Lombard, ses enfants, ayant fait dessein de bâtir une chapelle à
l’île des Ambiers, sous le titre de Ste Cécille, ledit Sieur Pierre de Lombard,
tant à son nom propre, que comme procureur desdites Dame Hellène de Vallavoye,
sa mère, et Sieur Cipion de Lombard, son frère, a fondé le prieuré de la
susdite chapelle de Ste Cécille, par acte du dernier octobre 1601, reçu par
maître (en blanc), notaire, sous le juspatronat de Messire Jean Lieutaud,
prêtre, et des siens, par laquelle le recteur ou prieur de ladite chapellanie
fut chargé de faire le service dans l’église paroissiale de St Pierre dudit S-F
et à Ste Magdallene, jusqu’à ce que ladite chapelle de Ste Cécille fut
construite et édifiée. Suivant laquelle fondation, ledit Messire Jean Lieutaud,
prêtre, ayant été promu dudit prieuré, en vertu de la bulle qu’il obtient de
Monseigneur le vice-légat d’Avignon, du 27 novembre 1601, fit sa mise de
possession d’icelle dans la susdite église paroissiale St Pierre, et à l’autel
de Ste Magdallene d’où le service fut fait jusqu’au temps que la susdite
chapelle de Ste Cécille fut faite à ladite île des Embiers, ce qui fut fait
fort peu de temps après, apert de ladite émission de possession, par acte reçu
par Maître Lieutaud, notaire, le 5 janvier 1602.
En l’année 1625, un foudre ou
tonnerre ayant donné sur la hutte des gardiens de la montagne de Siciech,
proche la tour, et en ayant rompu et emporté une partie, abattu aussi une
partie de la bavière de plus de ladite tour, cela fut rapporté le dimanche
après aux confrères pénitents gris de la chapelle Ste Croix, lesquels auraient
délibéré entre eux, qu’étant fondés sur la Sainte Croix, d’aller en procession
sur ladite montagne pour y planter une croix. Cette délibération prise, d’aucun
d’eux offrirent d’aller dans la forêt de la communauté pour y couper le bois et
de faire ladite croix, d’autres offrirent de fournir tous les clous nécessaire
pour la clouer, et d’autres de la porter sur le lieu où devait être posée.
Cette délibération ayant été rapporté à Messire Jacques Lombard, curé de la
paroisse et premier fondateur de ladite chapelle, lequel étant tout rempli de
zèle et de dévotion pour le culte divin, non seulement s’y accorda, mais
encore, il promet de faire aller le clergé et la procession générale. Et le
dimanche d’après, ayant fait savoir au prosne (prêche) le pieux dessein desdits
pénitents gris, il convia tout le peuple de se disposer à suivre la procession
le jour qu’il leur assigna. Lequel venu, la procession étant allée avec les
Sieurs consuls et un grand nombre de personnes sur ladite montagne, on y planta
solennellement ladite croix, et après les heures chantés à semblables
occasions, ledit sieur curé, ayant entonné le Te Deum, la procession commença à
descendre en faisant le tour de la croix. Pour lors, un des pénitents gris
ayant étendu son mouchoir au pied d’icelle, pour recevoir les aumônes des
assistants, fut trouvé beaucoup de deniers et autres pièces de monnaie. Et tous
étant passé, ledit pénitent prend ledit mouchoir, avec tout l’argent qui avait
été donné en aumône, le porta à sa bastide et là, par curiosité, ayant compté ledit
argent, il y trouva trois livres, douze sols. Et le dimanche d’après, étant
allé à la susdite chapelle Ste Croix, fit savoir à tous les confrères qu’il
avait trouvé au pied de la croix, septante deux sols, leur faisant remarquer
que cela faisaient le même nombre des disciples de Jésus Crist, sur lequel ils
étaient fondés. Il dit ensuite que cet argent n’était pas de la chapelle, mais
bien de la croix qu’on avait posé sur la montagne, leur demandant de délibérer
sur ce qu’on en devait faire. Sur cette représentation, il y eut des frères qui
remontrèrent que la croix ne pouvait pas être de longue durée, à cause des
grandes nibles qui règnent trop souvent à la susdite montagne, et que puisse
qu’on avait l’argent pour acheter un muech de chaux, fallait l’employer a y
faire bâtir un oratoire. Ce qui fut d’abord délibéré. Et peu de temps après,
s’étant fait un four de chaux, en fut acheté un muech; et un des confrères eut
l’ordre d’aller dans le bois pour y chercher de l’eau au plus près du haut de
la montagne, et le plus commode qui se pourrait pour y baigner la chaux. Ce qui
fut exécuté, et ayant trouvé d’eau fort avant dans le bois, à un endroit que,
selon toutes les apparences, personne n’y avait jamais fréquenté, ouvrant un
cloaque pour baigner ladite chaux, fut bien surpris que, environ un pan dessous
terre, trouva une assez bonne partie de chaux sur laquelle baigna la nouvelle
chaux.
Le dimanche d’après, cette
aventure ayant été rapporté aux confrères de la susdite chapelle, iceulx, tous
portés de dévotion, après avoir dit chacun leur sentiment, que puisse qu’on
avait assez de chaux, fallait demander à Monseigneur l’évêque de Tollon, la
permission de bâtir une chapelle, pour petite qu’elle fut, pourvu que le Sieur
prêtre y peut dire la messe, et s’il n’y avait pas assez de chaux, on
treillisserait la façade avec du bois.
Cette célébration rapporté à
Monseigneur le curé, toujours plus porté de zèle pour la dévotion, il accorda
d’aller voir Monseigneur l’évêque de Tollon, pour lui faire savoir toute cette
aventure, et lui demander la permission, au nom de tous les pénitents gris, de
faire bâtir la susdite chapelle. Ce qu’ayant obtenu, et suivant cette
permission, lesdits pénitents firent bâtir, pour un commencement, ce qui
compose présentement le presbytère de ladite chapelle. Et encore, il n’était
pas si élevé comme il est à présent, l’ayant, lesdits pénitents, fait élever.
Cette petite chapelle ne
resta pas longtemps sans y avoir une grande dévotion, en sorte que l’année
1633, on fit bâtir la grande chapelle, sous le titre qui avait été déjà donné à
la petite chapelle, de Notre Dame de bonne garde. Fut aussi bâti l’ermitage et
la citerne, et tout ce qui fut trouvé nécessaire, et y fut établit, pour
premier ermite, frère Pierre Chaix, qu’on nommait frère Pieron, où il est
décédé et enseveli dans ladite chapelle, ayant cependant lesdits frères
pénitents gris, continuer d’y établir des ermites. On peut dire que ladite
chapelle a été bâtie par un espèce de miracle, si on considère la chaux qui fut
trouvée dans le bois, et que personne n’a’ jamais pu s’imaginer par qui ou pour
quel sujet, on avait pu abreuver de chaux dans ledit bois.
Par acte passé par-devant
Monseigneur Jacques Danis, évêque de Tollon, reçu par Maître Deydier, notaire
de ladite ville, le 30 juillet 1646, patron Charles Guigou à feu Pierre, dit de
Rainier, dudit S-F, en conséquence de la permission, à lui donnée, par mondit
Seigneur l’évêque, de faire et édifier une chapelle au terroir dudit S-F et
quartier de Rainier, par son ordonnance rendue sur requête, signifiée à
Monsieur le grand vicaire de Monseigneur l’abbé St Victor, prieur de S-F, et
aux consuls et communauté dudit lieu, le 24 dudit mois, a fondé, établi et
institué, à la dite chapelle sous le titre de Notre Dame de santé, un service
d’une messe à chaque jour de dimanche et fêtes de commandement, qui sera
célébrée, après le prosne par tel prêtre que mondit Seigneur l’évêque ou son
grand vicaire approuvera. Lequel sera chargé par ledit fondateur, sa vie durant,
et après lui ; par un seul mâle aîné et plus proche de son sang, ou des
filles à défaut des mâles, et de sa succession à perpétuité. A la charge que
ledit prêtre sera tenu de faire la doctrine coutume à ladite chapelle tous les
jours des dimanches, à une heure après midi, et que ledit prêtre pourra être
changé quand bon semblera audit fondateur et à ses successeurs. Pour le doct
(dot) de laquelle fondation de messe, ledit patron Guigou a promis de payer une
pension annuelle et perpétuelle de
A la suite, étant venue à la
notice des consuls que le corps du clergé de l’église paroissiale se préparait
pour aller ensevelir Catherine Vidale, femme de Charles Guigou, dans la susdite
chapelle Notre Dame de santé, Sieur Esprit Cottolenq, consul, et Maître Jacques
Denans, bourgeois, syndic dudit lieu, auraient fait acte de remontrance à
Messire Jacques Lombard, curé de ladite paroisse, portant qu’étant venu à leur
notice que le clergé devait aller faire le susdit enterrement à la susdite
chapelle, ce qui ne pouvait être fait que dans l’église paroissiale, l’auraient
requis de ne permettre, ni souffrir telle nouveauté. Lequel, par sa réponse,
dit qu’il avait reçu une lettre de Monsieur le grand vicaire de Monseigneur de
Tollon, le priant de permettre ledit ensevelissement. Toutefois entendu cette
sommation, se gardera de mal prendre et conservera les droits de la paroisse et
de Monseigneur le cardinal de Lion, prieur d’icelle, apert de l’acte reçu par
Maître Denans, le (en blanc)
A raison de laquelle
fondation, ledit Charles Guigou, ayant été obligé de fournir les frais du
procès qui lui fut intenté pour empêcher cette fondation, sur le compte qu’il
en avait tenu, serait (aurait) été passé acte de convention entre lui, d’une
part, Pierre Jougla et Pierre Vidal, margaillers de la susdite chapelle,
d’autre, reçu par Maître Denans, notaire, le 17 janvier 1656. Par lequel serait
été accordé et convenu que les margaillers seront tenus, en tant que les
aumônes de la chapelle suffiront, après avoir rendu leur compte, de rendre et
payer audit Guigou tous les frais et dépants par lui esbourcer (débourser) pour
tous les frais extraordinaire au sujet de la susdite fondation, se montant mil
quatre cent soixante sept (1467) livres, et de la valeur et garantie des
obligations qu’il a passé, en sorte qu’il ne soit jamais recherché, à la
réserve de six cents (600) livres que ledit Guigou a donné gratuitement.
Le 6 mai 1674, ledit Honoré
Aycard à feu Louis dit d’augeau de S-F, par son testament, reçu par Maître
Vidal, notaire, a déclaré que, en cas que les particuliers du quartier des
Playes soient dans l’intention de faire une chapelle audit quartier, lègue pour
ladite chapelle, un petit jardin clos de murailles situé au quartier de
Sabatier. Etant décédé dans cette volonté, les particuliers dudit quartier des
Playes firent bâtir et édifier sur ledit jardin, la chapelles aux bastides de
Sabatier, sous le titre de Notre Dame d’abondance, à la susdite année 1674.
La dernière chapelle bâtie au
terroir de S-F a été fondé par Sieur Laurens Jues, dit St Martin, enseigne du
port de Tollon, laquelle fut bâtie, dans son commencement le 7 novembre 1678, sous
le titre de St Martin, au devant des bastides de Taragnie, quartier de la
naissance dudit Jues.
De toute ancienneté, on avait
fait la confrérie du Saint Esprit à S-F, et pour cet effet, tous les ans, on
faisait élection de trois prieurs, des plus apparents du lieu, et trois
prieuresses. Lesquels avaient soin de faire la quête du blé aux récoltes, et la
semaine avant les fêtes de Pentecôte, lesdits prieurs et prieuresses entraient
dans la maison du Saint Esprit, avec tous les gens de service, le mardi, pour
préparer tout ce qui était nécessaire, faisaient pétrir une très grande
quantité de pain, du blé qu’ils avaient eu en aumône, faisant ordinairement
tuer deux bœufs, et achetaient beaucoup de vin. Outre le pain qu’ils faisaient
manger à la table, ils faisaient pétrir une très grande quantité de petits
pains, d’environ quatre à la livre, au nombre de plus de quatre mil (4 000). Et
pendant les fêtes, on donnait à toutes les familles, un desdits pains pour
(par) tête, en sorte qu’une famille qui était composée de dix personnes on lui
donnait dix pains. Et le jeudi, outre les prieurs et prieuresses, on faisait
entrer à ladite maison, pour assister, les trois prieurs et prieuresses de l’année
dernière. Cependant, on faisait l’aumône à tous les pauvres du lieu
pendant le mercredi, jeudi et vendredi, d’une écuelle de fèves et du
pain, et le samedi, l’aumône était continuée d’une écuelle de jaisse
(gesse-petit pois)et du pain. Auquel jour, samedi, sur les cinq heures après
midi, Messieurs du clergé allaient à la dite maison inhabitée, avec la croix,
suivis de beaucoup de personnes, et là, faisaient la bénédiction du pain, du
vin et de la viande. Et le lendemain, jour de Pentecôte, se faisait la débite
du bœuf bouilli et du riz très bien assaisonné, à tous qui en voulaient
acheter. Ce qui était continu pendant les trois fêtes, de manière qu’un très
grand nombre de personnes, singulièrement ceux des bastides, ne se mettaient
pas en peine de rien apprêter à leur maison. Et une bonne partie d’hommes
allaient prendre leur repas à la confrérie, et ce qui donnait un grand profit,
était le capitaine, avec tous ses officiers et la jeunesse de sa suite,
lesquels, la seconde fête, prenaient leur repas à ladite confrérie, tant au
dîné que au soupé. Dans le temps de la quête du blé, beaucoup de particuliers
donnaient un panal de blé, moyennant quoi, le jour de Pentecôte, les recteurs
leur mandaient, à l’heure du dîné, un pâté de bœuf, un plat de riz et quelques
tranches de bœuf bouilli. Et ce qu’il y avait de particulier, c’est que tout le
profit qui se faisait, était employé à l’augment (augmentation agrandissement)
de la confrérie, et si se perdait, ce qui n’arrivait presque jamais, les
prieurs se cotisaient et le payaient. Cette confrérie était munie, dans le
temps que j’était prieur, environ l’année 1662, de quatre cent quatre (404)
plats étain tant fin, de couverts, presque autant d’assiettes, d’un grand
nombre de linge de table, de tablier d’homme et de femme, au-dessus du
nécessaire, trois grands chaudrons bâtis, quantité de chaudrons grossiers, et
petites (grets), broches, landiers, divers grands pots étain à tenir vin,
cruches, bassines et généralement tout ce qui était nécessaire, ce qui servait
d’une grande utilité aux habitants. Car dans le temps qu’on faisait quelque
repas ou festin aux noces des mariages, lorsqu’on jetait à la mer des vaisseaux
ou barques, ou à d’autres semblables occasions, on allait prendre à la
confrérie tout ce qui était nécessaire pour le service du repas, fort du linge,
dont il ne s’en donnait point. Et en retournant ce qu’on avait consigné, chacun
donnait à la confrérie, suivant leur dévotion. Pour l’ancienneté de ladite
confrérie, on ne peut rien dire de certain, tout ce que j’ai pu justifier,
c’est que, par acte reçu par Maître Lieutaud, notaire, du mois d’avril 1589,
Maximin Vicard et Guilhem Audibert dit Barras, recteurs de ladite confrérie,
achetèrent de Sauveur Hermite, cordonnier d’Ollioulles, deux bœufs, à raison de
vingt florins le quintal, à la réserve faite par ledit Hermite, des peaux et
graisse desdits bœufs. Cette confrérie a été discontinue par ordonnance en
visite de monseigneur de Challusset, évêque de Tollon, de mil cinq cent (en
blanc), après laquelle tout l’ustensile et meubles ont été vendu par la
communauté qui a le fond, mais pour employer encore puis. Lors que j’ai
rapporté ci-devant, diverses sauvegardes accordées par les Seigneurs
gouverneurs et commandeurs en Provence, et singulièrement deux, données par
Monseigneur le duc de Guize, la première du second février 1596, et la seconde
du neuf avril audit an, ci-devant enregistrées à folio 123, je n’avais pas
encore eut notice d’une troisième sauvegarde dudit Seigneur duc de Guize. Et
l’ayant recouvrée dans son original, pour justifier toujours mieux que son
altesse reconnaissait la grande fidélité que les habitants avaient au service
du Roi, j’ai crut de l’enregistrer tout au long, étant de la teneur
suivante :
Le duc de Guize, prince de
Joinville, pair de France, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en
Provence, amiral des mers de levant.
Désirant bien et
favorablement traiter les consuls, manants et habitants du lieu de S-F, et
conserver de tout notre pouvoir ce qui leur appartient, nous avons, ledit lieu,
avec son terroir et port, ce qui en dépends, pris et mis, prenons et mettons,
en la protection et sauvegarde du Roi et la notre spéciale, par ces présentes,
avec inhibitions et défenses très expresse à tous capitaines, chefs,
conducteurs de gens de guerre, tant par mer que par terre, d’y loger ou
souffrir d’y être logé, pris , enlevé ou fourragé aucun grains, vins, huile,
fourrage ni autre chose quelconque, si ce n’est de leur grès et consentement,
ni de leur méfaire ou médire en façon ou manière que ce soit en leurs
personnes, sur peine aux contrevenants de punition exemplaire. En témoin de
quoi, nous avons lesdites présentes, signé de notre main, et à icelles fait mettre
le cachet de nos armes, à Marseille, le 25 septembre 1618, signé par ledit
seigneur, et plus bas, (lourdaloiée) et scellée des armes de son altesse.
Il est rapporté ci-devant à
folio 19, que les habitants de S-F, ne pouvant pas être tous contenus, ni vivre
dans le lieu, qu’avec une très grande souffrance et incommodité, par faute
d’eau et du bois qui leur fallait allait quérir à la plaine, se divisèrent en
plusieurs colonies qui dressèrent et bâtirent divers hameaux qu’on appelle
bastides. En quoi, ce qu’il y a de particulier, c’est que les familles qui
étaient du même nom, ne se mêlaient pas avec les autres, en sorte que chacune
des familles qui portait le même nom firent un ou plusieurs hameaux, séparés
les uns des autres. Desquels hameaux j’en ferait ici le catalogue ou
dénombrement, sans y comprendre ceux où il n’y a que deux ou trois bastides, ni
encore les hameaux qui sont obvenus en partage au terroir de la Seine, que je
rapporterai à l’histoire dudit lieu. Lesquels hameaux ou bastides, qui sont du
coté de midi du grand vallat qui vient du quartier du Pontillau, tirant à
ponant jusqu’au Saunilh, où il est dégorgé dans la mer, sont celles qui
s’ensuit(s’ensuivent) avec le nom des familles qui les ont fondées.
Bastide de Jaumard de la
famille des Martinenqs.
Tallian, famille des Guigous
Bouscou, famille des Curets,
Barras, famille d’Audiberts
Loup, famille des Curets
Curet, plus haut, sa famille.
Agassen, la famille
d’Audiberts.
Curet, plus bas, sa famille.
Rainier, plus haut, familles
des Vidals.
Sardeigne, où il y a trois
hameaux, famille des Jouglas
Core, famille d’Antelme.
Fabre, sa famille.
Rainier, plus bas, famille
des Vidals.
Vidal, sa famille.
Ferrin, famille des
Martinenqs.
Isnard, sa famille.
Allègre, famille des
Martinenqs.
Guérin, famille des Daniels.
Les bastides de septentrion
dudit vallat, non compris
celles des Playes sont :
Isoard, famille d’Aycards.
Pichon, famille d’Aycards.
Ausseus ou Bachon, famille
des Guigous.
Catellan, famille de Denans.
Taragié, famille d’Audiberts.
Denans, dit Bartranet,
famille des Denans.
Cachou, famille de
Martinenqs.
Mounet, famille d’Audiberts.
Crestien de ponant, sa
famille.
Crestien de levant, sa
famille.
Baille, famille des
Martinenqs.
Audibert, sa famille.
Barban, famille des Denans.
Patin, famille de Lombards..
Pascal, sa famille.
Lombard, sa famille.
Porquier, sa famille.
Denans, sa famille.
Jullien, sa famille.
Cautellier, sa famille.
Garnaud, famille de
Beaussiers
Les bastides du quartier des Playes
sont :