L’ANCIEN VILLAGE DE SIX-FOURS EN 1708
 
Cette description a été réalisée à partir du manuscrit de 1708 de M° Jean Denans sur Six-Fours.
 
La Première enceinte (la plus ancienne) :
 
« Au plus haut du lieu, il y avait un château, qui n’était dominé d’aucun endroit. Les murailles…(étaient) d’une grande épaisseur, toutes bâties sur le rocher et terrassées par dedans. » A l’est, sa porte était défendue par une tour ronde, une  montée, protégé par une muraille, permettait d’y accéder.
Au nord, au pied du château, se trouvait la chapelle féodale, Notre Dame de Courtine. Dans les remparts ouest, une ancienne porte, murée au moyen âge, permettait d’accéder au château. Dans ce même endroit se trouvait une fontaine, la crotte de Curet (fontaine voûtée) et les deux plus vieux fours du village.
 
Plus bas encore, blotties à l’intérieur des remparts, on trouvait les maisons, accolées les unes aux autres, le long des ruelles tortueuses, l’hôtel de ville avec sa citerne, l’auditoire de justice, la halle et deux autres fours, ceux de l’Esperon et de l’horloge.
 
L’ensemble était «  clos de très bonnes murailles, d’une épaisseur fort grande, et fort élevées, toutes bâties sur le rocher et terrassées en dedans…Il y avait aux murailles du village, trois portes ».
Les portes de la première enceinte se nommaient :
La porte de l’horloge, car on avait surmonté au XVI° siècle, sa tour d’un campanile avec sa cloche, c’était le Grand Portal du moyen âge, qui s’ouvrait au milieu de la place du jeu de ballon.
La porte de l’auditoire ou du greffe, qui s’appelait anciennement le Petit Portal, s’ouvrait dans la rue du Mollin (Moulin).
La porte du château ayant été bouchée, elle fut remplacée par un trou dans les remparts , appelé le trou de l’Esperon. On y accédait par une montée, protégé par une muraille, au sud de la place du ballon.
 
 
La Deuxième enceinte :
 
La deuxième partie du village qui « a été faite longtemps après la première », au début du XVI° siècle, a été bâtie en contrebas de la première enceinte, au bord de la grande place du jeu de ballon, et à l’est de la route du moulin.
Les maisons avaient deux à trois niveaux sur la place et sur l’arrière descendaient de 5 à 6 mètres sur la rue de la Bourgade. Accolées les unes aux autres, elles formaient un mur de presque 10 mètres de haut. Elles formaient la deuxième enceinte.
« Cet agrandissement ou nouvelle bâtisse a été close et fermée en partie par des murailles et l’autre partie, les maisons servent de muraille…on laissa trois portes qui sont : celle de St Roc, Celle du Mollin et celle qui va à Tollon (Toulon) appelée la porte de Noradon ».
 
 
La troisième enceinte : La Bourgade :
 
Plus bas encore, les maisons de la bourgade, construites en dernier (XVII°), enserrant les chapelles jadis isolée de St Pierre (XI°) et de Ste Croix (XVI°).
A l’ouest de la collégiale St Pierre et de sa citerne, avaient été construits la boucherie communale et l’hôpital, qui touchaient presque le cimetière.
Cette troisième enceinte était fermée de trois portes : celles de la Bourgade, de Ste Croix, d’Ollioules.
Hors les murs, les chapelles de Ste Barbe, St Roc et de St Elme (XVI°).
« En sorte que, qui voudrait se rendre maître de l’ancien village du coté de la Bourgade, devrait forcer et prendre quatre portes et trois retranchements, formés par quatre murailles, qu’on appelle barbacanes » (ouvrages avancés assurant la défense d’une porte).
De fait, le village de Six-Fours avait eut, de tout temps, la réputation d’être imprenable. Il ne fut jamais attaqué.
 
Au XIX° siècle, il fut décidé de construire un fort sur l’emplacement de la première enceinte, le château et la partie la plus ancienne du village étant ruinés et inhabités. En 1875, ils furent détruits, la colline fut arasée de 10 mètres. Dans un premier temps, les maisons de la bourgade ne furent pas touchées. Sur les photos de cette époque, on voit le fort derrière les maisons de la seconde enceinte. Mais peu après, à la demande de la marine, la totalité des maisons fut rasée. La guerre de 39-45 achevant de détruire les dernière ruines encore debout, ainsi que la Porte d’Ollioules, la dernière qui demeurait encore, dont il reste quelques photos. Seule fut épargnée la collégiale St Pierre.